CHAPÎTRE NEUVIEME
les Cavaliers Kfétéé furenl contraints de quitter la métropole, et de donner caution de leur condoite paisible. Ces mesures parurent autoriser Willis h présenter la tentatire comme dése^[»^ée , et, )i sa persuasion, « le knoi r> défendit , par des lettres cfrea« kffes [29], le soulèvement deux jours avant Fépoquc marquée. Les royalistes furent jetés dans une confusion irrémédiable. Beaucoup restèrent li anquilles ; beaucoup s'assemblèrent en aimes, et se dispersèrent h cause de rabseiice de leurs adhérents; dans quelques comtés, les chefs furent arrêtés en allant ' au lieu du rendez-vous ; dans d'autres, dès qu'ils furent réuniS| ils furent entourés ou attaqués par des forces supérieures. Dans le Cheshire seul, Tétendard royal fut déployé avec suooès par sir George Mooth, homme dHme grande influence dans le comté, et récemment converti à la cause des Stuarts. Dans k-lettre qu^ fit répandre [3 août], il eut soin de ne pas parler du roi ; mais il appelait le peuple à défendre ses droits contre la tyrannie d'une insolente soldatesque et d'un prétendu parlement. « Que la na- )) tion choisisse librement ses représentants el que ces représen- » tant s siép^ent aussi librement, sans être intimides ou violeiués » par la soldatesque.» C'était tout ce qu'il voulait ; quelle que fût la détermination d'une telle assemblée, ses amis et lui s'y soumettraient avec joie^ C'était par le iait un soulèvement en faveur du parti presbytérien, et les mesures étaient en grande partie dirigées par un comité de ministre, qui rejetèrent dédaigneusement Tassistance des catholiques, et reçurent avec méfiance sir Thomas Middleton, quoique de leur oroyance, parce qu'il s'avouait ouvertement royaliste.
A Chester, la garnison parlementaire se retira dans le château, elles insurjzes prirent possession de la ville. CJiaque jour ajoutait ^ leur force, et leur '^uccès apparent les portait h augurer égalelemcnt bien des tentatives que devaient faire leurs confédérés dans tout le royaume. Mais la fâcheuse vérité ne pouvait rester longtemps cachée, et, lorsqu'ils apprirent qu'ils étaient seuls, que tous les autres soulèvements avaient été prévenus ou réprimés k Tinstant, et que Lambert avait couru contre eui avec qua* tre régiments de cavalerie et trois dHnHanterie, leur confiance fit place au désespoir ; tous les gentlemen qui avaient risqué leur vie dans cette entreprise réclamaient le droit de donner leur avis; et par crainte, par inexpcrionce ou faute de bons ronseiguemonts,
i. Parl.Hist, xziu, 107.
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460 HISTOIKE D'ANGLETEHKE.
leurs conseils deviorent ilollaols et conlradictoiras. Après beaucoup d'hésitation, ilsiéM^orent [16 août] de marcher sur NanW wkh et de défendre le passage de la Weerer ; mais Tennemi, qoi ayait envoyé en avant one partie de rinfonterie k cheyal, avait âdt nne marche si. rapide, que Fàvant-garde était d^k arrivée aux environs ; et tandis que les royalistes étaient dans la ville sans soupçon du danger, Lambert força le passage de la rivière k Winnington fl8]. Ils défilèront h la hâte de Nanlwich dans les champs les plus proches [19] ; mais Ui ils s'aperçurent que la plupart de leurs munitions étaient encore a Chester, et avertis que leur position était désavantageuse, ils s'empressèrent d'occuper une âninenoe voisine. Le colonel Morgan essaya, avec sa compagnie de cavalene, de tenir Tennemi en éeher; il périt avec trente hommes^ et le reste des insurgés, à rapproche de leurs adversaires, toumèrait le dos et prirent la fuite. Il y en eut 4rois cènts de laits prisonniers dans la poursuite, et peu de chefs eurent le bonheur d'y échapper. Le comte de Derby, qui avait levé des hommes dans le Lancashire pour se joindre aux royalistes, fut pris déf^iiisé en dumeslique [21]. llootli, habillé en femme et monté sur une selle de femme, prit la route directe de Londres, mais se trahit à Ne>vton-Pagnell, par sa maladresse a descendre de cheval. Middleton, qui avait quatre-vingts ans, s'enfuit a Cbirk-Castle ; et après une défense de quelques jours, capitula [2ù] k condition d^avoir deux mois pour faire sa paix avec le parlement ^
La nouvelle de ce désastre parvint au duc dTork k Boulogne, heureusement le soir même oh il allait s^embarquw avec ses
troupes. Charles la reçut h la Rochelle, oh il avait été forcé de se
rendre pour chercher un bâtiment qui le transport At en Galles. Abandonnant ce projet qui n'avait plus de chance, il se remit aussitôt en route pour le congrès de Fontarabie, dans la trompeuse attente qu'à la conclusion de la paix entre les deux couronnes, il obtiendrait peut-être un secours d'argent, et peut-être une assistance {dus importante encore, à la suite d'une entrevue personnelle avec les ministres, le cardinal Mazarinet don Louis de Haro \ Biontague, qui A^avait embrassé quedepuispeule parti du
1 Cittr. BiH. III, 67»4nra. C|ar. Pap. m, 673, 6T4. Ludlow, ii, Wbit. f>83. Lettres de Carte, 194, 909. Lettre de Lambert, hnprimée pour Thomas
Neucomhe, lôoO.
