‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 256 sur 276 · Ckr. 434. Pepy iij» 9b7, SS3» Urto, ii, 347, m · texte numérisé non relu

Ckr. 434. Pepy iij» 9b7, SS3» Urto, ii, 347, m

ôM HISTOIRE D'ANGLETERRE.

outre Tacrusation de vénalité et d'ambition. Les présents ([u il avait été dam ThabiUlde de recevoir de tous ceux qui recherduuMii fon amitié oa ta protection fiir^nt cités comme preuves de M rapteilé; le magnifique édifice gpptAé Oarendoii-kHiae était, k ce fu^oft diiaii, nfort an-deasuade» reaaouroaade aali»>» tane pri?ée , quHl avait dû être élevé à Taide de mnmes reçues dee ememis de aa patrie, et le mariage de aa fille aréole duc dTork (ùt attribué h son désir do devenir père d'une race de «KH narques : désir qui Tavait conduit on outre h introduire dans la couche royale une princesse storilo, afin que la lonronno parvînt aux enfants de la duchesse ^ ('otlo dernière accusation fut nonseulement répandue dans le public, mais insinuée à Charles luimême, enrinformaDi que le parlement^îonvention aurait assigné à la couronne un reveou beaimup plua ooiiaiéérable, si sa libé« nOilé ii*eûl M aff«lée par la jalousie ou U pféaomption de O»imion 3. Si te roi parai écouter oea suggedtkma, il refauail too^ joura de cnm que le chancelier edt été infidMe k aes devoini daB8 aucune occasion importante ; mais il était tous les jours assiégé par Buckinjïhatn, Arlinf^ton, sir \\ illiam Coventry et lady Castloninine, qui lui ro})rosenlaient le mécontentement de la nation , le {louvoir des ennemis du chancelier et les conséquences probables d'une accusation au parlement; et il finit par faire savoir à œ BAimstre, par le duo d'York, qu'il attendait sa démission couun^L un mofon de se gaiantir d'une poursuite, et d'épargo^ à sçti soRverdR la elM^pin de lui 6ter sa ^aee.

Mais la fierté dedareudoiidédaigiiadeoéderàrofage^etle sentiment de sou iunocence le décida à lititver la maheilknee ses ennemis. Il se rendit auprès du roi [26 août], et déclara qu'A était tiétorminé à ne pas donner sa démission : ce serait s'avouer coupable ; il témoigna l'espoir qu'on ne lui oterait pas le sceau : ce serait prouver que son souverain était mécontent de ses services, et le conjura de ne point croire aux suggestions de lady Castlemaine, qui était une Cenine irritée et vindicative. Après Une conférence de deux heures, il se retira, laissant le rm désaj^poinlé

\, «Jusqu'à quel point ce soupçon a pu entrer dans respilt 1^ hU luèaie, our le décider à se défaire plus aisément de son miniafert, j9 lâktfl »ax — twa

le deviner. » Vie de Jacques, 393. Burnet, i, 435.

2. Quelques t'i-ns ont jK-nsé, non sans vraisemblance, que cette nécrli pence de sa part provenait du soup(;ou que le roi penchait intérieurement vers le papisme. » Vie de Jacques, 393. Au contraire, il est dit par sir WiUiam Coventry qu'elle provenait d'une o [à ni on exnp^érée de sa propre influence, at de l*i<léio « qu'il pourrait toujours disposer dtîs paricBitint«. » Pepyg, iv, 376.

