‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 23 sur 276 · CHAPITRE PKEMIËK. 5S · texte numérisé non relu

CHAPITRE PKEMIËK. 5S

recevait de lougaes adresses de différentes corporations, et oour était fréquentée par les iamilles les plus distinguées dm enliroiis. Mais il échoua oomplétemenl dans un des prindpauz de son voyage. Il avait été informé que sir John Hotham avail peu d'aUacÂement pour la eaiuse populaire, et que la présence du m enffirait pour obtenir de lui qu'il livrât les magasins de Huit. Ne s'ouvrant qu à trois ou quatre serviteurs de conliance, Charles envoya son fils le duc d'York, et son neveu, le prince électeur, à Hull, en partie de plaisir [23 avril]. Ils furent accueillis et traités avec les égards dus a leur rang. Le lendemain matin, le gouverneur reçut deux lettres^ Tune de sir Lewis Dives, annonçant que le roi oonqptait dîner avec lui ce jour-lh, Tautre, d'une main ' inoommey qu'on dit avoir été celle de W. Murray» depuis comte de Dysart, qui lui donnait à entendre qu'on avait Intention de lui 6ter la vie à raison de ses anciens mébdts. Hotfaam ordonna de lever le pont, de fermer les portes et de garnir les murs de soldats. Charles arriva à onze heures. Ses ordres, ses instances, ses promesses et ses menaces furent également dédaignés. A quatre heures, on lui renvoya son fils et son neveu, et, retournant au bout d'une heure, il fit proclamer Hotham traître à son de trompe. Les deux chamhres déclarèrent que la proclamation était une infraction aux privilèges du parlement K

Cette malencontreuse tentative fut suivie d'une série de péti-* tione et de plaintes» de réponses et de répliques, de remontrances et de protestations, dans lesquels les écrivains dé^yèrent beau* coap dliabileté de part et d*antre, mais oii Favantage parut ton* jours rester au roi. Il soutenait que les armes de Hull étaient sa propriété particulière ; il les avait achetées de l'argent qu'il avait emprunté avant rinvasion des Ecossais; que la ville était h lui, car elle avait appartenu h la couronne, et était toujours tenue par charte royale, et que la forteresse aussi était a lui, parce que lo commandement de toutes les fortifications du royaume lui appartenait 3. Mais il était inutile de parler de droits légaux a une époque oili une guerre réelle, qn<rique déguisée, régnait entre les partis.

Les denx chambres avaient d^à voté [20 mai] une levée de seize mille hommes pour tenir tâte au roi, qui était dans Tintentimde faire k guerre au parlunent Les mflî^

1. darandoD, i, 506-518. HustMoid, 188. Bosbw. iv, 565-^99, etlet/our». v, 16, 38. Les Hotham se repentirent p«r la suite; mais ili forent arrètéi et décapités par ordre du parlement.

d. Busbw. IV, ô67-ô8a.

las Çitàm dtt gtearM S^ppon, professaient le plus vif attachemanl cause ; les armei de Hiùl iwmU Inouportées à k Tour ; lin emprimi (bieé huU pour e^ai^e^i^yéeaaigmiùaeaYt»' selle, remplit le tr^iaor ; deg eommes considérables iiureiit eoir ployées à Fiichat de numtiaiis ; le oomie de Wexwkk { la ùom^ mission de Northumberland avait été révoquée parle roi) prit le commandemenl do la Ihjllc, et lo comte d"Esscx fut noiniiio général en chef, avec la proiiies^îO solennelle des lords et des communes, qu'ils vivraient et mourrcuent avec luidaiiâ la querelle nationale * [12 juillet].

