CHAPITRE DlXlÈMi
ronne et de meliie les libertés cUi peupla à Tabri dos oinpiét^menis fnturs. Nous avone «iffisamment de preuves <itte Charles eût coimiiti k de telles conditioM; mids qiiuid la mesure fut proposée, le toid général s'en déclara Padfmatre le plus pnn wmcé. n se peut que son esprit eirowispeet crut (fu^lV a?aijt du danger k attendre; il est plus probable qu'il youlait donner plus de valeur h ses services aux yeux du nouveau souverain. Mais quels que fussent les motifs de sa conduite, le résultat fut que le roi monta sur le Worn sans être lié par aucune condition, et qu'il en conclut qu'il avait droit h tous los pouvoirs réclames par son père au oommenoemeuide la guerre civile. Au bout de quelques années cette oonséqnenee deyint maniCeste. On reconnut que la négligenoe ou laperftdie de Uovk atait iaisBé une porte onmto au relow des dissensions entre là oouronne et le peuple, et la cifoonstanoe même que dtarles atait aoeneilKe comme nMttant le comble à son heureuse fortune, ne servit qu'à jnéparer la voie h une seconde révolution, qui linit par exclure à jamais sa famille du gouvernement de ces royaumes. ^
CUAPllUE DIXIEME.
CHARLES n.
Jj9 uuuiMW CMMciL Il www dtt yrtwilrt. — Ckwfwrtiom. — Procès et cié» cation des régicides. — Bèc^ements ecclévsiastiqucs. — Conféeence à la Savoy.
— Soulève iient des hommes de la Cinquième-Monrirchie. — Nouveau i)arlement. — Kxcrution de Vane. — Acte de corporation. — Acte (Vuniformite.
— PSarlenieiU en Ecosse. — Exécution d'Argyle. — Kestauration de l'episcop«t » Soowe— ainsi %a'wi Irlande. — Aola d'orgniaalkm** ei acte iaterprétatif pour Vlrlande.
[i^.] Itmaie pe«t*-toe, dans riiistoire do cette MCk», msucm événement ne eansa «ne joie «nsn généinie et mû mo&ÊÙm q 11 e le retour de Ctoies poâr prendie poesenion da tf6ne de ees pèfree. On «ttrilnmit k Vaboli^ de Ui montnye toas les mtm
qu'on avait fait soufferts; on prédisait que m twtaurâtîon ramè» norait la paix et la prospérité. ï.es ennemis avérés de la cause royale s'étaient caciies pour se soustraire aux ejVets de Texcilntion populaire ; son li iuniphe fut célébré |)arlout aver les rnanifestations habituelles de la joie publique, et les armes de la république, ainsi que tous les emblèmes du républicanisme, furent linés aoi plus in^j^gneseutrages^i réduits en oendra. Font en*
4M imTOIRE D'ABIGIJSTIâRK.
trélefiii* le feu de la loyauté, les royalistes re[>aiidireut, dans des publitations h bon marché, les portraits les plus Hatteurs du nouveau roi. Il était représenté coinrne un prince d'un caractère bienveillant et de manières engageantes, d'un jugement sain et dHin esprit agréable, et, pa^4esslIf tout, du plus inflexible attachement aux doctrines du protestanUsme, attachement qui était resté à Tépreuve de la tentation dans les circonstances les plus séduisantes. On ne peut nier qvCiX n'y eût quelque vérité dans ces peintures; niais on cachait la moitié du portrait; on aurait dû ajouter qu'il était mou et indolent, voué h la dissipation et au plaisir et toujours prêt à renvoyer les atlaires au lendemain pour un bal ou la compagnie de ses maîtresses. Ses conseillers s'étaient persuadés que les vertus de Tâge mûr rachèteraient les folies de la jeunesse. Mais il avait atteint sa trentième année sans s'être amendé. U avait bien (ait des promesses ; plus d'une fois il s'était arraché aux indignes liaisons qui l'ass^rvissaient^ et avait dans Toocasion déployé une énergie digne du prix éclatant auquel il aspirait. Mais c'étaient des efforts passagers ; il retombait promptement dans ses anciennes habitudes et se remettait avec de nouvelles délices à la poursuite du plaisir.