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par son opiniAtreté, et olfeusé de ses allusions à « la dame. » Le dm- (TVork plaida fortement en faveur do Itpau-ptTO. Mais lui-mèni»' n'était plus en faveur; rinfluence du frère dut céder à celle de la maîtresse y et le obancelier reçut par Morrice Tordre positif de reraeUre le grand sceau [30 août], qui fut oonfié h sir Orlando Bridgeman, premier préeideot des pifddf eommoiit S

Au bout de six semaines [10 oci.], le parlemant s'assembla. Buckingfaam avait été préalablement rétabli dans ses places an conseil et h la chambre du roi, et Bristol, sortant de sa retraite, avait reparu h la cour. A une adresse des deux chambres qui le renicK iaient d'avoir renvoyé le chancelier, le roi répondit en pronictlant do ne plus l'appeler à aucun emploi quckofiqno. reut-ùlro par cette promesse espérait-il satisfaire les ennemis do Clarendou ; mais ils ûreut valoir que VhsmmQ d'état dis^^racié pouvait, quelque jour, rentrer en faveur auprès du souverain, ou être rétabli par son' geadre» si ce princa parvenait au trône; leur sftreté personnelle exigeait des précautions contre sa vangeanoe future, et, pour consommer sa ruine, on résckit da le mettra en jugement. On dressa, dans un comité do la cbambro basse [6 nov.], dix-sept chefs d'accusation, qui lui imputaient des actes de vénalit»' et de cruauté dans Texercice de sa charge de chancelier ; racqni>iti(m do richesses énormes par dos moyens illicites; la vente do Dunkorque h la chambre; la ro vola lion dos secrets du roi à ses ennemis , et le dessein d'établir un gouvernement miii taure sans rjuterveotion du parlement. Mais rien daplusiiréiguliar que les procédures à cette occasion. On n'exigea aucune piècB| on nHnterrogea aucun témoin; les diverses inculpalioBS furent admises sur la foi de memteos qui s^ongagteent à fournir des prouves quand on le jugerait néceasaire^ et les communes en corps accusèrent Clarendon, k la barre de la chambre des lords, de hante trahison ot autres crimes et méfaits, requérant en même toin[>s qu'il fùi détenu jusqu'à ce qu'elles eussent exhibé les arkides coutie lui ^ [12 nov.].

1. Clar. 423-4i>5, 427, 4:<V440. Vie de Jacq. 4â1-m. Maci»hersoii, Pap. 138. Pepys, 111, ^y2f 338. Pepys raconte un trait risible de Castlemaine, qui, lorsqa^elle sfyprtt verê midi que Clarendon qolMé lé roi «isfès leur enlNfViiê, sauta hors du lit et courut à la volit'rc pour observer sa contenance h son pasgage. 334. — Bridgenian fut malheureux dans sa promotion. Craignant de se tromper dans ses aeri>ions, il tâchait de plaire à drôite et à gauche, et dOMMit toujours raison sur (piel([uc point aux parties CODtendailtei à aacour. IlMpiTdit de réputation. Vies de North, etc. i, 17U.

a. C. Journ. G, 8, 1 1 nov. Siah^ THaj<» Yt» 880. Ciar. 445-448» 450. Vie do Jacques, 1, 431. Pepys, m, 410, 411, m*

5d6 HISTOIRE D'ANGLETERRE.

Hesl probable qu'en raison de Tabsence du duc d'York {il élait rotena chez lai par la petite-vérole), les ennemis de Ckrendoii s^étaieot promis ane yîctoire (aeile. Mais le duc chargea ses amis de défendie son beaa-pèrerles éfêqaes se erarent obligés de le soutenir eomme le patron de Tortliodoxie , et plnsienrs pairs , convaincus de son innocence , secondèrent avec empressement leurs efforts. Ils n'osèrent pas, il est vrai, plaider ouvertement » muse ; mais ils se retrancluTent derrière les formes et les privilèges; ils soutinrent qu il élait contraire h Vancienne pratique d'emprisonner sur une accusation générale ; que le premier précédent en faveur de cette mesure était fouriii par la mise en jugement du comlie de Strafford, précédent que la chambre ne suivrait pas, attendu que k condamnation avait été cassée , et les procédures biffées des prooès-veibaux, et ils soutinront que les lords devaien t prendre garde de sanctionner une prétention qui pouvait, dans la suite, devenir préjudiciable )i eux et k leur postérité. Après plusieurs débats animés, il fut résolu deux fois [14, 20], à une faible majorité, que Taccusé ne serait point arrêté, parce que Tact^ d*aOcusation ne contenait aucune l'har^e spéciale

