‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 259 sur 276 · Temple · texte numérisé non relu

Temple

3. PepyR, IV, 15. Lady iShrewsbury était lilie du comte de Cardigan. Un dit que, Têtae en page, elle tint iM étu&wtH du due tandU qu'il se battnl tT6c Mm mari. Quand Buckinpham l'emmena chez lui, la duchesse lui fit observer qu'il ne lui convenait pas de vivre sous le même toit que sa nudtresse ; il répondit : « C'est bien ce que j'^ pensé, madame, ausslf al coininaadé Y(jtre voiture poor vous eondoire èhes yotre père. » Pepys, 109.

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guerre; le commissaire Pitt fut mis on accusation pour fait de négligence coupable dans la conservation des vaisseaux do sa majesté quand les Uollandaii étaient entrég dans la rivière; Penn, pour s'être approprié pour cent quinze mille liv. de prises; et Brunkhard, qui s'élait caché, fut expulsé de la chambre pour s'être permis d'ordonnw de diminuer de voiles lors dd la pour* suite, après la victoire du S juin 1665. Buckin^am' ne s^oj^osa p(nnt k ces mesures; mais, è sa grande surprise, les communes ne votèrent que la moitié de la somme qu'il demandait pour les dépenses de la marine, et résisteront obstinément a tous ses ellorts pour obtenir un vote favorable aux dissidents, conforuiémeut au désir du souverain. L'acte contre les eouveiiticules expirnit dans six mois ; et Cbarles, qui se regardait toujours comme lié par la déclaration de Breda, avait à cœur d'en empêcher le' renouvelle^ ment. Connaissant Técueil contre lequel ses premiws efforts ayaient échoué, il eut soin de ne pas faire mention des catho-* liq[ttei : il se borna k demander de Tindidgence pour ceux des dissidents qui étaient protestants ; mais le seul bruit de son intention avait éveillé le cri ordinaire que FEglise était en danger. Dans la matinée, tout juste avant qu'il exprimât son désir aux deux chambres, les communes lui votèrent une adresse pour le prier de mettre h exécution toutes les lois contre les non-conformistes et papistes ; et ensuite elles adoptèrent et envoyèrent aux lords un bilî ayant pour objet de continuer les peines existantes contre ceux qui fréquentaient les conyenticttles. Cek n'empêcha pcnnrtant pas les amis de la tolérance de proposeri conform&nent k Tayis du roi» des mesures en faveur des dissidents protestants; mais après plusieurs discussions lyoumées, la* motion fut re-« poussée [28 avril] après division, à une majorité de plus de deux contre un ^

Le reste de la besogne du parlement fut alors interrompu par une querelle des plus violentes entre les deux chambres, sur une question de prérogative. Il y avait plusieurs années qu'un négociant, nommé Skinner, avait présenté au roi en son conseil une plainte relative è divers dommages qu'il alléguait avoir éprouvés de la part des agents de la Compagnie des Indes^Mentales. Après plusieurs audiences^ le cbns^ diargea rarcheréque de Canterburj, le chanoelier et deux autres lords [iS mars 1666] d'effec-

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tuer un conipiomis entre les parties; mais la compagnie refusa d^accepier leur décision [6 déc.] ; et Ton conseilla au roi de recommander Taifaire à raitentioii de la chambre des lords, comme cour suprême de justice dans la nation [19 janvier 1667]. Mais la partie adverse de Skinner récusa la juridiction des lords [28]. La cause, prétendit-elle, n^était pas portée devant eux par voie d'appel, ou bill de révision, on wril d'erreur. C'était une plainte en y>nMiiièrc instance, qui deviiil d'abord être entendue dans les cours ordinaires de justice. Dans la session suivante, Skinner prosenta [oU oct.] une pétition aux lords pour demander justice ; la Compagnie renouvela son objection [6 nov.] ; mais la cliambre déclara que le plaignant avait droit a des dommages, et nomma un comité pqur en fixer le montant [16 mars 1668]. Après Tajour- *nement, la Compagnie adressa une pétition à la chambre des communes pour demander protection contre Pusurpation des lords. La chambre haute déclara cette pétition un libelle scandaleux ; la chambre basse non-seulêment la reçut, mais prit des résolutions f2 mai] qui censuraient la conduite des lords comme contraire aux lois et déro<?atoire aux droits des sujets. La clumibre haute répondit par des résolutions contraires qui i>rocla inaient * les votes des communes une infraction de privilège, et les actes des lords autorisés par les lois et les précédents. Ainsi la guerre fut déclarée; chacune des chambres maintint obstinément ses prétentions ; les lords résolurent de n'adopter aucun autre bill que celui de Timpôt-; et les commudes rejetèrent [h] un bill qui leur avait été envoyé pour régulariser les jugements des pairs. Le roi avait fixé la ji^lÀture de la session au 9 de*mai. Le matin, de bonne heure, les communes envoyèrent un message aux lords pour proposer de sus[)endrc toutes poursuites dans la cause jusqu'à la prochaine réunion du parlement, et n'ayant reçu aucune réponse, elles arrêtèrent que quiconque mettrait h exécution les ordres ou la sentence de la chambre des lords dans TaiTaire de Thomas Skinner serait regardé couune traître aux libertés des Anglais, et ayant violé les privilèges de la chambre des communes. Le roi, après avoir donné son assentiment aux bills qui étaient prêts, ordonna aux deux chambres de s'ijonmer, et exprima Tespoir qu*avant de les revoir on aurait découvert quelque expédient pour accommoder ce différend. Les. communes obéirent ; mais les lords continuèrent de siéger, mandèrent sir Samuel Barnardiston, gouverneur de la Compagnie, et le commirent à la garde de la verge noire, jusqu'à ce qu'il eut payé au roi une

