‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 232 sur 276 · Ibid. H('^S9. Clar. Pap. Suppl. ir, viii · texte numérisé non relu

Ibid. H('^S9. Clar. Pap. Suppl. ir, viii

8. Clar. UU ; OËu?re« de Louis XIW, i, 67, et la correspondance même dans

UISTOIKË D'ANGLETERRE.

cette eomspond«tice oonfldentkAle entre Charles et LoniSi qjûà^ en pen de temps, rendit le roi d'Angleterre pennonnaiie, et) par conséquent , en grande partie dépendant de son bon frère le toi

de France.

Mais ValtPvillc ne compta pas longtemps sur le succès de la mission de Bristol. Le représentant du roi catholique entreprit de dissuader Charles d'épouser une princesse catholique ; il lui {proposa une fille du roi de Danemarck, ou de Télecteur do Saxe, ou du prince d*Orange [28 mars], et promit que son maître don* nerait à ceOe qu'Q choisirait la même dot qui avait été offerte avec Ude princesse de Parme [S mai]. En même temps, il cherchait k se faire un parti dans le parlement et dans la Cité. Il ouvrit sa table aux mécontents, distribua de Fargenth ceux qui en avaient besoin , et répandit dans les rues des exemplaires imprimés de ses mémoires contre un mariage catholique, et de ses offres en faveur d'un mariage protestant. Mais les efforts furent infructueux. Le montant de la dot, les établissements dans la Méditer* ranée et les Indes orientales, et la concession d^un commerce illimilé avec le Portugal et ses dépendances» présentaient des avantages certains et présents , tandis que les dangers prédits k raison de la religion de Tinfluite étaient tout au moins éloignés ét incertains. Un conseil au complet de vingt-huit membres avait à Tunanimité conseillé au roi de conclure le mariage: les deux chambres lui présentèrent des adresses d'approbation ; le traité fut signé, et Montagne, devenu comte de Sandwich, reçut le comraandoment d'une flotte, avec ordre do croiser dans la Méditerranée [juin], et, au temps fixé, d^amener la phncesse portugaise m Angleterre

Vattoville supporta ce désappointement avec impaUenee , et, soit pour mortifier la cour de France qui était faitervenue, eoK (Amplement pour flatter Torgueil de ses compatriotes, il annonça Intention de faire revivre l'ancienne querelle pour le pas entre les couronnes de France et d'Espagne. Une première fois [20 juillet], à l'entrée de Caraia» ambassadeur de Venise, Charles

lie supplément au 3' volume des Papiers Clarendon, i-xv. Charles ne mit que son frère Jucque^dans le secret. Deux agents y furent employés : Bastide, COBIM secrétaire deFouqiiet, et lord Cernbury, fils aînr de rinrcndfin, comme secrétaire de son père. Ilyde eut la prudence ou l'honnêteté de refuser 10,000 livres offertes par Louis, quoique Chanes et Jaooaes se moquassent de sa sbanUcité; mais il accepta ensuite un [ résent de tous les livres qui avsdent étélmpraâéA à l'imprimerie royale du Louvre. Clar. 1)2; Pap. m; Svppî, i, il, iiv.

