CHAPITRE PKLMIEK
8tig ne pouvait, aux youz 4e juges impartiaux» ôire blâmable
dans les Irlandais t.
Far degréfiy la guerre de TUliter avail frâ le caractère le plue imoe. Im iod^nes, regardant lea eolene comme des intnia et des Toleurs, les a?aient dépoitiBés de leurs pi opriétësi les avaient
chassés de leurs maisons, .et, en plusieurs circonstances, leur avaient dié la vie. D'un autre côté, les militaires, agissant par ordre du conseil, ex-rVutaient, lorsqu'ils en avaient le pniivoir, la loi martiale contre les insurgés, dévastant le pays et tuant les fugitifs sans distinction ni merci ^. Un acte de violence amenait constamment des représailles : la soif de la vengeance était récir proqnement excitée et assouyie, et dans les denx partis on ap«> pfoiait h se livrer an meurtre sans remords, même ayee on sentiment de triomphe. Les écrivains ont eu oontume de ne présenter k leurs lecteurs qu^nne moitié do tableau, de peindre les atrocités des indigènes et de cacher celles de leurs adversaires ; mais on cite de tous deux des barbaries trop révoltantes pour en souiller ces pages : si, parmi les uns, il se trouvait des monstres altérés du sang de leurs victimes, il y avait parmi les autres des gens habitués depuis longtemps à regarder la vie d'un Irlandais comme aiirdessous de leur attention. Il n'est point aisé pour rbistorien impartial, dans ce conflit de passions et de préjugés, au milieu 4ea aHégatioBs exagérées, des récriminations hasardées et des antoités trompeuses, de tenir la balance et d'aUeuMr k chacun îl part d'inhamanité et d'etAision de sang qui lui est due. Si lirlandais doit rougir lorsquUl entend parler d^une œntaine de prisonniers refoulés h la pointe delà pique dans une rivière profonde et rapide, l'Anglais lira avec un soupir les ordres donnés h Tarmée par les lords du conseil, non-seul(Miient de brûler toutes les maisons jusqu'au sol, mais de passer au lil de Tépée tous les habitants miles en état de porter les armes, dans les districts oii las reb^es avaient été reçus ilans leur «arche ^.
1. Rushw. IV, 411 , 414. Carte, m, 47,48, 50,55, 99, 110, 186. Clanr.70. Borlase, Àg^. 40. 'i Voiro iNInjesio n'interprétera pas plus mal ce qtie noius avons fait qtn^ notre loyauté et noire aiïeciioii pour Votre Majesté ne le méritent, ni plua mai que Votre Midesté ne Ta fait envers d'autres de $cs sujets, qui dans de moindres on de aemblu»les occasions ont agi de même.» P. 47.
2. Carte, m, f.l , C>Q, G8. Con. App. viii. .T"(j1»scrve que dans l'Ulster, dès le S7 octobre, les garnisons anglaisescoiluaeilcèïentttpiUAr U:» terres ^slrlo&dau
de cette province. Carte, i, 185, 186.
3. Carte, m, «Blesser, tuer, ej^orger et détruire tous les rebelles et leurs adhérents et ceux qui les secourent ; et Mler, ravager, -dévaster, consumer, détruire et dénoUr tous les lieux, TiUes et maisons, o€ las fei>eUes sont «u pat
LesJords justiciers s^étaient attendus à de prompts et abon* dants secours d'Angleterre. A leur désappointement, ce fut seu^
lement le dernier jour de Tannée qu'il leur arriva un seul régiment, et cinq mois s'écoulèrent avant qu'ils reçussent un renfort de cinq mille hommes. Les Ecossais avaient bien offert d'en envoyer le double; niais la jalousie nationnlo intervint pour refuser une armée qui plus tard pourrait réclamer Tile comme une dépendance de la couronne d'Ecosse. Le roi signa une proclamation janvier 1642] qui déclarait les insurgés traîtres ^, et annonçait son intention de lever'dix mille volontaires, de se mettre à leur tète, et de châtier en personne Faudace des rebdles. Mais les deux chambres ne voulurent pas entendre parler d'un projet de nature h fournir une force militaire au prince qu'elles avaient offensé, et elles préférèrent voter des secours d'hommes, d'argent et de vivres ; mais tenant en même temps à ménager leurs ressources pour la lutte qu'elles prévoyaient h l'intérieur, elles prirent peu de soin de donner suite h ces votes. Le projet qu'elles pressèrent surtout, et pour lequel elles obtinrent avec peine le consentement du roi, fut de lever une forte somme sur la garantie des terres dont les insurgés étaient supposés avoir déjà encouru la confiscation par Buite de leur révolte. A cet effet, deux millions dnq cent mille acres furent réservés par acte dn parlement, et l'on assura aux souscripteurs, sur le crédit public, que, pour chaque avance, ils recevraient en retour une quantité équivalonlo de biens confisqués. Ce plan réussit; mais s'il remédia h la pauvreté du trésor, il servit aussi h citnenter l'union des insurgés et à redoubler leurs efforts. Le premier vote de ne jamais souffrir Pexercice du culte catholique avait prouvé que leur religion était en jeu ; celui-ci prouva qu'il j allait aussi de leurs biens. Us étaient réduits à raltemative ou de conquérir le culte de leurs pères, ou de Pabandonner et de perdre leur patrimoine ^.
A York, le roi n'était plus retenu par le voisinage des deux chambres. Au lieu des iiûnAtes quotidiennes de la populace, il
été secourus ou logés, et tout le blé et le foin qui s*y trouvent, et tuer et éétniire tous les habitants en état de porter les armes. » Ibid. Voyez note (A).
1. Carte, m, 5:1. Rushw. 479, 173. Les lords justiciers requirent le roi de sicner plusieurs copies de cette proclamation , aûn de pouvoir les envoyer dans diflmnts eomtéi et en pronrer rsutfaenticité par sa signatiire. Ponr plus de célérité, on en imprima quarante exemplaires, qu'il signa. Mais ceci, pins tard, devint iino charge contre lui. comme si, enli.nitant le nninhre à quarante, il avait voulu que la proclamation iùt peu connue ; tandis qu eu realité eu nombre était aardemu de eeloi qu'on loi avait demandé avec sa aignature.
«S. Riuhw. IT, 558^.