CHAPITRE DOUZIÈME
noQcer à C6 projet. Sur ces entrefaites^ les négociateurs hoUandaiSf qui ayaient prolongé à dessein les conférences de Breda^ commencèrent à s'alarmer des rai^des progrès de Farmée Iran»
S 'se en Flandre ; car Louis ^ peu après son ^aité sécrei ayeo arles, passâtes frontières [llmai]ayec une arméedesoixante» dix mille hommes, commandée nominalement par loi, mais en réalité dirigée par Turenne. Castel-Rodrigo, le gouyemeur espagnol, démantela plusieurs forteresses; Binclio, Touriiay, Oudonarde, Courtrai et Douai ouvrirent leur portes, et Louis était oenijK' au siéj^o de l.iilo, lorscjue les Ktals se liAlèreut de retirer leurs objections aux propositions do PAnglcterre, atln d'avoir le loisir do se défendre contre Fanibition de leur puissant allié ^ Trois traités furent signés le même jour [21 juillet] par les commissaires anglais. Dans le premier ayee la Hollande, il était sti* pdé que les deux parties oiÀlieraient les tortipassés et resteraient dans leur condition présente, ce qui coafirniait aux étals la po»* session de Ttle contestée de Pnlorone, et aux Anglais leurs conquêtes d'Alhany et de New-York. Par le second avec la France^ Louis obtint la restitution de la nouvelle Fcosso, et Charles celle d'Antigue, du Montserrat et une partie de Saiut-Cliristopho ; et par le dernier avec le Danemarck, qui avait pris part à la guerr<? comme allié des Hollandais, les relations d'amitié étaient rétablies entre les deux couronnes*.
Il n'y ayait rien dans les conditions de paix qui dût mortifier Forguc^l de la nation ou porter préjudice à ses intérêts; cependant les calamités qoi ayaient accompagné la guerre, la peste, rinoendie et Taffront reçu k Chatham, quoique aucnne prudence
1. Le Kiiccès Û» Louis eut pour rÂngletarre un avantage miquél oaHei^At* tendait pas : il engagea « un nommé Brewer, avec environ cinquante Wallons,
qui travaillaient et teignaient des drapg fins de laine, à omiprer dans ce royaume ; « le roi les' accueillit, contnùrement à noire iiarbare loi, ou plutOt eoQtnme, qui reffase aux étrangers la jouissance des avantages de VAnglais de
naissance, et par eux les An(zlais, on qiu'ltiiies années, apprirent h, faire et à teindre des draps lins d*' laine, à 4U p. meilleur marcUé qu'Us ne pouvaient le faire auparavant. ?> Coke, ii, 161.
S. Vovez-les dans Dumout, VII, part, i, 40-57; Mém. d'Estrades, iv, 305-498; ToBple, i, 481. Lorsque la flotte hoUandols» partit de la rifière, le roi résolut d'assembler le parlement. Clarendon objecta qu'on ne pouvait le faire légalement avant le 10 d'octobre, jour auquel le parlement avait été prorogé. Le seul remède était de distendra le parlement aetael et d*en eonvoquer mi nonvean. Mais on passa par-dessus cette objection ; et les deux chambres, conformément à la proclamation du roi du 96 juin, s'assemblèrent le 25 juillet. Mais on n'avait plus besoin de leurs st rvices ; la paix était déjà signée ; et Gharlçs, le 3tf, prorogea le parlement au 10 d'octobre; mesure qui excita beaucoup de plaintes, à caase de la dépense et du dcran-romont qu'on avait fait subir aux membres sans nécessité. Voyez Clar. Contin. 4;2l-4^, 4â7. L, Journ. xii, liS-U4.
5U2 ui&roau:; d aihgletekiie.
hcnnaîne ne pAt rien sur les deux premiers, âyaient aigri les esprits, et Charles, qai aTait à cœur de détourner leur attention de ses dérèglements, n^élait pas Soigné de sacrifier ime victime an
mécontentement public. Depuis la restauration , Clarendon arait exercé In pouvoir do premi(»r ministre, quoique sans en avoir le titre, et il dait devenu do moile d'aUril)uer à ses pernicieux conseils toutes les calamités nationales. Il faut avouer qu'avec un jugement sur et des talents brillants, il avait trouvé moyen, soit infirmité de nature, soit nécessité de situation , de se taire des on n émis dans toutes les classes. 11 s^était aliéDé les courtisans par la^bauieur de ses manières et son opposition perpétuelle à leurs demandes, è« leurs projets et h leurs profusions; les amis de la liberté , par son én^^e à défendre tous les droits qu^il croyait appartenif la prérogative, et son antipathie marquée pour toutes les doctrin«>s qui lui paraissaient sentir le républicanisme; et les catholiques, lès presbytériens et les diverses classes de dissidents, par ridée qu'il leur avait donnée (\yn) c'était sa résistance opiniâtre qui avait réussi a les priver de Tindulgence promise par le roi aux consciences timorées dans la déclaration de Breda. Il avait oiïensé la chambre des communes en lui reprochant de fêtre conduite comme le long parlement, et la chambre des lords , en se plaignanC qu'ils laissaient les communes prendre rinitiative des affaires publiques, et se contentaient de maintenir leurs propres privilèges Le roi , il est vrai , s'était habitué à l'écouter avec respect, presque avec crainte. Mais ces sentiments s'effacèrent peu à peu. Les courtisans contrefaisaient en sa présence la gravité de (llarendon; ils touinaient en ridicule sa personiHî et ses manières ; ils l'accusaient de motifs intéresses , et le représentaient connue un pédagogue morose , qui prétendait conserver sur l'esprit de l'homme la même autorité qu'il avait jadis exercée sur C^lui de Tenfant. Charles riait et blâmait ; mais à force de les renouYoler, ces insinuations fMroduisaient insensiblement de reffety-et des sentiments de défiance et d^aversion s*é?eillaient par mteryalle dans le cœur du roi. Clarendon laimême ne manqua pas d'aider aux efforts de ses ennemis. Il contredisait souvent les opinions favorites du roi ; parfois il faisait passer dans la chambre des mesures contraires h son avis, et, en plus d'une occasion, il s'oublia au conseil jusqu'à parler avec une véhémence et une autorité qui blessèrent 1 orgueil du mo-