1. Clar. 80; Pap, lUiSvppUii, T, Ti, Tii ; I». /oum. XI, Ml, 84< 368. net, Reg. 431.

CHAPlllil. ()ISZ11':ME. 639

décida Yatteville et d'EsUadeSi rofkrésûutaiit de Louis, h ne poini praidre ^vi à la cérémome; mais ce dernier fut blâmé de la condescendance par sa coor; chacun se prépara, à soutenir sa prétention ï la prochaine occasion, rentrée annoncée de Btahé, ambassadeur de Suède, et le roi, ne pouvant retenir ces champions de la yanité, défendit, par une proclamation, h ses sujets d'iiiterveiiir dans la contestation. D'ilslrades appela tous les Français qui étaient h Londres , au nom do leur fidélité , h soutenir l'honneur de leur souverain ; il envoya cherv lier des reniorts à Boulogne, dont il était gouverneur, et introduisit chez lui, sous des déguisements, plusieurs des officiers et des cavaliers appartenant à cette garnison. Yatteville, qui ne pouvait rassenvbler des forces si redoutables ^ , chercha à compenser par Fadresse rintfoîorilé du nombre, en ordonnant que les traits de son carrosse fussent fûts de chatnes de fer couvertes de cuir, et en assi* gnant k chacun des siens son poste et son emploi particulier. Le quai de la Tour fut choisi pour champ de bataille ; h midi [30 sept.] arriva le carrosse de l'ambassadeur d'Espagne avec environ quarante domestiques en livrée, et vers deux heures, celui de rambassadeur de France , suivi de cent personnes à pied et d*enyiron quarante à cheval, armées de pistolets ou de mousquetons et de carabines. A trois heures, Brabé aborda aux degrés du quai, et, dès qu'il fut parti dans on des carrosses du roi, ceux des deux ambassadeurs s*âancàrent pour occuper la phce d*ho»neur. Les partis opposés se chargèrent ; les cris de la loule an^ nièrent les combattants ; le sang commença à couler, et plus de cinquante personnes furent tuées ou blessées dans cette échauffourée extraordinaire. La victoire resta aux Espagnols. Le cocher français tomba de son siège ; les chevaux furent estropiés, et les traits coupés. Le carrosse de Vatteville prit aussitôt la place d'honneur; son escorte, quoique chargée à plumeurs reprises, repoussa vaillamment les assaillants , et les vainqueurs, en pas^ sant dAns les rues, furent salués i grands cris par la populace et les soldats Lrais reçut cette nouvelle avec douleur et indigna-

1. D'£strades assura à son maitre que les Espasmols avaient été aidés par * plusienni mSUiert An^ais. Tout oe qu'il peut Touloir dire, oTeft qn'Ui enoootagèrant les B^âgnoli de leurs aodtmatiou.

9. «Il est étrange de voir comme toute la ville se réjouit; et vraiment nous aimons tous naturellement les Espagnols et haïssons les Français. > Pepys, i, 323. J'ai tiré les détails de cette échauiiourée de la relation ofticielle d'Evelyn, II, 458 ; Pepys, I, Clar. Ptff . ni; auppl. ini ; M; de Bng^e» 897, efc

LomsXIV, 1, 118.

540 HlSTOiUE D'AMGLETËKKE.

tiOD| non qa^ii déplorât le sort de ceux dont la yio arait été si léicèrement sacrifiée, mais parce qn^il croyait sa répatation compromise daosroptnion des antres puissances, par suite de Tayantage que le représentant d'une couronne tîfale arait remporté

di\u< uuv quorrlh? absurde et honteuse. Sans hésilcr un moment, il renvoya de sesrtats Fuensaldagna, le ministre dTspagne, demanda ample rô[)aralion a la cour de Madrid, et refusa d'écouter aucun accommodement, jusqu'à ce que Philippe eiU exprimé ses regrets d'un événement si malencontreux, rappelé de Londres son belliqueux représentant, et promis que ses ambassadeurs s'abstiendraient toujours des cérémonies dans lesquelles on pourrait craindre qu'ils n'entrassent en riralité avec ceux de la cooronne de France K

Sur ces entrefaites, le comte de Sandwich, après aYoîr, avec la flotte anirlaise, chassé les corsaires turcs de la Méditerranée, et fail une liartlie mais infructueuse tentative contre les vaisseaux mouillés derrière le môle d'Alger [31 juillet], reçut des Portugais possession de Tanger, qui faisait partie de la dot de l'infante [30 janvier 1662J. Le retour du printemps le rappela a Londres, et dona Catarina, ayant dit adieu à ses parents et h sa terre natalOy s'embarqua à bord du vaisseau de SiBLndwich[i3 avril], pour all^ trouver son futur ^ux, le roi d^Angleterre ^.