De son côté, le roi ne restait point oisif. Nombre deitteiuiN:esde la haute et do la petite jaûUeeseï du eleiigé et des deux uniTÎenlés li)i prêtèrent de Tarieni; un oaiiie esToyé de HoUande par la raioe lui apporta des aimes, des muiiîtkms ei seize pièciw de canon [2 juillet]. Les gentilshommes du oonlé lui offiEirenftIeur assistance ; et, en opposition à Vordonnance pour la levée de la milice, il donna des commissions d'équipement [12 juin], selon l'ancien usage, pour chaque comté séparé. C'est ainsi que tout le royaume fut jeté dans le désordre Dans chaque province, et presque dans chaque municipalité, on levait en même temps des t^û^pes pour le roi et pour le païkment ; au midi, ce dernier remportait généralement ; les basses rlnsMW YOjraient en lui depuis longtemps leur protecteur contre les entreprises illégales de U royauté ; et la prompte vengeance qu^on a?aft tirée du moin* dre symptôme de désobmssaace eogageciÉ les hautes dasses à feindre des sentiments qu^elles n'avaient pas. Dans beaucoup d'eadroits, il y eut des rencontres entre les partis : le sang coula et Ton se lit mutuellement des prisonniers; mais toutes les fois que les royalistes avaient le dessous, ieuis propriétés élaieut pillées par la populace ^.

11 y avait, néanmoins, beaucoup de gens à York et dans le

1. Jour il. V, 29, 34, 40, 56, 04, G6, 70, 79, 87, 91, 105, 121, 140, 159, 181, 18C, 196, !206. La paye dos soldats était de 8 pence par jour pour l'infanterie, 9 sh. S pence poor la cavalerie, à savoir 16 peiu-e pour Ventmien du cheval, le resto pourrhomme Ibid. 100, 197. géa«E»l fa cUef reyseyait 10 Uv. |i)ftr ipUTi efc la

général de la cavalerie 0 Hv.

a. Un objecta d'abord que les commissions données par le roi à York étaient MBS valeur, parce que le grand scaan d*y mit point été apposé. Pour \mr

cette difficulté, Lvttlelon , garde des sceagix , fut décidé par Hyde à envoyer le sceau au roi, et à se rendre à York en mai. Les deux chambres furent irritées: mais pour leur propre défense , elles ordonnèrent de fjiire un nouveau grand sceau, et elles le confièrent à des commissaires à, oUes. Vie 4gt filumlftil , Ql, 64. Hist. I, 568-574. Rushw. iv, 718. Journ. des Lords, 93.

d. Ibid. 74, 111, 115, 147, 149, 18^, et Mereuriut RuiUeuê.

partemept, qui s'effor^^aient d'oifectuer um réûûnciUaUaa. Le toif préiendaieni-ils, avait fsÀi d'êmples concessions; tOftt ce qn'oB poaf^ désirer, o^éuii une garantie de TeiécutioD, et pourquoi ne robtiandiiit-oi^ pas ausa aiaémenl par un traité que par une guMia? Oiarle^ demandait une r^nse ani i)ropoaiti<Mi8 qu^il a?aii laites au commeiicement de Tannée, et ses adversaires, pour imposer sileiicc aux clameurs de leurs adhérents, offrirent dixneuf articles, comme base d'une paciiicalion fl^'" juin]. Ils étaiiMit principalement rédigés sur le modèle des concessions obtenues par les Ecossais : toutes les affaires d'importance seraiout débat- Uiea 6t réglées au parlement ; las grands oCticiers d'état, le premier président et le premier baron de Téchiquiar seraient toujours ahfiim ayag Fapproiiatiûn du parlemani, et cooser?eraient lûurs efailî^lêat qu'ils 80 eoiiduiraiaol bien ; las^oureineurseipréceptaurs 4es en&nts du roi seraient aussi nommés par le parle^ ment ; aucun traité de mariage, concernant un membre de la famille royale, no serait négocié sans le consentement du parlement : le roi liconririait toutes ses gardes, révoquerait ses proclamaiions, et mainiiendrait en vigueur rordounance pour la milice, jusqu'à ce que la question fut résolue par un bill ; il SéUriÂtiaii um réforme dans TégUse et dans la liturgie; aucun pair m siégerait an parlement à moins qu'il ne iùl admis du consenlemeiit des deux cbambres; Jes pairs papistes seraient privés da droit de voter ^isqu'à ce qu'ils se fussent contomés; et las anCants des catholiques seraient élevés dans la (oi protestante.

