CHAPITRE DEUXIÈME
Bataille d*Edge HilL-*- Traité d'Ozford.~y «ni 0to«?lMuitioleimeli.-* Bataille de Newbiiry. — Ligue et covenant «olennels entre les parlementa
d*Anf;jctcrrc ot d'l>n<;so. — Cessation de lû puerre d'îrlandc. — Parlemrat royaliste à Oxford. Propositions de paix. — Bataille de Marston Moor. — L'armée d'Esse;c capitule à l'ouest. — Ordonnance d'abnégation. — Synode de théologiens. — Directoire pour le culte public. — Procès de Tarchevèiiue Lead. ÎUll d*Âttaind6r. — Son eiécation.
On avait porsuadéau roi qii'h la iCio d\me arméo il pourrait négocier avec plus de dignité ot dn succès. Dp Nottingham, il dépêcha h Londres [25 août] le comte de Southampton, sir John Colepepper et sir ^^ illiam ( vedalo, porteurs de la proposition de noauner des commissaires de chaque côté avec pUnns pouvoirs peut traiter d'un accommodement. Les detix chambres, prenant nn ton qui'trahissait le sentiment de leur supériorité^ répondirent [27 août] qa'ellés ne pouvaient recevoir aucun message d'un prince qui avait levé Pétetidard contre son parlem^t, et avait déclaré traître leur général. Charles ( et sa condescendance peut être considérée comme tine preuve de son désir d'éviter les hostiUtés), Charles offrit de retirer sa proclamation \f\ sept.], pourvu que, de leur côté, elles annulassent leurs votes contre ses partisans. Elles refusèrent [6 sept.] : c'était \vut droit et l(>ur devoir de dénoncer et de traduire en justice les ennemis de la nation» 11 les conjura [11 sept.] de songer au sang qui serait répandu, et de se rappeler qu'elles en seraient responsables : eOea rétorquèrent Fai^ament [16 sept.]; il était l'agresseur, el la faute en sea*ait h M. Cette réponse fit évanouir toute perspective de paix : les deux partis en appelèrent i Tépée ; et en peu de semaines la guerre civile s'alluma dans toutes les parties du rovanme ^
Les trois quarts d(^ la noblesse et de la haute bourgeoisie, guidés par des sentiments d'honneur et de reconnaissance, ou par leur attachement h Féghse, ou par une méfiance bien fondée des desseins des chefs patriotes, s'étaient rangés sous la bannière royale. Charles se crut assuré de la victoire, lorsqu'il considéra la naissance^ les richesses et Finflaence de ceux qui Tentouraient;
!• UwfH. V, 997, m, 838, 341, 858, OlAModon, ii , 8, IS.
60 HISTOIRE D'ANGLETEHRE.
mais il eût découvert bien des motiCg de perdra cotte illusion sVl eût tenu compte de leurs habitudes ou connu leuis wntim^ts réels, quoique non avoués. C'étaient» pour la plupart, des hommes de plaisir» plus faits pour orner une cour que pour supporter la rigueur de la discipline miUtalre, dénués de toute vigueur d'âme» et dont rindolence et les débauches offraient bien des avantages h un ennemi actif et vigilant. L'ambition les portait h aspirer aux places, aux commandements et aux honneurs, à former des cabales contre leurs compélilcurs, et h distraire l'attention du monarque par leurs importunités ou leurs plaintes. Ils avaient parmi eux beaucoup de gens qui désapprouvaient la guerre en secret, la croyant entreprise dans Tintérêt de répiscopai, institution à la« quelle ils ne prenaient aucun intérêt ; et d'autres qui» au i6nd do cœur, s^étaient inscrits au nombre des partisans du parlement» quoique la mauvaise honte les empêchât pour quelque temps d'abandonner les couleurs royales
Il était une autre classe d'hommes sur les services de laquelle le roi pouvait compter en toute confiance, les catholiques, qui, alarmés de la cruelle intolérance et des menaces sévères des parlements, voyaient que leur sûreté dépendait de Tascendant du souverain. Mais Charles^ hésitait à proûter de cette ressource. Ses adversaires avaient attiré les zélateurs dans leur parti, en représentant le roi comme dupe d'une faction papiste qui travafllait à détruire le culte protestant et à établir le culte cathdiqne sur ses ruines. Ce fut en vain qu'il les somma de nommer les membres de cette fection invisible, quMl affirma publiquement son attachement à la foi réformée, et que pour prouver son orthodoxie, il ordonna de m«^ltre h mort deux prôlres à Tyburn, avant son départ de la capitale, et deux autres à York, peu après son arrivée en cette ville 2. Les chambres persistèrent dans leur accusation , et attribuèrent dans tous leurs votes et remontrances les mesures adof^ tées par le roi, aux avis et à Tinfluence des papistes et de leurs adhérents ^ Sentant bien Timpression que de tels bruits faisaient
1. AiRsi sir Edward Varoey, porte-étendard, dit à Hydc qu'il suivait le roi parce que Phonneur Vj obligeait; mais que le sujet de la guerre était contre ta
consciehce, car il n'avait aucun respect pour los évôquos. dont c'était la querelle. Vie de Clar. GiK Lord Spencer écrit à sa femme : < Si l'on pouvait trouver un expédient pour sauver le point d'honneur, je ne resterais pas une heure ici. > Sydney Pap. ii, 667.
â. Thomas Reynolds et Bartholomew Roe , le -21 janvier; John Lockwood et Edmund Catedck, le 13 avril. Challoner, u, 117, SOO.^
3. Pour prourer Vezietenoe de cette faction, on en a appelé à une lettre de