‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 258 sur 276 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

oonfinuée. Le môme joui [26 aviil], les ambassadeurs de Suède donnèrent un assentiment provisoire, puis positif, à la ligue, qui de là prit le nom de la triple allianee^ Louis reçut la nouvelle de cette transaction d^un air d^indifTé-

rencc hautaine. Ses généraux favoris, Condé et Turenne, Texhorlèrent à braver rintorvontion des trois puissances; ses ministres, a se contenter de rallenialive qu'il avait proposée lui-même. Il se rendit à leur avis , mais pour une raison qu'ils ignoraient. En conséquence de la faible santé de Charles II d'Espagne, il avait conclu secrètement avec Tempereur Léopold [28 janvier] un traité éventuel de partage de la monarchie espagnole, lors de la mort de ce prince h laquelle on s'attendait, et s'était ainsi déjà engagé par traité à faire précisément ce que les puissances alliées se proposaient*.

Le roarqois de Gastel-Rodrigo, gouverneur espagnol des Pays* Bas, chercha a gagner du temps dans le vain espoir de décider les liollaudais (il était sûr de T Angle terre) à s'engager sur-le-

1. Œurres de Temple, i, 319-384, 415. Dumont, vu, G6, G8, 91. On avait beaucoup vanté cette négociation, comme si ette avait arrêté Louis dans le cours

de ses victoires et maintenu l'indépendance de l'Europe ; mais, par le fait, elle n'obtint rn ii de plus que le roi de France n'avait offert et n'était désireux d'effectaer. Les conditions ^ue la triple alliance ee proposait d'imposer étaient celles que Louis avait déjà offertes d'Estrades, vi, 4G), comme le reconnaît le traité même, (|tii, ;i[)res avoir mentionne l'offre, oblige les parties contractantes à décider les sa pins dictas dau coronas ad ineondam pacem legibus et conditioni])us suprà raemoratis (Dum. VII, 68,. De là le roi d'An ^'le terre, dans une lettre à sa sœur la «luchesse d'Orléans, dit : «L'effet du traité est d'amener l'Espagne à consentir à la paix aui conditions dont le roi de France a reconnu qu'il se contenterait; en sorte que je n'ai rien fait qui puisse porter préjudice à la France dans cette convention » (-23 janv. i ; et dans une autre lettre à Louis : «£n quoi je ue dois croire vous avoir fait une chose désagréable, puisque nous nous sommes convenos de tous proposer ladite pair sur des conditions que vous avi/'z plusieurs fois témoifîné de vouloir accepter, et plus expressément dans votre dernière lettre du 27 Q7, V. S.) du mois passé > (3 fev. JDalryrople, II, 5, 6). Dans la lettre à laquelle Charles fait allusion, lettre écrite après la . conclusion de l'alliance , mais avant que cette conclusion soit connue de Louis, il dit : « Ce seroit un coup pour la paix qui la rendroit infaillible et prompte, si le roi de la Graude-iiretagne entroit dans le même sentmieul des états-généraux, d'obliger les Espagnols àracceptation des deux altematiTes. » OEuvres, v, 1-21.

. £n outre, Louis s'était engage, dans le traité éventuel conclu récemment arec l'empereur, à se contenter de ces cimditions, et arait employé rinflnenoe

de ce prince sur les conseils espagnols pour décider le roi d'Espagne à les accepter. 11 faut toutefois se rappeler que les trois puissances contractantes n'avaient ni connaissance ni soupçon du traite éventuel. Elles pouvaient continuer de douter de la sincérité des prote.stations pacitiques du roi de France; elles mettaient donc ^et en cela consistait le grand mérite do l'alliance) sa sincérité à l'épreuve, et lui étaient tout prétexte de continuer la guerre eu se chargeant d*arraeber an roi d'Espagne son oonsentementl

9. GEorres de LoidiXIV, ii, 960^. Voyex dans les OEa?rea de Louis, vi, • 402, ce qa'on dit dn «traité érentael, % qai Ait tena secret pendant près d'un siècle. •

m iiiSTOiA£ D'ANGL£T£aa£.

champ dans la game. Mais Finterreiitioii de rempmmry ea conséquence du traité éTentuel» mit fin k FMsitation du cabinet

espagnol ; les ambassadeurs des diverses puissances s^abouchèrent h Aix-la-Chapelle [22 avril] ; l'Espagne fit son choix ; les villes conquises en Flandre furent cédées h Louis, et la paix fut rétablie entre les deux couronnes * [2 mai]. La conduite do Charles dans toute cette transaction servit h le rehausser dans rcstinie de l'Europe . Mais les Ëtats surent mal dissimuler leur désappointement. Elles n'avaient jamais douté que TEspagne, pouvant choisir, ne TOiddiconserrer la Flandre et céder la Franche-Comté. Cétait cette persuasion qui leur avait fait rejeter le premier projet du miiàstère anglais, et préférer enchalnrâ Louis à son offre de ralternative. Ce résultat fut dû, dit-on, au ressentiment de Castcl-Kodrigo, qui, voyant que les Etats no voulaient pas s'unir h l'Angleterre pour renfermer la France dans ses anciennes liniifes, résolut de les punir en faisant une cession qui portait la fronlière de Franco tout près du territoire hollandais 2.

(Juand le parlement s'assembla après l'ajournement [10 fév.], Buckingham s'aperçut que son succès contre Clarendon dans la dernière session était dû non h sa propre influence, mais à l'impopularité de cet homme d'état. Ses créatures dans la idiambre basse étaient écoutées sans attention ; et dans la haute, les soupçons des eodésiastiques araient été éreîllés par ses liaisons étrmtes avec les presbytériens, ceux des cavaliers par l'élargissement des républicains que la dernière administration avait incarcérés par mesure de précaution, et sa réputation de premier ministre n'avait pas gagne au duel que ses dérèglements l'avait obligé d'avoir, au sujet de lady Shrewsbury , avec qui il vivait en flagrant adultère, et dans lequel un de ses seconds avait été tué sur la * place [16 janvier], et le comte de Shrewsbury, le mari outragé, blessé h mort^. Les communes conunencèifnt par soumettre k une enquête ngoureuse la conduite des penonnes employées sous Tancienne adiânistration. Le prince Rupert et le duc d^AIhemarle avaient déjà rendu compte de Iran mesures durant la

1. Temple, 420-450. D'Estrades, v, 351. Dumopt, vu, 89, 91. Louia, Vi, 417.

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