2. Tous deux promirent de l'aider secrètemi nt , mais non de manière h offenger le parti dominant en Angleterre. Clar. Fiq>. m, G43.
aiAPlTHE NEUVIEME. iGl
roi, fut entraîné par son zèle dans le péril le plus imminent. Dès qn*il apprit riarairection, il ramena sa flotte du Sund en dépit ÔB ses collègoes les commissaires, dans IHntention de bloquer remboodiure de la Tamise et de faciliter le transport des troupes. A son arrivée, il apprit la ruine de ses espérances ; mats il affronta hardimentle danger, parut devant lo conseil et allégua le manque de vivres couitin' ( ause de son retour. On Técouta avec meliauce; mais on jugea prudoul de dissimuler, et il reçut la penuissioa de se retirer
Pour récompenser Lambert de cette victoire complète, quoique obtenue presque sans effusion de sang, le parlement lui vota - [22 août] une somme de mille livres, qu'il distribua immédiate* ment à ses officiers. Mats tout en récompensant ses services, les députés n^en étaient pas moins inquiets de son ambition. Ils se rappelaient comlnen U avait contribué à élever Cromwell au pro* tectmt ; ils connaissaient son influence sur Parmée , et ils craignaient son empire sur l'esprit timide et flottant de Fleetwood, qu'il paraissait gouverner de la môme manière que Cruniwell avait gouverné l'airfax. On avait espéré que son absence, lors de la dernière expédition, donnerait le temps de gagner les officiers restés dans la capitale; mais la rapidité inattendue de son succès avait déjoué leur politique; et, peu de temps après, Tintrigue, qui avait été interrompue par l'insurrection, fut reprise. Tandis que Lambert revenait à la bâte dans la capitale, son armée le suivait à petites marches ; et h Derby, les oûlciers signèrent [14 septemlwe] une pétition qui leur avait été envoyée clandestinement de Wallingford-hottse. Ils s'y plaignaient de ce qu'on n'accordait pas des récompenses suffisantes h ceux qui avaient bien mérité; et ils demandaient que Ton donnât Toflice de commandant en chef a Fleetwood sans en limiter la durée, et le rang de major général a leur chef victorieux ; qu'aucun officier ne lût prive de sa conmiis&ion sans un jugement de cour martiale, et que le gouvernement £ût constitué dans une chambre de représentants et un sénat permanent. Uazlerig, républicain de principes «évères et d'un caractère emporté, morose .et intraitable, eut connaissance de cet écrit [sà sept.] , le dénonça comme lue tentative pour renverser le parlement, et proposa d'envoyer k la Tour Lambert, qui en était l'auteur; mais sa violence hiX réprimée par la
1 . Jo u ru . IG s«p. Clar, Jt^ap, uif Lettrat de Cwte, it, SIO, 9B6. Ifém. de
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46? HISTOIRE IVAiNGLETERRE.
