‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 219 sur 276 · CHAPITRE DlXlfiMJB* &9t · texte numérisé non relu

CHAPITRE DlXlfiMJB* &9t

Il n'y a pas do doute que les foiiiies do la justice furent violées dans ce procès célèbre. Quels que pussent être les crimes d'Argyle, ils n'étaient pas prouvés juridiquement. Mais il s'était rendu odieux aux cavaliers par sa défense énergique du coyenani^ à ses compatriotes par ses complaisances pour leurs yainquours anglais» et à la partie la plus modérée du clergé par son adhésion aux remontrances. On supposa que sa mort ayait été hâtée par ses ennemis, autant dans l'espoir de s'enrichir des débris de sa fortune, que pour satisfaire leur vengeance. Mais Charles enleva ses vastes propriétés h leur cupidité, et les rendit, sauf quelques exceptions, h son fils aîné, qu'il créa comte d'Argyle

L'exécution de ce seigneur fut suivie de celle de Guthrie, un des plus violents et des plus influents parmi les ministres qui avaient protesté. Il avait jadis excommunié Middleton, s'élait joint aux remontrants de Fouest, et ayait été un des rédacteurs de la brochure intitulée « Causes du courroux de Dieu ; » et depuis la restauration, il ayait conyoqué, en dépit du comité des Etats, une assemblée pour rappeler au roi les deyoirs qui lui étaient imposés par le covenant, et pour l'avertir de ne point employer de gens mal pensants b son service. Il essaya de justifier sa conduite [11 avril] par un appel h la confession de foi, au covenant national, aux ligue et covenant solennels, et a l'inflexible résistance qu'il avait toujours opposée k l'usurpation des Cromy/relL Mais on avait résolu qu'un membre du clergé serait exécuté pour servir d'exemple aux autres; et son collègue, Gillespie, qui, par la turbulence de son zèle et son orgumlleux mépris de Tautorité civile, avait autant, sinon plus de droits à la couronne du martyre, rabattit de ses hautes prétentions, et se résigna k solliciter le pardon royal, à condition de servir la cause de Tépiscopat. Guthrie parut sur l'échafaud [l*"*" juin] d'un air de triomphe, et harangua les spectateurs sur son ton ordinaire d'invectives et d'enthousiasme. Il déclara que Dieu était courroucé des péchés de la nation; il la menaça des plus terribles jugements divins, et prédit que le chandelier de l'Eglise serait enlevé de sa place, prément pompeux , pour compenser le déshonneur du premier , et avec lui un nommé Uuy, de Delgattie (insigue papiste), et im de ses colonels. » Kirkton,

1. Le jeone Argyle, dans une lettre particulière au lord DiifferB, se plaignait

en termes assez peu mesurés du commissaire et du parlement. T. a lettre fut intefceptce, et son auteur accusé de îeasiiif] maki n g (calomnie séditieuse), ce qui, d'après la loi d'Ecosse, était un crime capital. Le parlement le condamna à mort ; mais Charles lui fit grAoe, et, au hM de quelque tempa, le fit sortir de priaon. Kîrkton, 143.

bn HISTOIRE D'ANGLETERRE.

diction qui fut accomplie plus tôt peut-être qu'il ne s'y attendait. Avec lui périt la troisième et dernière victime, un capitaine Goyan, qai avait mû bas les armes à Hasiilton, et passé du côté de Cnwiwell. Persomi» ne sut pouiqcid on le chokil pour êtie eséentS de préfâreaœ h tant d^auties; mais on pensait généralement que sa nnllité complète aurait dû fèke oublier son crime K A la première nouvelle de la restauration du roi, les ministres écossais avaient demandé instamment qu'on n'étendît point à FEcosso Tindulgence pour les conscience? timorées qu'il avait promise à Breda ; au bout d'un an, ils furent forcés de solliciter pour eux-mômes, et de solliciter en vain, cette indulgence qu'ils avaient si durement refusée aux autres ^. Par le seizième acte de la session, « l'organisation et raffèrmissement dn gouTemement derEglise, en tant qae d^accord avec PEcriture, la monarchie et la paix, Y> araient été confiés au roi : Middleton alors lui assors que la restauration de Tépiscopat était le plus ardent désir de la nation; et une proclamation annonça bientôt [6 sept.] que le roi avait rintention de satisfaire ce désir, et défendit en même temps toute réunion do synodes et de presbytérats. 11 no restait des anciens prélats que Sydserfe; mais c'était un homme qui n'avait Testime d'aucun parti ; et quoique son ambition aspirât au siège archiépiscopal de Saint-Andrews, il fut forcé de se contenter de rérôehé lointain d'Orimey. La première dignité de la hiérardiie re^nrée fut donnée k nn homme dont l^raHon remplit les ministres de foreur et de désespoir, è Sharp, qui avait été envoyé è Londres comme leur agent dans le but de maintenir Tindépendance de leur Eglise, et qui revenait maintenant avec la mitre archiépiscopale, le chef de ses anciens égaux et le destructeur de leurs droits spirituels. Pour se venger, ils scrutèrent les fragilités de sa vie privée, et l'accusèrent de perfidie dans sa vie publique. L'inculpation d'incontinence et d'infantidde peut avec probabilité être attribuée à la malveillance de ses ennemis; mais le résultat de sa mission, si avantageux ponr hn-même, si désastreux pour ceux qui la lui avaient confiée, peut jeter des doutes sur son intégrité ; et après avoir lu sa lettre è Middleton du 28 mai, peu de p«^onnes croiront, malgré ses assertions, qu'il avait fidèlement servi l'Eglise d'Ecosse tant qu'il était resté une chance de succès,

1. Baillîe, u, 466-457, 468. Kirkion, 109, 110, llï. Wodrow, S7-70, 77, App, 47. Bumcft, 1, VU,

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