Cependant son arrivée, Charles no se laissa point éblouir par la brillante perspective qui s'oiïrail à lui. 11 savait que sou trône reposait encore sur une base fort peu solide ; il voyait les dangers qu'il avait à éviter, les difficultés qu'il avait à vaincre, et il prit la fermoi et, à ce qu'il s'imaginait, l'inaltérable résolution de consacrer sa principale attention aux affaires du gouvernement, et de ne se Isdsser détourner par auctm plaisir, aucune intrigue amoureuse, des devoirs de sa haute position. Ses ministres se félicitaient du changement qui s'était opéré dans les habitudes de leur souverain. Mais il ne tarda point à trouver cette contrainte gênante; il fut tellement assiégé de difficultés par les incessantes réclamations des anciens royalistes et de ses nouveaux partisans; il se vit tellement embarrassé par la multitude croissante des affaires soumises à sa considération, qu'il s'ailranehit par degrés de ses entraves, et chercha du relâche dans la société des gens gais, spirituels et débauchés. La conséquence fut que non-seulement il négligea ses devoirs, mais que souv^t il se laissa influencer contre les avis de son conseil par les saillies et les sarcasmes de ses compagnons dissolus
1. Coiuiu. de la vie de Giareudon cçritc pai' lui-même, 21, 49, i(>7 i Uxior4,
CHAPITIŒ DIXIÈME. 4S9
Tour un œil observaleur ce conseil prcsoiilail un singulier assemblage d'hommes dévoués à différents parlis, et professant des principes opposés. Premièrement, on voyait les frères du Toif Jacques et Henri, qui doYaient cette distinction à leur naissance, avec Hyde, chancelier, Ormond, lord-intendant, lord Culpepper, maître des rAles, et le secrétaire Nlcholas, les quatre consefllers qui avaient eu la confiance du roi durant son eiîl. Puis venait le lord-général, qui, par sa conduite récente, avait lié sa destinée par un nœud indissoluble à la fortune de la maisou de Stuart ; Morrice , Tanii et le confident du général, et deux ou trois autres, dout le principal mérite était la recommandation de Monk, motivée sur'les promesses qu'il avait faites pendant la dernière révolution. On engagea Charles à associer k ces deux classes tous les conseillers encore vivants de feu son père avant la guerre : mesure qui, avec quelques personnes qui étaient restées fidèles aux intérêts du roi, en introduisit plusieurs qui avaient soutenu la cause du parlement contre celle de la couronne. Il est évident que le roi devait voir, moitié avec déliance, moitié avec aversion, un conseil ainsi constitué. L'adresse du chancelier y découvrit un remède : à sa suggestion le conseil nomma un comité des allaires étrangères, composé de Hyde, d'Ormond, de Southampton, du lord-trésorier, de Monk, de Nicholas et de Morrice. Ils se réunissaient dans le but d'examiner les relations de F Angleterre avec les autres couronnes de PEurope \ mais il profitèrent de ces conférences pour débattre et décider, ^ Pinsu de leurs collègues, toutes les questions relatives h radimuistiation intérieure du royaume. Les mômes objets, à la vérité, étaient ensuite soumis a Texamen de tout le conseil; mais Charles avait déjîi adopté l'opinion du cabinet secret, et les dissidents étaient, ou réduits au silence par les arguments des ministres Cavoris, ou intimidés par la présence el Pautorité du -souverain
Quant aux deux chambres, le roin^avaitqu'à parler, et ses désirs étaient satisfaits. De même qu'elles Pavaient rappelé sans conditions, elles paraissaient disposées k mettre sous ses pieds les libertés de la nation. Les Cavaliers se faisaient un s^jet de triomphe de Télé vat ion du trône ; les presbytériens se tenaient devant comme des pécheurs repentants, jaloux d'effacer le sou-
1769. Dans les page^ suivantes, je renverrai à cet ouvrage sous le nom deCSbl» rendon seul. Vepyê, Journal, 8f7, 8*.