‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 250 sur 276 · CHAPITRE DOL/.IÈME. 58t · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOL/.IÈME. 58t

soutenait que le devoir du parlament éUU 4e protéger les iniéréto i'«grkiilkire ; ce qui comprenait nonnieulement iet fermiers et leura domesdqiiei , mai» tous les propriétaires da rp^aume : do rautfo , que le peuple atait le droit d'acheter sa nourriture aux UArAés les moins ofaers; qu'il était injuste de proléger les intérêts de Tun aux dépens de ceux de Tautre; et que si Ton no permettait pas aux Irlandais d'exporter leur bétail, ils ne pourraient importer les produits des iiKiimiactiires au^^laises. Après une loîïgue eontestation, le bill fut transmis aux lords, et renvoyé par eux avec des amendements que les ( oniniunes repoussèrent. Les adversaires de la mesure espéraient, en fomentant la dissession y faire rejeter le biU. Mais le roi avait tellement à cœur de ne pas perdre par des retards la somme qui arait.été rotée, et était H alarmé des assemblées tumultueuses des eultiTateurs en prarâce, qu'il commanda au duo d'York et à ses amis de la <Aamlire des lords de se désister de leur opposition* Os se letirèr^ awanlla division, et laissèrent adopter le bill ^

Le bruit courut que les sommes votées pour la guerre avaient été detuuruécs de Icîir destination , et les communes adoptèrent un bill pour nommer des commissaires cliarjîés d'examiner les comptes publics. Charles, à l'instante sollicitation de sir George Carteret, trésorier de la marine, et de Cooper, lord Ashley, trésorier de l'argent des prises» déclara ouvertement qu'il n'y con* seiUîrait jauiais* G'étail un empâtement direct sur la i^én^ative leyal» : on ne voudrait plus aocepter de charges, si au lieu de la manière régulière d'eiaminer les comptes , on dsvait être ioterlogé à vokmté par les communes , et soumis aux jugements arbitraires de cette chambre; et, ce qui était l'argument le plus fort, ce serait révéler au public les dons noinlireux et considérables que le roi avait faits a ses favoris et a ses maîtresses avec l'argent de la nation. Mais en s'y opposant ouvertement on pouvait faire naître et coulirmer des soupçons : quand le biU parvint à la chauibre iMuite, les kNKis votèient une adresse ail im pour le prier ^

1. Mise. Auî. 483, 436, 437, 439, 446. Coke, 181-144. Clar. 371-383. Carte, n,

317-329, 339-:i3'l. Dans le cours .le ces débats, Buckingham dit que quiconque s'opposait au bill devait avoir un intérêt irlandais dans le cœur ou une intelligenee irlandaise dans la tête. Lord Ossory lui envoya un cartel; mais U jugea à propos de se méprendre sur le lieu du rendez -vous et de rendre comi t'- <le toute rafTîiiro à la chambre. On les arrêta tous deux, et ensuite on les reconcilia. Apres il se querella avec lord Dorchesier au sujet d'une place dans une conférence arec les communes. Le marquis, dans la rixe, perdit sa perruque, et le duc une poignée de clieveux. Les deux champions furent (>nv(iyés à la Tour, puis réconcUiés. L. Journ. xu, 18, 19, ôâ. Clar. 876-37U. Misa. Aul. m-4a(j.

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mer tine commission d'cnqnAte ; les communes décidèreat qu'une telle adresse , tamUs que le biU était pendant , n'était pas paile» mentairOf elles deox chambres se troayirent engagées dans une contestation sans fin au sujet de leurs droits el de leurs privilèges. Mais Charles foi alors assailli d'un autre <^té. Ses adversaires menacèrent de mettre en arcnsation la comtesse de Castlemaine; et le désir de la préserver de cette poursuite lui fit employer tonte son intliionro en faveur du bill. Les loids raduplèrent avec qucffjuos anicndt'inents sans iniporlance janv. 16(>7]; et alors ceux ( jui l avaient soutenu, comme si leur seul objet eut été d'exciter la défiance de la nation, au lieu de consommer une mesure qu'ils avaient si diaudement appuyée , laissèrent le bill sur le bureau sans plus s'en occuper. On arrêta que les sommes votées seraient levées an moyen d*une capitation et par onze impositions mensudies , et le roi , étant arrivé à ses fins , prorogea le parlement» [8 février]..