Ce mariage était pour mistress Palmer un sv\jet d'anxiété et de méfiance. Charles, pour apaiser Thumeur de son impérieuse maîtresse, redoublait d'attentions. Kn général, il dînait et soupail chez elle; il lui fit les plus riches présents ; il créa son mari, malgré lui, comte de Castlemaine en Irlande, avec réversion aui enfants mAles de sa femme, lady Barbara; et promit solennelleriâont qu'au lieu de la bannir de la cour, il la nommerait dame de la chambre de la nouvelle reine K

Enfin, après une longue et orageuse traversée, la flotte qui

1. CKuvres de Louis, i, liï, 131. Diimont, vi, part, ii, p. 103, 404. « Para se «bttengan y no concurran con los embaxadoraf j minfstroB de Y. Majestad

todns las fimcionos y cercmoni.'Uî publicas.» Diiniont, iliiil. Cette absence volontaire fut interprétée par Louis comme une reconnaissance do sa s'ip^riorite 4flr rang; ^ il egt amusant d' observer combien il en était vaiu : c Je no syais si depula le commenoement de la monarohie il s'est rien passé de plus gloriaBx pour elle... c'est une espcro d'homma{?e qui no laisse plus doubter à nos ennemis même que notre couronne ne soit la première de toute la chrétienté... G'etmt on malheur que ce tumulte de Lwidres: ce seroil maintenant un malheur qu'il ne fût pas arrivé. » i, 193, 186.

2. Kennet, Rêg. 51?-S17, 65S. Clar. 165. d. Pcpys, 836, S45, 964, 647.

CUAPnaË OIMZIËME. 541

fKnrtaii la fmc»m porti^iaise attoîgmiSpiilMad [iS mai] ; mais CbariM était letenu en ce monieiit à Lmidres par la nécessité léetteoa prétendue de terminer lesaffidres de la session, ^ns Fînter? aUe, on sollicita Catherine de renoncer k son droit de faire

célébrer le mariage suivant le rite catholique; mais elle exigea que le roi tînt son engagement ; et lorsqu'il arriva a rortsmoiiili, ils furent mariés [20] dans une chambre particulière par Taumônier de la princesse, Sluart d'Aubigny, en présence de Philip, depuis cazdinal Howard, et de cinq autres témoins qui avaient jnré nn profond seciet ^. De là, le roi la conduisit à û salle> an tnvers de laquelle on avait élevé une balustrade pour séparer la sodéÉé dtt roi de rassemblée; et Févéque de Londres- les ayant déclarés nuaiés au nom du Père^ du Fils et du Saint-Esprit, les rubans que la fiancée portait en profusion sur sa robe, furent coupés et distribués par petites portions aux spectateurs ^. En fait d'attraits et de talents, la nouvelle reine ne pouvait entrer en concurrence avec son éblouissante et redoutable rivale : cependant elle n'était pas dépourvue de beauté; son bon naturel et son bon sens donnaient du charme à sa conversation, et plus on la connaissait, plus on découvrait les aimables qualités de son cœur. Le roi fut agréidilement surpris ; il se tiouTa heureux d^avinr une telle Ismme; et il oonnaissaitsi peu son prcqprecoKir, qu'il se fiBta ï ses amis d'être dorénavant pour sa cour un modèle de fidélité conjugale K Le couple royal se rmidità petites journées à Hampton-Court, et vécut quelques jours dans la plus édifiante haruionie. Mais Tintention de Charles n'était pas de se priver de la société de Castlemaine, et elle ne lui laissa point oublier la promesse imprudente qu elle lui avait arracliée par ses larmes, En effet, il commença à la regarder comme ayant de nouveaux titres

1. D'après la EeJaxione Ms. del Maie Agretii, et la facuUé de célébrer le i^l^e «oeordée à Anbigny par SUIce/doyen du clergé catholique, daïée da

