‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 21 sur 276 · BuifavoiA, IT · texte numérisé non relu

BuifavoiA, IT

GHAtunË imBniÈn. 47

parlement. Le roi fut surpris de relie réponse. Y consentir, c'é^ iaii se dépouiller d'Un pouvoir essentiel à la royauté, et se metire 8B&8 M0otiroe9 mol pieds de ses eimemis. Il lésolul de refuser; HMds SA tépiignanee fui Taiûtme Jiea k peu t>ar quelques-uns éé ses eoDseifierS) qui soutinrent que ce qui était « radicalement » maufaîs ne pottndt être guéri par Tassentiment royal ; 10 que, de mêtne qu^nne commission sous le ^and sceau n'était d'aucun effet si elle était contraire h la loi, de même un acte du parle*-* ment ne pouvait obli^^or lorsqu'il était subversif de Tancienne constitution du royaume. Ce raisonnement était spécieux; il tirait le roi d'embarras, en rauturisant a reprendre à son ^và co qu'il accorderait en ce moment par nécessité ; et liou-seulemeiit il adopta [14 févr.] les deux bills sujets à difficulté pour presser le» solâftts, et [priTor les érêques de leurs sièges et de tous emflois teui^lB^, mais il Offrit de sottinettre à Teiamen du par<* lement toutes les diseussions rcMites à la Httirgie ; promit de ne jmais accotdef defmrdon h un ptêt^e catholique sans le consentement préalable des deux cluunbres; demAtldà h connaître les noms des personnes à qui on pourrait confier des cunnnandements dans Tarmée, approuva la liste, et demanda seulement [28 févr.] î l"* que leur nomination fut limitée a un certain temps, et 2° que les pouvoirs extraordinaires qu'ils exerceraient leur fussent prcalableiUelit ccHiféréS paf statut, aûn qu'ils les recnssoTit de lui. Mais ses adtarsaiM Oionlinenobreht h se méflet de la fàcilité ared laqMle il consentait maititenant à leuifs demandes ; ils votèrent que sa dmii^ propos!^ était en réalité uh i^ftis ; que cent qui IVtfftiebleOfiBêllIéo étalait mhem^ de rétat, et s^faient pu-* nis en cohséquence, et que la sagesse du parlement devait y porter un prompt remède. Peu de jours après [5 mars], on prépara une ordonnance qui désignait, de Tautorité de? deux chambres, cinquante-cinq lords ei membres des commune s, lioutonanls de différents districts, avec pouvoir de nommer des députés et des offlderdy ël è6 réprima les insursecUons, rébelUons et iuTa^

1. Clareîldon, î, 4?é-480. €dlepepper était tfaris quê le roi poiirfcit ném danger rejeter le bill.poiir la presse des SoUtayte, s'il donnait son assentiment à celui relatif aux évêqties. Mais Charles 8 y refusa. Il alla alors trouver l i reine , lameua a son opinion, et l'assura de la faveur populeure si on lu savait favoratte aa bUL Aide aelle, il sutmoota la répugnance du roi. Telle est du moins la version que donne Clarendon dans l'histoire de sa \ ie (p. 50, 51]. Mais je doute qu'elle soit exacte. Il parait avoir oublié que Charles consentit en même temps aux deux bills. Il était alors à Canterbonr» accompasnant te reme qui partall pott la H^iaade : Circonstance qid probablement donna lieu a eette Tersion.

'sions^ Une longae série de dédaratioiis et de réponses serrit h occuper rattenUon du public pendant plusieurs mois. Mais, dans cette gome de paroles, dans ces appels des parties contendantes au bon sens du peuple, le roi eut évidemment Favantage sur ses adversaires. Abandonnant les haulaines prétentions de ses prédécesseurs, — quoique ce ne fût pas sans un soupir, — il ne réclamait que les droits reconnus de monarque constitutionnel; tandis qu'eux, reculant devant le franc aveu de leurs objets réels, ils cherchaient h se justifier en soutenant qu'il existait un projet d^introduire le papisme, que le souverain était gouverné par un copseil papiste, et que les papistes étaient sur le point de se.re^ lever en ^gleterre, comme leurs frères Pavaient fait en Irlande : allégations bien propres, sans doute, h agir sur des esprits ignorants et prévenus, mais que leur fréquente reproduction sans l'ombre d'une preuve commença à faire considérer par les gens qui réfléchissaient comme fausses et chimériques^.

