‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 27 sur 276 · CHAPITRE DEUXIÈME. 6t · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME. 6t

sur Te^rii du peuple, il refusa d'abord d'investir d'aucune cofli* missMm, ou même d'admeUredaos les range de rarmée quiconque n'aurait pas prêté les serments de suprématie et d'aU^^eanoe; mab k nécessité lui fit bientAt accepter les services de tous ses sujets, sans distinction de rdigion, et [10 août] non-seulement il ae« corda aux catholiques la permission de porter les armes pour leur propre défense, mais il les incorpora dans ses propres troupes

Tandis que les hautes classes venaient, avec tous ceux qui dépendaient d'elles, au secours du roi, la yeomanry dans la campagne, <*t les négociants et marchands dans les villes, répondaient avec empressemeat à rappel du parlement. Ils avaient tous subi l'oppression des monopoles et du ship-money : c'était aux patriotes qu'Ùs devaient d'en être délivrés ; et s'ils leur étaient reconnaissants des avantages passés» ils se fiaient à leur sagesse pour la défense actuelle de leurs libertés. Et ce n'était pas là le seul motif : h l'enthousiasme politique il fiiut ajouter l'enthousiasme religieux. Les adversaires de l'épiscopat , sous le nom de saints qu'ils s'étaient donné, cherchaient a se distinguer par la sévérité , réelle ou afTectée d<' leurs mœurs; ils regardaient tous les autres avec mépris, comme des liommes d'habitudes dissolues ou irréligieuses ; et beaucoup d'entre euX| dans la conviction que la religion réformée était en péril, croyaient leur conscience engagée à risqua? leur vie et leur fortune dans la querelle \ Ainsi se trouvaient en collision quelques-uns des |Âus puissants motifs jqui poissât agiter le cœur humain, la loyauté, la liberté et la rellgion : le conflit éleva les combattants au dessus d'eux-mêmes, et dans beaucoup de cas produisit un esprit d'héroïsme, de dévoue-

lord Spencer à sa femme ' Sijân. Pap. ii, 6(57). Je ne sais si le chifTre ?13 est exactement rendu par «papistes. » Il n est pas invraisemblable que lord Spencer ait été dans Thabitude d'appliquer ce terme au parti supposé en possession de la confiance royale , parti dont il était l'adversaire déclaré. Mais lonquMl de* vint enfin nécessaire de désigner les chefs de cette faction papiste, on vit qu'ils étaient tous protestants, — les comtes de Bristol, de Cumberland, de Newcastle, de OBinarvon et de Rivera , le secrétaire Nicbolai, Èadymion Porter, Edward Hyde, le duc de Richmond, et les vicomtes Newark et Falkland. Ruihvr. v» 16« May, 163. Aussi Baillie, i, U6, 430. ii, 75.

1. Rushw. IV, 772. v, 50, 80, Clar. ii, 41. Le 5>3 septembre 1G12, Charles écrivait de Shrewsburj au comte deNewcasUe : — «Cette rébellion en est venue an point qoe je ne dois plus regarder de queUe opinion sont les hommes qui en ce moment veulent et pea?ent me servir. Non-seulement donc je vous permets, mais je vous commande d'accepter les services de tous mes sujets atfectfonnés » sans examiner lenr conscience ( an delà de lear loyauté enrera moi ), •don que vou^ie jogenc le plua utile wê maintien de mon jatte poufoir royal, »

EiiiSy III y «2or?

s. Whilelqpk, 76.

62 HISTOIRE D'ANGLETËREE.

âiont et de résignalion^ qui féelame notre admiration et notte aympathie. Les deus partis distingnèrait bientôt tenrs adTenairea par def noms particuliers; les royalistes fiirent appelés Cataltes^ mot qui faisait d'abord allusion h leur qualité) mais qui ne tafdft

pas à perdre son acception primitive, et fut pris comme synonyme de papiste, d'athée et de voluptueux ; et de leur C(Mé, ils donnèrent à leurs ennemis le nom de Tètes Rondes, parce que ceux-ci coupaient leurs cheveux courts, les divisant a en tant de petites pointes que c'était quelque chose de ridicule à voir »