Les communes s'offensèrent de cette décision des lords : il se tint des conférences réitérées, et chaque chambre persista avec opiniâtreté dans sa premièro opinion. La perplexité du roi augmentait de jour en jour. Il rmnarquait que l'affaire prenait le même cours que Taccusation du oon)te de Strafford ; et les malheurs qui suivirent la condamnation de ce smgneur ne sortaient pas de sa mémoiro. H proposa, comme expédient, que le comte quittât clandestinement le royaume; mais ni arguments ni prières ne purent décider Clarcndon a une démarche qu'il regardait comme au-dessous de son caractère, et le monarque, irrité de son obstination, commença à parler de lui dans des termes d'aversion. Ses ennemis se hasardèrent alors a se servir du nom du roi. On lit courir le bruit que le roi avait aussi des offenses à punir ; que Clarondon a?ait osé le traverser dans ses amours avec la belle miss Stewart» et avait persuadé à celle-ci d'épouser le duc de Richmond. Le comte^ dans une lettre [16 noy.] qu'il envoya par le garde des sceaux, repoussa cette accusation^; le

1. Clar. 450. L. Joum. Id5-*187. Papys, in,415. Clarondon dit dans une lettre à Ormond : « Je no dois pas omettre vous dire <}uo le duc d'York a ete^w est aussi gracieux pour moi et prend à moi autant d'uuerct que possible. Je n •! pw à me vanter de beaucoup d^autres amis. » Carte, ii, App. W.

9. Dans cette lettre, il annonçait rintention d'aUer outre-mer, mais à condition que le roi arrêterait d'abord la poursuite. Clar* Coni. 454.

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CUAPITKE OOU/ILME. 197

roi lui la lettre, la brûla prudemment à la flamme d'une4»ouc^ * et répondit froidement qu'il n'en poaf ait comprendre le oonteou, mais qu'il ne*conoe<rait pas ceqne'Qarendon fisdsait en Angle-

Cette insinuation néanmoins fui perdue pour Tesprit déterminé du ministre en disgn\ce. Klle fut suivie d'un message non avoué transmis par Téveqiie de llereford; le môme avis lui fut alors donné par Tanibassadeur de France, et, lorsqu») tous les autres expédients eurent échoué, le duc d'York, par commandement exprès, lui porta l'ordre du roi de se retirer sur le continent. Il ob^i à regret; et, après avoir adressé une justification de sa conduite à la chambre des lords [29], jà partit secrètétaEient pour la France ^

Son départ mit fin à la contestation des deux chambres mais ^ ne calma ni le ressentiment ni les craintes de ses ennemis. Sa justification fut votée [9 déc.j un libelle calomnieux et séditieux, et Ton ordonna de la brûler par la main du bourreau. 11 y disait qu'il ne s'était éloigné que pour un temps, et qu'il reviendrait prouver son innocence dès qu'il verrait une apparence de justice n'avoir plus son cours ce entravé par la puissance et la » malignité des hommes qui ayai^t juré sa perte. » Ses enue»mis fondirent sur ce passage, et, sous prétexte de le prendre au naot, présentèrent un bill, qui passa après une faible opposition [19] , oik il hii était ordonné de se constituer prisonnier pcdnr être jugé ayant le 1^ £é?ri%r, et, faute de comparaître, il était banni pour la vie, déclaré incapable de remplir aucun emploi, passible des peines de haute trahison s'il revenait en Auglelerre,