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amende de trois cents livres. Après avoir ainsi maintenu leur autorité, ils s'ajoiirnèront aussi *.

Au rétablissement de la paix, le commerce riipril bientôt son aucien cours; les murmures des niéconteuts furent apaisés peu à peu ; et Texpiration de Tacte contre les conventicules soulagea et satisfit les dissidents. Cette époque fut la plus tranquille du r^ne; mais elle fut souillée par les profusions'et la licence des hautes classes. Les galants de la cour choquaient les plus graves des bourgeois par leur mépris déclaré des convenances 2, tandis que Charles riait de leurs folies et les encourageait par son exemple. En morne temps qu'il renouvelait ses assiduilés et ses attentions auprès de la duchesse de Uichiiiond, il enlevait aux théâtres les deux célèbres actrices connues au publie sous les noms distingués de Moll Davies et de Nell Gwin. Davies était au premier rang comme danseuse; Gwin attirait radmiration dans le rôle et sous le costume d'un jeune garçon. La première fut établie d'une manière splendide dans Suffolk-streei, et donna au roi une fille, mariée depuis dans la noble famille des Radçlyfié. La dernière devint mère du premier duc de Saint-Albans. Charles ne lui permit jamais de se mêler des affaires de Tétat; mais il la nomma de la chambre de la reine, et lui donna un logement dans le voisinage de la cour. Klle était si folle, si spirituelle et si originale, qu'il trouvait dans sa société une source [m i [iciuelle d'amusement, une distraction agréable des soucis qui pesèrent si fortement sur lui parfois dans les années suivantes de son règne. Cependant l'habitude conserva h Castlemaine l'empire qu'elle s'était acquis autrefois. Elle ne laissait paraître aucune jalousie, et pour toute vengeance se permettait les mêmes libertés que son amant.'*

1. &L Triais, vi, 71(>-6:i L. Joum. xii, 4:20, 45i7. Hist. Pari iv, 422. MarveU, 109. Le 8 mai les communes s'occupèrent de cette queslion depuis l'heure du

dîner jusqu'à cinq heures du matin. Mavveîl, i, ItiT. Pepys, iv, 103. Barnardiston restn vn prison jusqu'à la nuif du 10 août, veille de l'expiration de 1 ajournement. 11 ne sut pas pur quelle autorité il avait été mis en liberté. Hist. Farl, IT, 4SI.

S. Voye* Pepys, iv, 116, 118, 145. Sir Charles Sedley et lord Buckhurst se distinguèrent entre tout les antres. Ihid. 185» 186» 187. Ant. Vf ood, AutoHog,

juin im.

3. Pepys, IV. 10, 11, !)0, 111, S>."o. Evelyn, ii, :Î39. Burnet, i, 4.>7. Sandford, 002, 0.'j4. Vers celte époque, le 11 mai, on vit un météore, et l'ignorance et la bigoterie da peaple à cette occasion sont décrites du ne manière anui-

fiante par Pepys : <- T e monde on parle beaneoup, crai^uant extrêmement que le reste de la Cite ne .«ioil brùie, et que les papistes ne nous coupent la «orue. » IV, 119.

6M UlSTOlilS D'AMGLfiTKiUiE.