déclaration de Fieeiwood, que Lambert n'en sayaii pas Torigine ; et la chamlire sa contenta d^ordonnar que tons les exemplaires ée la pétition incriminée lui seraient remis, et de décider [âd] « qu'il était inutile , dispendieux et dangerenz d'augnmiter le nombre des officiers généraux^. » Dès lors une rupture était inéfîtable. La chambre, pour plaire aux soldats, leur avait avancé leur solde juin iiiilière ; et, dans lo but d'acquitter les arrérages, avait élevé la taxe mensuelle de :U>,()(M) h 100,000 1. ^ [5 oct.]. Mais les corps militaires n'étaient pas gens h se laisser distraire de leur dessein. 11 se tenait jour et nuit des assemblées à WaliiDgford4iouse ; et une autre pétition, revêtue de deux cent trente signatures , tat présentée par Desborough, accompagné de tous les officiers d^étai-inaior qui se trouvaient dans la métropole. Sm la plupart des points, elle était semblable è la précédente ; mm elle contenait la demande que quiconque k Pavenir «accuserait sans fondement et sans cause leurs serviteurs devant la chambre, créant par lii des sou^h ons et jetant sur eux des imputations diffamatoires, s(M'ait soumis h un interrogatoire, traduit en justice, et puni suivant ses mérites. » C'était un avertissement sultisant & Uazlerig et à son parti de pourvoir )i leur sûreté. Trois régiinentSy parTentremise de leurs officiers, avaient déjà offi^t leurs services pour la défense de la chambre; Monk, d'Eoosse» et Ludlow, d'Irlande, écrivirent que leurs armées respectives étaîmt "animées des mêmes sentiments; et on rendit et fit publier un vote qui déclarait [11 oct.] tiahi.-on le fait de lever de l'argent sur le peuple sans le consentement préalable* du parlement : mesure qui, comme toutes les taxes actuelles devaient expir(>r le premier jour de Tannée suivante, mettait les troupes h la merci du parti pour leur subsistance future. Ainsi appuyé, Hazlerig se crut de force à lutter contre ses adversaires : le lendemain matin [12], il jeta hardiment le gant. Par un premier vote, Lambert, Desborougli, six colonels et nn major, furent destitués pour avoir signé une copie de la pétition envoyée au colonel Okey ; et par un second, Fleetwood fut privé de sa charge do commandant en chef, et fait président d'un bureau do sept membres établi pour gouverner l'armée. Sachant toutefois qu'il devait s'attendre h de la rosislance, le chef républicain appela ses amis autoiu- de lui pendant la nuit; et au point du jour [13], on découvrit que King-street et
1. Jowm. 9a«o&liSa,9aie|it. l4idIow,ii,SAS»S97,S88,M4. s. Joum. 31 mai; 18 août; !•» sept.
CSAmRE NEUVIEME. m
la cour du palais élaient occupées par deux rôgimonts dUnfantci ic et quatre compagnies de caTakhe , qui protestaient iiautemeat ftt'ito Youli^iit vivre et mourir ofeo le parlement ^
Lambert raMembla environ trois railia iMNnnies. Bon prenier soin fat d^empêcher les membres de se rendre à la ehambre, et la milioe de sortir de la Cité. Puis il marcha sur Westminster. Ayant rencontré le président, qui était accompagné de sa garde, il ordonna a rofficicr do service de niettro piod h terre, donna lo commandenienl au major Crecd, un de ceux qui avaient été privés de leur commission par le vote précédent, et le chargea a\ec mépris de conduire le « lord général » à W hitehall , d'où il lui fut permis de retourner chez lui. A Westminster, les deux partis se trouvèrent en présence ; mais Tardeur des soldats ne répondit pas à celle des chefs ; et ayant si souvent combattu dans les m^ mes rangs, ils ne se montrèrent nullement disposés ^ tremper leurs mains dans le sang les uns des autres. Sur ces entrelaites, le conseil d'état s'assembla : d'un côté Lambert et Desborough, do Tautro Ha/leripr et Morley, s'avancèrent pour soutenir leurs pn'lriiiions. On perdit beaui oup de temps en plaintes et en récriminations, beaucoup en lentalivcs inutiles pour réconcilier les partis ; mais la cause des militaires continuait à faire des prosélytes ; les avocats du « croupion i» sentant que la résistance était superflue, consentirent à oéder ; et il fut st^ulé que la chambre oesserait de siéger, que le conseil des officiers pourvoirait à la tranquillité publique, préparerait une nouvelle forme de gouvernement , et la soumettrait h TapprobaUon d^on nouveau parlement. L'ordre donné aux troupes de se retirer dans leurs quartiers respectifs fut exécuté sans difticulté : les soldats fraternisèrent, et se promirent réciproquement de ne plus tirer i épee les uns contre les autres 2.
Ainsi, une seconde fois , l'autorité suprême se trouva dévolue à rassemblée de W allingiord-^house. Ses membres réalisèrent aussitôt leur plan favori pour le gouvernement de Tannée. L'oC* fioe de commandant en dieC, dans toute sa plénitude de pouvoîri tai conféré k Fleetwood; le rang de major générid des forces de
1. Jour». SS sept i 5, 10, 11, 1-2 oct. Ludlow, II. -À-J'.i, Lfiires de Carte, n, 946. Thurloe, vn, 755. Déclaration dn conseil général des officiers, 9-lS. Vrade relation des actes du parlrn ont, du conf^eil é'etat, «tc., publiée pMr orive qié* Cial» ItiîjO ; imprimée par John Uedu ayne.