La composition des deux armées était semblable^ des commissions étaient données, non aux perscmnes les plus capàbles de commander, mais keelles qulTOUlaieni oupouraient le miouK lerëir des soldats ; et les soldats eâx«mtates, qui généralemeilt étaient mal payés, et qui considéraient leurs S^fioes comme volontaires, disaient souvent manquer les plans les mieux concertés, par leur refus de quitter leur domicile, ou leur répugnance; a obéir à quelque officier, ou leur désapprobation de l'expédition projetée. 11 était dangennix d clre sévère sur la discipline; et le roi ainsi que le parlement se voyaient forcés de prier ou de fermer les yeux^ là oil ils auraient dû employer Tautorité et les punitions. Le commandement de Tarmée rojale fut confié au comte de Lindsoy, oelui des forces parlemeniaires au comte d'Essex, qui, Fan et FautrO) dftreol eette distinction à rexpérienceqtt*fls étaientcensésaToir acquise an serfice étranger. Mais cette expérience offrait peu d'avantages. Les passions des combattants méprisaient les froids calculs de la prudence militaire : il s'ensuivit nécessairement un nouveau système de guerre; et les hommes de talent et d'ambition acquirent promptement les connaissances qui couvenoientle mieux au genre des troupes et à îa nature de la lutte.

Charles ayant quitté Nottingham^ se rendit à Shrewsbury) ra* massant des renforts et recevant des contributions volontaires dans la marche. A mi-chemin, entre Stafford et Wellington, il fit taire halte h son armée, et se plaçant au centfe il dédara solennellement, en présence du Tout-Puissant, qu'il n'avait pas d'autre dessein, qu'il n'éprouvait pas d'autre désir que de maintenir la foi protestante, de gouverner conformément aux loiSi et d'obser-

X, Vie du colonel Hutchinson, p. 100. «Les dérots d'alors, lorsque le colonel esilnrassa leur parti , ne Toollieiit' |NHI le reconnaître pour relig^x , parce que ses cheveux n'étaient pavS coupés comme les leurs et qu'il ne "riait pas leur jargon. » Ibid. Ces noms furent donnés pour la première ioi» un peu avant que le roi quittât WhitdiaU. CburcndoD, 830.

ret Um les ttatoti tdoptés au pariemant. S^fl manquait k un seul 4o cm pcnnta, 3 mipugait à raasiataace des hommes el k la protection de Dieu ; mais tant qu^il resterait fidMe à sa promesso, 3 espérait Faide empressée de ses sujets, otil romptait sur la bénédiction du ciel. Cetto solennelle et touchante protestation ayant circulé dans le royaume fut un nouveau stimulant pour les eiïorts de ses amis ; niais bientôt le parlement y opposa cetl(î extraordinaire déclaration [22 oct.] : que T intention réelle du roi était de donner aatis^action aux demandes des papistes en altérant la reliHioii nationalei et à la rapacité des Cavaliers en leur abandon* nant Ui pillage de la métropole; et que pour pré?enir Faccom* plissement d*nn dessein si coupable, les deux diambies avaient résolu de former un covenant solenneT aveo Dieu, de défendre la •vérité au péril de leur vie, do s'associer avec les gens bien intentionnés de Londres et du reste du royaume, et de requérir Faide de leurs frères d'EcossP, dont les libertés et la religion étaient également en jeu ^

Sur ces entrefaites, Waller avait réduit Portsmouth [9 sopt.i, tandis qu'Easex concentrait ses troupes^ montant h quinze mille hommes, dans le voisinage de Nortbampton. Il re^ut des cbam* bras rordre [16 sept.] de délivrer, par la forée s*3 était néoessaire» * la pefsonne du roi, du prinoe et du duo dTork, des mains des hommes désespérés dont ils étaient entourés; d'offrir un plein pardon à tous ceux qui, dans re^pace de dix jours, rentreraient dans le devoir, et de présenter au roi une pétifion pour rengager h se séparer de ses mauvais conseillers, et à re[)rendfe confiance' dans la loyauté de son parlement. De Northampton, Essex se rendit en hâte k WoTcester [23 sept.] pour s^opposer k la marche de l'armée royale.

A NotUdngbam, le roi n'avait pu rassembler que six nûOe hommes: 3 quitta Shiewsbuiy k la téte de trois fois Te nombre [IS oet.]. Bsr une wém d^hahiks manoauvres, 3 réussit k éluder la vigilance de Vennemi , et il avait avancé de deux journées de

marche sur la route de la métropole avant qu^Kssex fut instruit de son objet. Cette nouvelle fut reçue a Londres avec terreur. Il j y avait peu de fond h faire sur le courage des milices, encore ' moins sur leur fidélité ; et Ton expédia h Essex Tordre formel d'accourir avec toutes ses forces k la dépense de la capitale et du parlement» Ge général avait vu son erreur : 3 suivait le nd en

Page 1