Pendant cette session , le conseil fut sérieusement alarmé par kl nouvelle d une insurrection en Ecosso. insurrection attribuée d'abord aux intrigues du rétranger, mais provotjuee en realité par la persécution religieuse. Les comtés de Test et du nord avaient acquiescé en apparence au rétablissement de Tépiscopat ; mais dans Touest et dans le midi, il s'était mauifesté un violent esprit de résistance. La plupart des minisires forent destitués et remr placés par des ecdésiastiques dont la jeunesse et les habitudes n'étaient pas propres h les rendre agréables au peuple. Quand ils prirent possession de leurs cures , ils furent généralement accueillis avec des outra^^a^s, quelquefois h coup de pierres, par des rassemblements de femmes et d'enfants; et quand ils nionlèrenl en chaire, leurs églises (uK^nl al^andonnées parla majeure partie dos paroissiejis : ceux-ci suivirent leur ancien pasteur dans la grange ou sur la lande ; les circonstances dans lesquelles ils se réunissaient enflammaient Penthousiasme du prédicateur et de son auditoire ; et ils se séparaient avec une ferme déierminalioii

^ 1. L. Journ. xii, 31, 47, V.), 7-3, 88. C. Joum. 1>4 fév. 7 lev. Clar. 368, 374. Charles, toutefois, dans le mois d'avril suivant, nomma une commission de lords et de membres des communes, « pour se faire rendre compte des diverses sommes d'argent qui avaient été Ii vées et assignées à l'usage de Sa Majesté durant la guerre, et de tout l'argent et de tous les proiits qui provenaient des prises faites depais le oommencement de la guerre, avec le poaroir de demander des comptes à toos les trésoriers , receveurs , etc. , et toute l'autorité qui pouvait servir à l*exécutîon eflective et impartiale de ladite eommission. - T.es COflBinissaires siénèrenl, continuèrent l'enquête pendant plusieurs mois, et tirent des r.i]. ports à la chambre des commoncs. Il n'y eut pourtant aucun résultat Moporuni. *

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de rester fidèles au covenant national, et de s'opposer jôsqa'à la * mort h. «Fantichrétieniie)» institution des évêqiràs. Le parlement fli des lois pour détruire les cimyenticttles et forcer a la Mquentation de Féglise paroissiale ; la cour de haute 4X>mmission tAcha

