CHAPITRE ONZIÈME
» ayez pitié do nous, » places au-dessus. A dater do ce nioincut, la maison était fermée, la sortie eu était inexorablement interdite pendant un mois ; et les malheureux habitants étaient condamnés k rester soos le môme toit et à se communiquer la mort les uns aux autres. Beaucoup d'entre eux succombaient aux horreurs de leur situation : d'autres, poussés par le désespoir, trompaient la Tigilance ou corrompaient la fidélité delB watchmen, et en s'échappant , au lieu d'éviter la contagion, servaient à la disséminer 3" On pourvut aussi au prompt enterrement des morts. Le jour, des officiers étaient toujours aux aguets pour soustraire aux regards du public les corps de ceux qui expiraient dans les rues; la nuit, le son d'une cloche et la lueur des flambeaux annonçaient rapproche du tombereau de la peste, qui faisait sa ronde pour recevoir les victimes des dernières vingt-quatre heures, il n'y avait pas de cercueils préparés; on ne célébrait pas de service fùnèbre; on ne permettait à personne de suivre les restes de ses parents ou de ses amis. Le tombereau se rendait au cimetière le plus proche, et versait sa charge dans la fosse commune, trou vaste et profond, capable de contenir quelques vingtaines de corps, et creusé dans le cimetière, ou, quand le cimetière était plein, sur les confins de la paroisse. La conduite des hommes commis a ce soin, hommes pris dans le rebut de la société, et étrangers h tout sentiment de moralité ou de décence, otTre des exemples dont il serait difficile de trouver Téquivaleut dans les annales de la dépravation humaine^.
La maladie s'annonçait généralement par les symptômes fébriles ordinaires ; le firisson, les nausées, le mal de tôte et le délire. Quelquefois ces affections étaient assez légères pour être regardées comme une faible et passagère indisposition. La vic^ time ne voyait pas ou ne voulait pas voir rapproche insidieuse de son ennemi; elle vaquait a ses occupations habituelles jusqu'à ce qu'une faiblesse soudaine survînt : alors les taches, les mar-
1. Ceux qui s'échappaient ainsi, s'ils étaient pris en compagnie d'autres perftoaaes et reconnus avoir sur le corps des ulcères contagieux, étaient passibles de la mort «oaune félimt; v^wnimX pM d'sloènt» lU Ment ooniidérés comme vauriens et vagabonda. Stol. Ibid.
d. Rugge, Mi. 573. Echard, 893. Hodgea, Loimologia, '23. De Foe, Hist. de la peste de Lon lres. Quoique de Foe, pour produire un efTet dramatique, ait écrit comme témoin oculaire, ce qu'il ne pouvait être, sa relation, quant à la substance dea fidta, eat confirmée par tontes les autres autorités. Hodgea et de
Fot> attribuent aussi la mort de beaucoup de gens à la cupidité de leurs gardemalades, qui les faisaient périr pour s'emparer de leur argent et de leurs bQonx.
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ques fatales paraissaient sur la poitrine, et en une hmn die n'était plus. Mai- dans la plupart des cas, la douleur et le délire ne laissaient pas dr doute. J,e troisième ou le quiitriènie jour, des bubons ou charbons poussaient; >i on pouvait les faire suppurer, on pouvait s'attendre à guérir; s'ils résistaient aux ellorts île la nature ei à riialMleié du médecin» la loori était inévitable. La MUfiraiice jetait souvent 1m maladee dans des Mcèe de frénésie. }ls arr^cbaienl lee iieiif qjsà les leleMiesl ssir kiirs lite; ils es précîpilMeoi pir les teMtres; ils fiomaient toal nm dtiie k rue et se plongûsjeoi dans la rivière K
Im esprits les plus fi^rts étajeni frappés de stupeur \ Tespeet de cette scène de douleur et de désolation ; les faiblee et les crédules deve naient les dupes de leurs craintes et de leurs imaginations. On répandait 1rs ( onirs les plus invraisemblables et les prédictions les plus ellrayanles. On allluail aux ditferents cimetières pour voir les âmes des morts errer autour des fosses où leujrsfiorpsavAieDlélé déposés ; et nombre de gens croyaient avoir fu dans les cieux une épée flamboyaale, fui s^éteadait de WesW moMlat à la Tour. Peiir ijouter à la terreur, finreal les fana- IkUÊOgj Vdêù seataîettt appelés à jouer le rôle de pr^hMes. Un d^entie em, dans on état de nudité, f aroonrait la Cité, portant sur la tête un réchaud plein de charbons ardents, et proaamaât les jugements de Dieu sur les coupables habitants; un autre, faisant le personnage do Jonas, criait sur son passage : ce Encore » quarante jours et Londres sera détruite ; » et Ton en rencontrait un troisième, tantôt la nuit, tantôt le jour, marcliant d'un pas précipité, et s^écriant d'une voii creuse et sépulcrale : (( Oh l le I» grand et terrible Dieu I »
Durant les^niois de juillet et d'août, le temps fut étoufiRant, la chaleur de plus en plus aeeablante. Les parolsaes de Test, qui d'a)K)rd avaient été épargnées, derintent le l^rer de la peste ; et les plus riches boniigeûia qu*eUoarait respectés jusqu'alors, par« tagèrent les souffrances de leurs voisins moins opulents ^. Dans beaucoup d'endroits, les règlements dos magistrats i es>erent de pouvoir être exécutés. Les nuits ne suffisaient pas à renterre-