2. Whitol. im. Journ. 13 oct. Clar. Puj). m, 581, 5!>0. Ludlow, ii, 217-351. I<a version de Ludlow dififère considérablement de celle de Whitelock; Mais le premier était en Irlande, le second présent an oonsett.
m HISTOIRE D'ANGLETERRE.
la Grande-Bretagne fut donné a Lambert : oi les oflicic rs qui refusèrent de souscrire un nouvel engagemeut furent destitués. En même temps, ils annulèrent de leur autorité suprême tous les aetes du parlement des 10, 11 et 12 octobre, justifièrent leur propre conduite dans une publication intitulée : « Plaidoyer de Tar*mée » reyêtirent de Texercice provisoire de Fautorité dvile un comité de sûreté de yingi-trois membres , et prononcèrent les peines de trahison contre tuus ceux qui r»jfuseraient d'obéir k ses ordres, ou qui se permettraient do lever des troupes sans sa permission. On lit môme une tentative f2() oct.J pour rétablir Richard Cronnvell dans la dignité de protecteur: dans ce but, il vint du Uampshire à Londres, escorté de trois compagnies de cavalerie; mais ses partisans eurent contre eux une faible majorité, et il se retira k Hampton-Court^.
De tous les chang^ents qui ay aient jeté la nation dans la rarprise et la perplexité depuis la mort du dernier roi, aucun n^avait été reçu avec une désapprobation si générale que celui-ci. Ce n'était pas que Ton regrettât le renvoi du croupion ; mais on craignait la domination capricieuse et arbitraire de Tarmée ; et quand on comparait le désordre actuel avec la tranquillité dont on avait joui sous la monarchie, bien des gens ne se cachaient pas pour exprimer le désir de voir rétablir raocienne race de leurs princes. Les royalistes tâchaient d'augmenter ces dispositions ia- Torables : cependant leurs efforts eussent été infructueux , si les militaires eussent été unis entre eux. Mais parmi les officiers , il en était plusieurs qui ayaient déjk fait leur paix ayec Qiarles en promettant leurs services, et beaucoup qui restaient en secret fortement attachés a Hazlerig et k son parti, et opposés à Lam-
1. Voyez la Déclaration du conseil général des officiers, 17. Le «Plaidoyer de l'armée, pour s a conduite présente,» imprimé par Henry Hills , imprinreur de l'armée, 1659, est, dans beaucoup de passages, fortement écrit. Le principal argument est que comme le parlemenl, quoique oblipé parles ligue et covenant solennels à défendre les personne, honneur et dignité du roi, ne s'est
{làs fait scrupule plus tard de le traduire en justice, de le condamner et de 'exécuter pour «voir trahi son devoir ; ainsi Vannée, quoiqu'elle se fût engagée à être loyale et fidèle envers le parlement, pouvait légitiniemont se lever cmitre lui, lorsqu'elle voyait qu'il ne maintenait pas les justes droits et libertés du peuple. Cette condition était sous-entendue dans rengagement; aniraneilt c^eAI été un péché de contracter cet enpgement, et le texdr serait un péohé 9xukA, ait ce serait ainsi ajouter péché sur peché.
2. Whitelock, r.85, G8(>. Ludlow, ii, 250, 286,287. Clar. P"p. Ô91. A ki restauration, Richard, pour échapper à ses créanciers, s'enluit sur le continent; et, après une expetnaUon de près de Tingt ans . revint en Angleterre, dans le voisinage de Cheshont. OÙ U moumt en 1718 , 4 l'âge de Gna^Yingt-alx aot.