de soumettre les. plus opiniAtres par des punitions arbitraires et disproportionnées; et comme dernière ressource, un corps de troupes, conmiandé par sir James Turner, fut envoyé dans Touest pour lever des amendes et assurei' obéissance a la loi. Sans ajouter une foi entière aux récits exei^^érés des victimes', on peut présumer que ces missionnaires militaires ne s'acquittèrent pas de leurs fonctions de manière à concilier el à satisfaire les indigènes ; il y eut des rixes nombreuses entre eux et les religionnaires ckez lesquels ils étaient logés ; un dejs soldats fut tué d^un coup de feu h Dalry, dans le Galloway [14 nov. 1666] ; les meurtriers s'assurèrent de leurs -camarades par mésure de sûreté; leur nombre s'éleva promptement h deux cents ; ils surprirent et firent prisonnier sir James Turner lui-même [15]; et, «'tonnes d<' leur succès, ils commencèrent h délibérer sur ce qu'ils avaient ii faire.. Ils ne furent jamais plus do onze cents ; mais |»ar la raison que « Dieu pouvait sauver par peu aussi bien que par beaucoup, » ils élurent des oiiiciers [26], renouvelèrent le coveuant , et résolurent de marcher sur Edimbourg. Ils passèrent à Ratligate la nuit, qui était froide et sombre ; le matin, -comptant sur Taide de leurs amis de la ville , ils continuèrent d'avancer ; mais les portes furent fermées ; et Tarmée royale, sous les ordres de Dalziel, suivit leurs pas. Ils se retirèrent de CoUingtown à KulUon-green , près des monts Pentlaud , oîi leur chef, le colonel Wallace, fit face a Tennemi [28]. Deux des ministres qui les accompagnaient, (Irookshank et Macconnick, qui étaient Irlandais, se placèrent au milieu de la cavalerie pour prendre part au combat du Seigneur; Welch et Semple, qui étaient Ecossais, montèrent sur une éminence voisine pour prier. Les premiers périrent dans la première charge ; les derniers , dès qu'Us virent la bataille perdue, cherdièrent leur salut dans la Mte. Environ cinquante des insurgés furent laiasés morts sur la place, et cent trente* furent faits prisonniers. A cette époque, le gouvernement aurait peut-être pu produire quelque effet par la clémence ; mais les prélats jugèrent

1. Turner dit lui-même : ' Tci je prendrai congé une fois pour toutes pour écrire une vérité incontestée, qui est que je suis si loin d'avoir excède ou iraiis-

Sressc ma conunMoB oa OMt Smtniotlotts, que je rail raté Un^oois «a deçà. » iémoirfi, 144.

ùiyiiizea by v^OOgle

6M HISTOniB D'AmLITSRIlB.

' plus [n udriil li iiiliiiiider par la sévérité : vingt do ces mallu ureiix fun'iit exéculég dans la capitale, et environ le môme nombre à Uiaagow , à Ayt et h Duœfriefi [7, 14, 22 déc.]. Tous rdfuAèreol la sameni , et moururent en profmnAt leur «dhésioB au cov»* iMtDl. le roi oidoone de faire une eimiièto rig «raréuie eur Tori^ gitte de rioraireetioni et lee prinoipaui prisoniliers furent torturéi dani les «brodequins* » U n'y avait pu de doute qu'ils ayai«it reçu des promesses de leurs frères de Hollande ; mais la torture ne put leur iu rac lier aucune révélation ; (.harles acquit la conviclioîi <|iii' la persécution les avait poussés à la résistance; çi ou «Idinia Tordre que les whigs (nom sous lequel les covenanlairi s utaieot alors désignés) fussent traités aveo moins de sévérité ».

La répression de oê tumulte délivrait le roi d'une inquiétude; mais U en restait une autre <ia'il ne savait comment calmeri la pauvreté de Téobiquier. Pour mettre la flotte en état fl follait surle-champ des fonds, et eeu qu'avait accordés le psrlemeat,

.quoique conndérsbles , n'oflMenI qu'une ressource éloignée. Dans les années précédentes , les banquiers, riches particuliers, membres de la compagnie des orfèvres et.aldermen de la Cité avaient proiiifitcnient pourvu aux besoins du roi. Il était d'usage de les introduire» vn sa présence ; ou leur faisait connaître le chiffre de Temprunt projeté ; chacun d'eux souscrivait pour la part qu'il lui convenait de prendre» et il lui était assigné en retour quelque branche du revenu publio» au produit de laquelle il avait droit jusqu'à ce que le capital, aveo Tinlérêt k huit pour oenty fdt entièrement remboursé** Ifads cei eipédient était devenv ImpmticaUe en raison des mbarras causés psr la pesta et

1. Kirkton, 909-355. Wodrow, S47-S56, ^pp. 86, 87. 88. Burnet, i, 451. Mén. de Turner, 1 19-187. < Les pauvres gens, qu'on appelait whiggs par metirîs, donnèrent leur nom à tous ceux qui suivirent une cause honnôte en Angleterre, qui furent appelés whiggs d'après eux-mêmes à la cour d'Angleterre ; tant la ProTidence profite étrangemem des erreort de rhomme pour accomiAIr les det- Mlai du MeiiMt 1 » Kimon, S55.