Mais l'objet réel de Charles était, comme celui de ses antagonistes, de se préparer a la guerre. 11 avait, au mois de février, envoyé la reine en Hollande, sous prétexte de conduire leur fille Marie à son ^ux, le prince d^Orange, mais dans le but de solli* citer l'assistance des puissances étrangères, d'emprunter de Tar* gent sur les joyaux de prix qu'elle avait emportés, et d'acheter des armes et des munitions Pendant ce temps>lè, il s'éloigna peu à peu du voisinage de la capitale, allant d'abord h Newmarket, puis dans les comtés situés plus au nord, et enfin fixant sa résidence à York [24 mars]. Les gentilshommes des environs levèrent pour lui des gardes du corps, qui devaient former, en temps convenable, le noyau d'une armée plus nombreuse.

1. Rushw. IV, 516-528. Journ. iv, 625. T>orsqu*oii objecta que par ceà» Ol»donnaiici' les deux chambres assumaient le pouvoir qui, constitutionnellemeal^ appartenait au souverain, le serment d'allégeance fut lu à la chambre des lords, et on vota qu'il n'y avait rien dans T ordonnance d^incompstible avec les obligations de ce serment. Seize pairs firent enregistrer leurs protestations. Ibid. S67. Le prétexte parait avoir été qu'en cas d'extrême danger, le devoir du parlement est de santer la nation et le souTerain en dépit do soaverain, et le de?«lr du peuple d'obéir aux ordonnances des deux chambres, autant que d'obéir, en temps ordinaire, ;'ux statuts rendus dans la voie d'usage.Voyez Journ. vi, 134.

2. Voyez-les dans Kushw. iv, 528-552. Sur les bruits relatifs à l'influence des papistes, le secrétaire Miciiolas écrit ceci au roi : « Les alarmes des complots papistes amusent et effrayent le peuple Ici plus qu'aucune chose; aussi c*èst te tambour que l'on bat si fréquemment en toute occasion.» 27 oct. Mém. d'Evelyn , II. App, 46. Voyez aussi les discours du roi, dans ses Œuvres, SO, S3, 31,87.

& D^Orléans, Révolntion d'Angleterre , 91. Clarend. i, 419. Voyes une lettre intéressante de la reine dorant son séjour à la Haye, dans la note (B).

CHÂPiiaE pafma.

Laittons le roi h Y(^k, 6( rerenons mainleiiaiii ma affairas d« ririande. Quels qu'eussent été les prajels nourris par les lords

ayait reçue du souverain, ils avaientélé déjoués par Finsurrection

prématurée des Irlandais dans TUlster. Le cliàicau do Dublin fut mis à Tabri du danger par la vi^^ilance de son gouverneur, sir Francis Willougbby. Le {);ii leniont s'assembla au jour fixé, mais il se trouva domine par une garnison de quatre mille honnnes; et un autre ajournement, par ordre des juges, l'empêcha d'intervenir dans l'administration du gouvemeroent. Les lords et la gentry d'extraction anglaise offrirent leurs conseils et leur appui. On refusa le tout sans cérémonie; les armes mômes qu'ils avaient obtenues pour leur propre défense leur furent redemandées, et un ordre du conseil les força de quitter la capitale et de retourner chez eux dans la province. Cette méfiance, quoique les chefs dussent savoir qu'elle n'était pas sans fondement, provoqua un mécontentement qui fut considérablement irrité par les proclamations successives du gouvernement, et parles incursions militaires, accompagnées de pillage et d'effusion de sang, qui se faisaient de t^nps en temps dans les districts du voisinage de Dublin 1.

