‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 248 sur 276 · CHAPITRE DOUZIÈME. Ô · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME. Ô

en avait tu d'autros jeter des grenades dans lea maisons en passant dans les rues; que les ennemis étrangers s'étaient ligués aTeo les répablioaina ei les papistes pour brûler la dté ; et que les Français résidant dans la capitale, au nombre de ringt miUe, avaient pris les armes et massaoraient tous les Anglais qui se < trouvaient sur leur chemin. Ces bruits augmentaient la terreur et la conrusiuli ^(ôncralos. Tout le monde était pèle-nuMo : les hommes travaillant h étoindroles flammes, les lu)ur^(M)iH emportant leurs familles et leurs biens, la foule de ceux qui fuyaient le massacre imaginaire, d'autres en armes courant i)our s'opi»oser aux assassins, et la populaoe entourant et maltraitant tous les inconnus, les étrangers et les personnes soupçonnées d'ôtre papistes qui s'arenturaient dans les rues.

Jamais Qiarles ne parut ai profondément aflécté qu% la Tue de Tincendie. S'arradiant \ ses plaisirs et k ses midtresses, il déploya une énergie de corps et d'âme dont ses amis les plus intimes ne le croyaient plus capable. Partout où le danger semblait le plus grand, le roi se trouvait avec son frère, se môlant aux travailleurs, les animant de son exemple, et réconjpensant leurs efforts de sa propre main ^ U divisa la cité en districts, et donna le commandement do chaque district à un membre du conseil privé. Il ût apporter des magasins royaux des biscuits et autres objets de premi^ nécessité pour secourir les familles qui étaient dans les diamps, et il Ût oirôuler de fortes patrouilles de ses gardes pour empôcher les yols^et ccmduire en prison toutes les personnes soupçonnées ou arrêtées par la populace, comme le moyen le plus propre h leur sauver la vie.

Tant que dura Torage, Tineendie brava tous les efïbrts de Tadresse ou de la puissance humaines. Dans beaucoup d ( lulroits, on avait fait sauter ou démoli les maisons; mais les flammèches étaient emportées pai^dessus les espaces vides, ou les ruines reprenaient feu, ou les flammes suivaient tout à coup une nouvelle directimi. Dans la soirée du mercredi [5 sept.], la violence du Vent commença à diminuer; le duc d'York sauva l'église du Temple en faisant abattre les bâtiments voisins; et le lendemain mtftin, le roi eut recours k une précaution semblable pour préserver Tabbayc de Westminster et le palais de Whitehall. Vers

1. «On ne saurait Traiment s'imaginer quelle vigilance et quelle activité extraordinaires le roi et le duc ont déployées, travaillant même en ptrioflliej «t étant présents pour commander , dir^er» récompenger ou niooanger Lm trtiv TaUieun. » fivâyn, u, SOS. Vit do Jaoqoei, x,

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cinq heures da soir, le temps deyint calme; et Tespoir que ce terrible fléau touchait à sa fin fit battre tous les cœurs. Mais

dans la nuit on eut de nouvelles causes d'alarmes. Le feu éclata de nouveau dans le Temple; on le voyait brûler avec la môme fureur près de < Iripplegate, et un volume considérable de flammes s'avam^j-ait rapidement v(ts la Tour. Le duc et les autres seif^neurs furent aussitôt à leurs postes. A Taide de la poudre on fit de larges ouvertures [7]; Charles assista à la démolition des maisons du fossé près du magasin de la ïoor ; et Tincendie, ne pouTant plus éttendre ses rayâges, s'apaisa par degrés, quoiqu'il s'écoulât des mois avant que cette immense accumulation de ndaes cessât d'oflrïr des apparences de chaleur et de combustion intérieures

Par co déplorable accident, les deux tiers de la métropole, tout Tespacc entre la Tour et le Temple, avaient été réduits en cendres. Le nombre des maison^ eonsumées montait a 13,200; celui des églises, y compris Saint-l*aul, à 81), couvrant 373 acres au dedans des murs, et 63 au dehors. Dans les champs qui avoisineut Islington et Highgate, on voyait, couchés sur la terre nue, ou sous des baraques érigées à la hâte, deux cent mille individus, beaucoup dans un dénùmént complet, et les autres veillant sur les faibles débris de leurs eflèts qu'ils avaient arrachés des flammes. Charles était infatigable dans ses efibrts pour les sou* lager et leur procurer des logements dans les villes et les villages les plus voisins 2.

Quiconque considérera rendioit oîi le feu commença, la violence du vent et les matériaux dont les maisons étaient bâties, ne sera point en peine de s expliquer Tori^Mne et l'étendue de Tinccndie. Mais dans ce siècle, les préjugés politiques et religieux avaient perverti le jugement des hommes. Les uns le considéraiei^t comme un châtiment maniteste de la Providence*; maïs pour quel péché ? L'immoralité du roi et des courtisans, répondaient les religionnaires les plus rigides; la dernière rebéllkHi, récriminaient les Cavaliers Les autres Tattribuaient h. la dé-

1. Gazette de Londres, 85. CSm. B18-3.')2. EréLyn, II, 963-8tf7. PhUips. 6».

Burnct, i, 401, 402, et Pepj s, Joum* m, 16-^.

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