Tandis <|ue Gbarles s^oocupait do 8M pkisiif, Buckingbam

sougoait h consolider son propre pouvoir. Peu à peu il expulsa des dilTcroDlcs branches de Tadministration tous ceux dont la lidelile lui c iait suspecte. Le secrétaire Morrico fut remplacé par sir Jolin Irevur; !<' duc d Oriuond, après une longue lutte, reniit le gouvernement de rirlande au lord Robai tes; et Coventry luimôme fut amené à fournir un prétexte décent pour le renvoyer. Bttckingham avait fait écrire une fiirce dans le bat de le tourner en ridicule sur le ' théâtre. Goyentiy envoya un cartel au dnc ; raflàire fut portée devant le roi en son conseil; et Tanteur dn cartel fut envoyé )i la Tour et destitué. Mais la principale pei^ sonne contre laquelle il dirigea ses attaques fut le duc d'York.' Il savait le mépris que ce prince témoignait pour lui, et riufluencc exercée [»ar la duchesse, (ille de Clarendon, sur IVsprit de son mari. Jacques recul, au nom du roi, des alFronts réitérés qu'il supporta sans se plaindre. La conduite de Tamirauté fut blâmée; ses amis furent déplacés ; et les créatures de son adversaire introduites dans son administration en dépit de ses remontrances. On liisait courir le toiit ^'il avait perdu la confiance du roi, et qu'il serait bientôt privé de sa charge de lord grand-amiral. Mais . Charles fut rappelé au sentiment de la {Hrotection qa^ devait k son frère, par la hardiesse d'un vieux cavalier, sir William Armourer, qui lui rapporta publiquement les bruits qui couraient sur la jalousie (pie lui inspirait le duc d'York. Il répondit aussitôt qu'ils étaient faux; et quand Buckingham, sous prétexte de craindre pour sa vicie ressentiinont de Jacques, affecta de voyager entouré d'hommes armés» le roi rit à son nez de Textrôme folie de cette insinuation. Le ministre commença à s'alarmer : iicim^ cha à se réconcilier avec le duc, et ne reçut qu'un rsAis noé» prisante

Buckingham, toutefois, pouvait compter sur la iaveur du roif tant quMl pourrait lui fournir de Fargent. Ce qui s'était passé dans

la session précédente avait prouvé qu il n'y avait rien h al tendre de la libéralité du parlement ; on essaya donc de réduire la dépense aiiiiu*ile au-dessous du chiffre du revenu royal. Après examen, ou reconnut que les recettes de chaque année ne dépaa-

1. Vie de Jacq. 43iî-4il). Macph. Pap. i, 41, 43, 45, 47, 50. Pepys, iv, 1S1,16S, 158, 18S, 101, 10-2, T.»-. 'Mil ^2V.), n',, S.'T, 2ni>. Les hruits dont parle Pepys sont conUrœcs par le duc d'Oraioud : « Arliugton m'a dit que je recherchais trop tot conseils et le commerce des mécontenta; et (ce dmit ni été surpris) il S nomaié le duc et l'archeréque de Canterbury. » Carte, n, Aff» tff*

Lnyitizeu by ^OOglc

saieiit pas 1^030,000 liv. ; un nouveau règlement [22 juillet] constcra les trois qjaaxis de cette somme h défrayer les dépenses de la liste cfvile ; et sur Pautre quart, 100,000 liv. furent affectées

au payement des intérêts de la dette, et le reste i couvrir les déficits accidentels, et h solder, jusqu'à concurrence do la somme, les diverses pensions accordées par le roi J.

Mais ce plan d'économie ne s'accordait pas avec le caractère du roi, et n'offrait aucune perspective d'éteindre la dette. Charles se rappelait la promesse de secours pécuniaires que la France lui avait faite au commencement de son règne; et quoique ses efforts précédents pour cultiver Vamitié de Louis eussent été déjoués par le cours contraire des événements, il résolut de renouvélw la tentative. Immédiatement après la paix d^Aix-la-C3iapelle, Buckingham ouvrit une négociation avec la duchesse d'Orléans, sœur du roi en France, et Charles, dans sa conversation avec le résident français [11 niai], sVxcusa d'avoir formé la triple alliance, et expriuia ouvertement le désir de contracter avec lui une union plus étroite, une amitié plus intiine. Ces ouvertures furent d'abord reçues avec une froideur et une réserve qui, au lieu de la refroidir, parurent stimuler Tardeur du roi. U était un point sur lequel ces deux monarques s^accordaient parfaitement, leur haine pour les Hollandais. Charles ne pouvait oublier leur inhosftttalité lors de son edl; la malheureuse "issue de la dernière guerre avait fortifié son aversion; et il désirait ardemment une occasion de satisfaire sa vengeance. De Taulrc côté, la fierté de Louis avait été souvent offensée par celle de ces républicains; et il regardait comme la plus forte preuve de leur ingratitude qu'ils se fussent permis d'accéder aux articles secrets de la triple alliance. Vers k iin de l'année, les communications entre les deux princes devinrent plus ouvertes et plus conMentielles ; la France donna ou promit de l'argent aux niinistxes anglais y la négociation conunença a prendre une forme plus régulièroi et les Msuranoes les plus aoleoBéUeB du secret furent données afin que son véritable objet ne fûtmoomfii ni mémo soupçonné des Etats 2,

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