. Pendant six semaines rinsurrection s'était bornée aux anciens Irlandais. Au ccmimencemait de décembre, le lord Gc» manstown, en qualité de gouverneur du Meath, convoqua, par ordonnance,

une assemblée générale du comté sur la montagne de Crofty [o déc. IG/ilJ. Il s'y trouva les lords Fingal, Slany, Netterville, Triniblestone et Lowth, quatorze gentilshommes et mille francs tenanciers. Au bout de quelque temps, Moore, Olleilly, Byrne et d'autres chefs dos insurgés, parurent avec une garde de mousquetaires. Aux questions posées par Gonnanstown, ils répondirent qu'ils avaient pris les armes pour obtenir la libwté de conscience, maintenir les justes prérogatives de la couronne^ et cf nqnérir pour le peuple d'Irlande les privilèges dont jouissait le peuple d'Angleterre. L'assemblée approuva leur objet. On forma une association nationale à l'effet d'y parvenir, et les membres, à rimitalion des covenantaires écossais, s'obligèrent par un commun serment k maintenir le libre et public exercice du culte

1. Carte' s Ormond, 1, 244-247. Carte, m, 49, 52. Clanricarde, 67. «Depuis que le désordre a commencé, ils (les lords justiciers) ont mené les affaires comme M leur dessein était de faire réroiter tout le royaume. » Clanrie. aa doc de RicfomonU. Mém. 63.

du pale, a qui Antrim avait

nniqaé la eommission qu'il

calholique, à gdfder fld^léet cllégeanoe au roi Charïes, ei à le défendre contre fetts eettt qui tentendent de détraire la prérogatire royale, lo pouvoir du parlement, ou les jueto droits des sujets. L'exemple une fois donné, décida cent qui ayaîentbalanoé

jusqu'alors ; ot tout le peuple d'Irlande, h roxceplion dos personnes qui liabitnient les forteresses oecupées par des j^arnisoiis anglaises, et du Galway, qui était coiilenu dans robéissance par le comte de Claiiricarde, convint de tirer Tépée contre les enne* mis communs de son roi, do ses droits et de sa religion ^

Pour justifier leur conduite, ils alléguaient : qu'en haine de leur religion On les avait assujettis à de nombreuses restrictionS| et exclus des emplois du gouvernement, tandis que des gens de basse naissance et dans la pénurie s'âeraient aux plus hautes dignités de Tétal^ sans aucun mérite personnel, mais parce quMlt étaient protestants et anglais; 2" que les « grâces» qu'ils avaient achetées à un prix si énorme leur étaient toujours déniées, par suite de deux prorogations successives du parlement ; preuve que le dessein de leurs ennemis était de les priver de leurs propriétés, sous prétexte que leurs titres étaient défectueux ; 3° que le parlement d'Angleterre avait usurpé Tautorité du parlement d'Irlande^ et soutenaient que ce dernier pays était lié par les résolutions et les ordres des chambres an^ises, toutes les fois qu'il était expressément nommé ; U'^ que les meneurs en Angleterre s'étaient déclarés ennemis implacables de la religion catholique, avaient juré de l'extirper, avaient mis en vigueur le code pénal contre les catholiques d'Angleterre, et voulaient, en conséquence de leurs nouvelles prétentions, le mettre en vigueur aussi eu Irlande. C'est pourquoi ils avaient n'^solu de ne jamais poser les armes qu'ils n'eussdtît obtenu la reconnaissance et l'indépendance du parlement irlandais vis-h-vis du parlement anglais, le rappel de toutes les incapacités dégradantes pour cause de religion^ le libre exercice du culte catholique, la conÂrmation des grâces, etrexdtti- Sion de tout autre que les indigènes, des emplois civils et mililairee du royaume. Les Ecossais , ajoutaient-ils dans une pétition au roi, dont les gi'iefs étaient certainement moins nombreux, et dont l'église avait été moins persécutée, avaient eu recours aux armes pour défen'lrn leur religion et leurs libertés ; et leur conduite avait fini par obtenir son approbation et celle du parlement d'Angleterre : d'où ils inféraient que ce qui était louable dans les Kcos*

1. Temple, 19, SO. Carte, m, 49. Roflhw. nr, 415. Nalson, ii, 907.

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