1. Clar. 454-456 Vie de Jacq. i, 438. L. Joum. 154. Il est certain que Charles

fut ofTcnsp (le ce iii;iri;i^(\ Clar. 453. S'il en faut croire Stewart elle-ni(*nu\ elle désirait de marier pour se délivrer des importunites du roi, et en conséquence elle accepta roflre du duc de Richirond arec l'agrément de Charles. Pepys, tu, 203. Mais le bruit était que Charles songeait à répodier lui-même; qo'i! consulta Sheldon, archevêque de Canterbury, sur le moyen d'obtenir un divorce ; que Sheldon révéla ce secret à Clarendon, et que Clarendon, pour assurer la succession aux enfante de ta fille, arrangea le mariage de Stewart avec le duc de Richmond. Burnet, i, 4'M\. "Note de lord Dartmotilh, Frpys, m, SU3. Ce qu'ilv a de défavorable à cette version, c'est que lorsque plus tard on conaeUl* k vii«des de di?orcer, il répondit que sa conscience ne le lui permet^ taiit pat. Vie de Jaoq. t, 489.

S. 11 est certain que l0 duc porta Vordre à Clarendon; cependant lord Combnry dit que son père se retira, parce qu'on avait rintenliou de dissoudre le parlement et de le traduire devant un jury de pairs. Carte, ii, App. .'ÎO.

3. Les communes, toutefois^ inscrivirent deux résolutions sur leurs procès- T«rlMiix, portant qa*en pareil caa l*aeenaé doit éire anèté, et que, lorsqu'il est en prison, les lordTs peuvent fixer on dâai dwM toqoel raccuMUon devra être apéciliee. C. Joum, 5 déc. -

698 HlSTOlKfi D'AI^GLETEKRE.

et ioaiTvnistiable, à moins que ce ne fût par acte du parlementa Oaraidoii, dèt qu'A eut oônnaiaiftoce de ce décret, aocourut de RoiNB pour affronter wbê accosateors, maii il fat retenu à Cala» [21 jany. 1668] par une dangereuse maladie causée par la fatigue du corpi et Fanxiélé de resprit. AyaDi qu'A pAi quitta la lit [h arril], le tornie assigné était expiré, et il se trouTa ainsi, saoi pouvoir remjMM hor, oxilé pour la vio^.

]\falpro colle sevérile, il est certain qu il fut victime des haines de parti. Los charges contre lui no s'appuyaient sur aucune preuve légale, et la plupart, sinon toutes, furent réfutées, dau<sa réponse, d'une manibre satisfaisante ^ Cependant on ne doit pas le eobsiderw comme un oaraotèresans taciie. La crainte que lui in^[rfiait le r^p^iblicanisme le porta èi défendre toutes les prétentions de la prérogatire, quelque détaiMmnaUes qu'elle» fussent, et son iMe pour Torihodoiie l'entretna k per8éeut€»r tous ceu qui étaient en dissidence avec Téglise établie. Il était hautain et dominateur; ses écrits trahissent dans beaucoup d'endroits Tiap fidélité de sa mémoire, ou son mépris pour la vérité; et son dés» d'amasser des richesses lit dire h Evelyn que « le lord chancelier D n'avait jamais rien fait et ne ferait jamais rien que pour de » Targent^. » 11 passa la plus grande partie de son temps k Montpellier et à Moulins, trompant par des travaux littéraires rennui de reiû, et soUidtani fréquemment la pCTimon de re* Tdir sa patrie, afin de pouToir rendre le demief soupir au milieu dt ses enfiuits ; mais Charles, qui n'était nullement disposé i s'engager dans une nouvelle lutte pour Pamour d'un homme qui avait depuis longtemps perdu son estime, accueillit ses prières aYe(' néglij^ence, ci h' malheureux exilé, que Tespoir avait ramené à Rouen, y mourut en 167/i ^ [9 déc.].

Par Texil de Clarendon, le ministère qui avait été établi a la restauration fut entièrement dissous. Le duc d'Ormond résidait dans son gouvernement d'Irlande, Southampton était mort, Albemarle était affaibU par TAge et les infirmités, et Nicholas avaU donné sa démission. Le nouveau cabinet, ou, comme on Pappe-

1. L. Jéwm, 164, 167, ISS, 109, ISS. St. ofBêoim, m. S. Vie de Qar. 955 el miv.

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