Chades répliqua [18 juin] qu'il Toulait bien c<meourir k Téducaftion forcée des enfants catholiques, à contraindre les pairs catlioliquos de donner leurs procurations h des prolestants, et a abolir toutes les innovations en matière de religion ; mais il ne pouvait consentir au reste des denKindes, 11 les jugeait san^ nucessilé : ^ car le pouvoir légalement placé aux maiiis des deux chambres 9 était plus que suffisant pour prévenir et réprimer le pouvoir de

la tTraanie. b U dirait d<^nc avec les barons d'autrefois « Noltt- » mus leges Askg^ mutan» » Sans cela on lui baiserait toujours les nains, m lui doonelait le titre de majesté, il porterait une couronne et un sceptre, mais il serait dépouillé de tout pouvoir réel , dépendant de la générosité et esclave du caprice d'une £acr tion parmi ses sujets

1. Journ. dm Lords, UO, 97. 168. Roshw. IT, 'm, 785. Ciar. (34-647. Daoi cette léponietioi amis de l*jB|^ renarqQèient et déploièrent one déflatloii Importante do langase été aaeiaas psitetaent ék|ât 4éarU o^auue

Tant que les doux partis tiendraient à ces principes, une réconciliation était impraticable, et ce fut pour chacun un point de la plus haute importance de persuader à la nation que la guerre^ civile, dont on était menacé, devait être attribuée aux préten- . lions déraisonnables de Tautre parti. Les chambres votèrent une humble pétition au roi [12 juillet], qui le priait de révoquer les • commissions d^équipement, de lic6n<»er ses troupes, de consentir à la punition des délinquants, et de revenir dans Tune de ses résidences habituelles aux environs de la capitale. Charles, dans sa réponse? [23 juillet] prit le Tout-Puissant à témoin qu'il était prêt à désarmer ses partisans, h présider les deux chambres, et h régler tous les différends par la voie parlementaire ; mais alors il requérait comme conditions préalables, qu'elles ^révoquassent Tordonnance de la milice, qu'elles remissent la marine sous le commandement de Famiral qu'il arait nommé, et qu'elles se réunissent à lui dans un endroit où ils seraient tous à Tabri des insultes et de rintimidation Hais la qumlle toudiait k une aise; et les chambres répliquèrent [16 juillet] qu'accéder à de telles conditions, ce serait trahir la coniiance dont elles étaient investies pour la sûreté du royaume.

L'événement qui suit amena le commencement des hostilités. ' Le colonel Goring, gouverneur de Portsmouth, officier d'un mérite distingué, avait été promu au rang de lieutenant-général, et chargé d'organiser et de discipliner les nouvelles levées parlementaires. 11 hésita à accepter la commission, et allégua pour excuse de ses délais la nécessité de surveiller la construction de quelques fortifications nouvelles ; mais un (nrdre pérmnptoire de r^oindre Tannée lui arracha la réponse qu'il ne pouvait en honneur quitter son commandement sans la permission du roi. Sentant bien les conséquences de son refus, il fit prêter serment de fidélité aux soldats et aux habitants, et, peu do jours après, il fut assiégé par les troupes parlementaires sous les ordres d'Essex. Le roi immédiatement [2 août] p'oclama traîtres ce général et les officiers qu'il commandait, s'ils ne rentraient dans le de* voir dans l'espace de six jours, et les clfitmbres [9 août] déclarécomposé de trois états , le roi , les lords et les comnmnes; tandis que jadis left trois états étaient le cltTf;é, les lords et les communes, avec le roi à leur tète. Vie de Ciar. p. 67. Kii omettant le clergé, la réponse avait raison; car le cleraé arait depuis longtemps cessé de former un état séparé dans le pailement En comptant le roi au nombre des états, eUe avait tort : il était toujoiirs lev chef autant qu'il l'avait jamais été. '

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