2. Clar. n93-39n, 314, 31.^. Vio rie Jacques, i, 42.'. Miicphi rson, Pap. i, 36Y.Ltt banquiers avaient coutume d'exiger 8 p. sur les emprunts , et de donner 6 p. sur les dépôts. On peut voir le mode de payement dans Tordre suivant, dowîs en OMiMil et publié au mois de mars de eerUe année : « Que toutes les personnes qui avaient prêté do l'argent pour le service de Sa Majestf <lans In Présente guerre, sur le crédit du dernier acte pour V2ijfi00 liv., dont les ordres etekmt sous les n** 99, 100, et ainsi de suite jusqu'à 196, fissent attention qa*il restait «le r:ir'«'nt yunir oux dans la banque à la recette de réchititiier de Sa Migesté. uour payer leur principal et les intérêts, et qu'ils eussent eu conséqmMce à islre porter leura ordm ck eoopons respectifs à l'échiquier et à doD> ner leurs quittances, afliKllfUt pttWUlt reotTOir IMi pfèH «1 iBiérètS 00||l«r> mement audit acte. »

Fineendle dans lei tnoiiaolloi» meroantilei ei pécuniftim. banquiers avaient essuyé des pertes considérables; Targont était

devenu rare ; la destruction des marchandises avait diminué les recettes des douanes et de l'accise, et rinlpuissanco où était le trésor de remplir ses engagi^nicnts avait fait baisser le crédit royal. Dans une heure fatale , sir William Coventry proposa de désarmer les plus grands vaisseaux et de n'équiper que deui escadres de frégates légères, Tune pour inquiéter le commerce

! de Fennemi dans la Manche, et Tautre celui de Tocéan Germanique. Le duc d'York objeota ayec beaucoup de force qu'un tel

! expédient était en réalité Fabandon' de Tempire des mers et une inritation aux Hollandafe dMnsulter les cAtes d'Angleterre et de

i piller les comtés maritimes. Mais la difficulté de se procurer de Targent, et Tattonte d'une paix prochaine, eurent plus de poids

I sur le reste du conseil; et Charles consentit k une mesure qui

; par la suite lui causa de plus vifs regrets, et le couvrit d'une honte plus inefîaçable qu'aucun autre acte de son gouvernement!

I Le roi de France, qui avait achevé ses préparatifs pour l'invaaion de la Flandre an printemps, avait à cœur de se délivrer du poids de la guerre aveo T Angleterre. Par.Ruvigni, cousin germain de lady Russel, et agent des protestants firan^ k sa cour, il persuada an comte de MnV-^ban's, qui, disait-on, avait épousé secrètement la reine mère, de se rendre à Londres pour ' sonder les dispositions de Charles. Le roi d'Angleterre désirait vivement de tenter de nouveau la fortune sur mer; mais la dif-ficulté d'équiper la flotte triompha de sa lépiignance h traiter, et il consentit à envover des commissaires h Brcda, h condition que la négociation serait accompagnée d'un armistice i [1^ déc. • 1666]. Louis éprouva de plus grandes difficultés de la part des Etats, qui, sentant que son projet de oonquérir la Flandre pouvait porter préjudice à leurs intéfàs, dierchèrent k le détourner de son dessein en oontlttuant la guerre dont it avait pris depuis peu rengagement de ne pas se retirer sans leur consentement. Mais le monarque, irrité de leur objections et de leurs délais, trouva un moyen de tromper leurs espérances. A Tinsu des ministres des deux cours, il ouvrit une négociation secrète avec Charles. Les deux princes adressaient leurs lettres h la reine Henriette Marie, Louis comme a sa tante, Charles comme à sa mère, et cette princesse les faisait passer k leur destination sous enveloppe

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