S. Mémoint de lady Fonsluiwe, 144.

a» Si Hume parle de c la personne plos qu'ordinaire» de Catherine; d'autres, qiU la connaissaient mieux, la peiprnent différemment. Clar. Corit. IGT. Clar»rap. m. Suppl. xx. Pepys, ii, 968, 271, 273. Charles lui-même, dans une lettre au dianoefier, ^le ainsi d*eUe : « Sa figure n'est pas atses régidîère pour qu'on l'appelle une beauté, quoique ses yeux soient fort bcriuv et qu'il n'y ait rien dans sa figure qui puisse le moins du monde choquer l ersonne; au contraire, je n'ai jamais TU dair plus agréable; et si je me connais eu physionomie, ce que je crois, elle doit être la meilleure femme du monde. Sa conversation, autant que je puis l'apercevoir, est excellente; car elle ne manque pas d'esprit, et son organe est tres-agreable. Vous seriez étonne de voir comme noua aTom déjà ftiit connaitiaBoe. Bu an mot, je me trouve très-henreuz. » Maefherson Pap. i, 9^, note.

54S flirOIE£ D'ANGLETERRE.

à sa protection : ow, iepuis Fairivée de la mm, •U0 lui artii donné lin ils, ^mi mari s'éiailMiaEéiBr toooatiMil, état la V110 ao aépiiar d'elle k Jtaués. Un jm, doue, pamnl parla nain c k dame x> ( c'est ainsi qu'on te déa^SMl habè^^

il la présenta h la reine au milieu dUine cour brillante. Ca&a» rine sut contenir son émotion sur le moment. Elle fit à sa riyale un accueil (It's plus ^'racieux : mais au bout de quelques instants ses yeux se remplin-nt de larnu^s ; le san^ lui jaillit du nez, et ou remporta pâmée dans son appartement ^ Le roi regarda cet incident comme une odbnio 4rèsî^?e. il dédara qu'il ne se soumettrait jamais aui: caprices de sa femme : il avait été cause de Tat» fronifail à Castlemaine, rbonneurrol%Mdi k lai iaiierépaiatîoa. Les cofnpagnens de ses dâMuchss applaudirent k sa fsnanli; tandis qn*Ormond et Qarendon se hasardèrent It \m représenter Findécence et la cruauté de cette nomination. A leur surprise, il re|>ondit que quiconque s'opposerait à son dessein deviendrait pour toujours Tobjet de son mécontentement, et que s'il voulait lui plaire, ils devaient (Muployer leur influence h vaincre Topiiiiàtrete de la la reine Clarendon eut la bassesse d'entreprendre une tÂche qu'il abhorrait; mais Catherine lefàsa d'écouter aon arô; et Charles, par ?eQgeance, Ut soomit ans pins péniMee mo^• ttfoati^. L*ambassadenr de Poringal îai iwAté à cause d^elle; ses femmes portugaises iNirent renvoyées dans leur pays ; Casttemaine était tous les jours introduite dans son appartement, oh la maîtresse recevait les attentions du roi et des courtisans, tandis que la reine restait seule et silencieuse, sans qu'on s'occupât d'elle. Elle soutint plusieurs semaines cette luttf» inégale : enûn le courage lui manqua ; elle consentit a accepter les services de sa rivale, et môme elle la traita avec bienveillance en particulier comme en public. Mais il était trop tard : Chaf les s'applaudissait fie pê^e TictQîirp #p)r ce qu'il appelait soq oéraclère opiniAto et volontaire ; et ceux qui avaient d'abord admiré sa fermeté» la déclarèrent une femme fedble et changeante K L^empire de Castleniehie s^établit. Elle faisait, il est vrai, son service auprès de Ca^erine; car telle était la volonté du roi : au scandale do tous les bons protestants, elle raccompagnait même à la messe; niais, lla(u> Uiutes les autres occasions, la maîtresse était le centre d'at-

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