Noble, 1, -o 1 o
CHA1UTK£ iNËUVlLMË. 465
bert. En Irlande, Barrow, qui avait été envoyé de WallingfordiMNise, iTOUYa rarmée si divisée et si incertaine, que chaque faction obtenait altemathrement une conrte et précaire supériorité; et en Ecosse, Cobbet, qui y arriva ayec une mission semblable, fat emprisonné par ordre de Monk, avec dix-âept autres officiers, qui approuvaient ses propositions
A dater de ce moment , la conduite de Monk réclamera nno grande partie de Tattention du lecteur. Depuis la marche de Croniwell ïfur Worcesler, h la poursuite du roi, il avait toujours commande en £cosse , où , au lieu de se môler des intrigues et des partis de F Angleterre, il parut n'avoir d'autre occupation que les devoirs de sa place, que de maintenir la discipline de son armée, et de retenir les Ecossais dans Fobéissanoe. Ses dépêches à Gromwell forment un contraste frappant avec celles des autres officiers du temps. H ne s'y trouve ni étalage de piété, ni flatterie pour le protecteur, ni demande do fa\t'urs. Klles sont courtes, sèches et sans intérêt, se hornant enlièrement h liailer d'alVaires, et soulenienl d'affaires indispensables. En ellel , le caraclèi-e dislinctif de riionune était d'être impénétrable'-^. Quelles que fussent ses prédilections ou ses opinions^ ses désirs ou ses desseins , il les tenait enfermés dans son sein. 11 n'avait pas de conûdent, et jamais il ne se laissait surprendre un aveu imprudent. Aussi tous les partis, royalistes , protectonstes et républicains , le croyaient des leurs , quoique cette idée fût fondée sur leurs espérances et n<m sur sa conduite. On avait poussé Charles à lui foire plusieurs fois les offres les plus séduisantes, qu'appuyaient les sollicitations de sa femme et de son chapelain privé ; et Monk les écoutait sans se fâcher, quoiqu'il ne s'ouvrît jamais assez aux agents ou au chapelain pour se mettre en leur pouvoir. Cromwell avait eu avis de ces intrigues; mais ne pouvant découvrir aucun motif réel de soupçon, il se contenta de mettre Monk sur ses gardes par le post^ieripium d^une de ses lettres : a On dit, » ajoutail-il, a qu'il y a en Ecosse un rusé compère , appelé George Monk, qui se tient là aux aguets pour servir Qiarles Stuart ; usez,
1. Ludlow, II, aai, 252, 25», 263, 300. Clar, Pap. m, 591. Lettres de Carte,
9. c Sa taeHnmité natnréDe éltit telle, que la plupart de ees amis qui croyaient
le mieux le connaître regardaient George Monk comme n'ayant en lai d'autre habileté que celle d'un franc soldat qui obéissait aux ordres du parlement et veillait à ce qu'on obéît aux siens. » Priée, Mystère et méthode de l'heureuse restauration dfe Sa Majesté, dans les Pièces choisies relatiyea aux ftaerrea ci- ▼ilea d*Attgleterre, publiées par le baron Maaères, ii, 700.
je TOUS prié) de rotre diligence pour le prendre el me renvoyer ^. d Après la chute du protecteur Richard, il devint Tobjet d'une plus grande défiance. Pour miner son pouvoir, Fleetwood ordonna k deux régiment» de cavalerie attachés h Farmée d'Ecosse de revenir en Angletorre; elles républicains, quand les commissions militaires furent délivrées par le président, destituèrent un grand nombre de ses officiers, et les remplacèrent par leurs rréaliires. Monk ressentit ces affronts; le mecoiitentemont le poussa h la vengeance ; et lorsqu'il apprit que Booth était à la tête de forces considérables , il dicta une lettre au président, où il se plaignait de la conduite du parlement, et déclarait que puisquHls avaient abandonné les vrais principes de la vieille cause, ils ne devaient pas s'attendre k être soutenus par son armée. Son but était d^animer les insurgés et d'embarrasser leurs adversaires ; mais le matin [même [22 août] où la lettre devait être soumise h la signature de ses principaux officiers , arriva la nouvelle de la victoire de LambiM t : le dangereux écrit fut aussitôt détruit , et le secret religieusement gardé par lo peu de personnes qui étaient au fait de l'intention du général 2.
Malgré sa circonspection^ Monk avait été poussé à cette tentative avortée par son frère , ecclésiastique du Comwall, qui était venu le voir avec un message de sir Xohn Grenville, ayant com* mission de Charles Stuart. Après la défaite de Booth, le général le congédia avec une lettre de félicitation au parlement, mais sans répondre a Grenville, et après lui avoir fait prêter serment de garder le secret sur ses projets passés et futurs^. Mais dès qu'il sut l'expulsion des membres et le rang supérieur conféré à Lambert [17 oct.], il se détermina b se présenter ouvertement comme protecteur des vaincus, sous le titre attrayant, quoique ambi^, de ((défenseur des anciennes lois et libertés du pays. » En consé-' quence, il s^assura [18], au moyen de garnisons fidèles, du château d'Edimbourg et de la citadelle de Leith, envoya un fort détachement occuper Berwick, et prit les mesures nécessaires pour lever et discipliner un corps nombreux de cavalerie. A Leith , il se tint un conseil générai d'o£ûciers : ils approuvèrent son but ,