‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 263 sur 276 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

motif do son frère, en fui itimulé à redoul>l6r d'efforts; et quand k troisième lecture pana contre lui k une majorité de deux voii [S8], il fit enregistrer aux proeèa-^eibaux se protestation , qui • lût suivie de celle de treiie pairs spirituels et de quinie pairs temporels. Buckingham triomphait, et cepondaiit il ne gagna rien k cette victoire. Il servait un maître léger et inconstant, qui changeait de résolution selon Fimpulsiou du moment. Charles avait entretenu avec plaisir Tidée du divorce tant que Texécution en avait paru éloignée ; mais lorsquMl fallut faire im dernier etîort, ses sentiments de justice, peut-être son hon naturel, reprirent le dessus; et il refusa de pr<^ter de ses avantages au préjudice d'une femme inofifonsive et sans protection. Le précédent toute* fois ne lut pas perdu pour la pmitérité ; et la permission de sa Famarier qui, dans cette dieonstaïuie, fàt accordée à lord Boos, forme Tautorité diaprés laquelle on a depuis inséré régulièremmt une permission semblable dans les bills de divorce*.

3** Restait encore le grand objet pour lequel il avait étt'^ permis au parlement de s'assembler. Charles, dans son diseours h l'ouverture de la session , avait assuré aux deux chambres que les bruits au sii^et de remploi illicite des fonds publics pendant la dernière guerre étaient sans aucun fondement, et qu^aucune partie des sommes Totées par le parlement n'avait été détournée de sa destination première, mais qu'en outre des sommes eonsidé* laUes prises en partie sur ion revenu fixe, et en partie levées sur son crédit, avaient été consacrées au m^e objet. H les priait donc de considérer le préjudice que causait aux intérêts natkH naux le poids d'une dette énorme, et de lui fournir les moyens de satisfaire ses créanciers. Cette fois, il ne plaida pas en vain. Il lui en coûta son assentiment h Tacte contre les conventicules [11 avril] ; et en retour, il obtint un droit additionnel sur les vins et le vinaigre étrangers pour huit ans, et un acte pour avancer la vente des rentes des censés appartenant à la couronne. On calculait que le premier pouvait rapporter au roi 60,000 livres, Fautre une somme beaucoup plus forte'.

pitalesi il avait des doatei; qu'il s*étendlt aux alTaires criminelles où il ne s'aglmilpM delavie, U en était tertain. D'après la réponse au manoscrit dans la ooUeotioii de Thomas Lloyd, Bsq.

1. L. Joum. XII 300, 306,3H,8SS, 329. Vie de Ja(«(i. i, 138, 439. Macph. i, 48, 53. Buraet, i, 452-455. Maryell, i, 112, 412. Depuis lors Charles assista fîénéralementaux séances; cela retenait un peu l' ouposiiiuu, et c'était un moyen de passer le temps cUcda valait autant; > dwt»U| « que d'atter au spectacle. » liiîîeU, 419.

S. X>. Jimm, XII, 84S. Je dois dire id que quoique les banquiers ne payassent

616 HisTome D'AmteTBime.

Nous |M)uv()iis niainîi'ii.iiit revtMiir h la négoiMaliou secrète. H avait été couvemi que, tandis que Louis parcourrait avec sa femme le lerritoire que venait do lui céder TEspagne, la duchesse d'Orléans ferait une courte visite h son frère Charles à Douvres. Le roi de France espérait qu'elle le ferait renoncer à Tintention de diilBrer k guerre contre les Etats jusqu'à ce qu'il eût annonoô sa conversi0B ; quant k elle, son but véritaUe était d'obtenir de Id la permission de se séparer de son mari et de fixer sa résidence en An^^Meterre. Charles la reçut aHecUiousement [17 mai], et s'étudia à lui plaue par des présents et des fêtes; mais sur les deux points, il résista h ses prières et b ses raisonnements; Tambassadeiir de France consentit avec peine h si^^ncr le traité [25] tel qu'il avait été dressé par les commissaires anglais, et Henriette, le cœur gros , retourna à son état de misère splendide à la cour de France

Quoiqu'on pariât beaucoup de ce traité, lorsqu'il eutété conda de la sorte, on en connaissait assurément peu de chose. Toutes les parties intéressées, sourerains et négociateurs, gardèrent un ee*

cret impénétrable. On ignore ce que devint la copie envoyée en France ; sa contrepartie fut confiée h la garde de sir Thomas ClifTord, et se trouve encore en la possession de son descendant, le lord (llifYord de Chudleigh. Les principaux articles étaient, 1^ que le roi d'Angleterre se déclarerait publiquement catholique h répoque qui lui paraîtrait la plus convenable^ et à la suite de cette déclaration, s'unirait à Louis dans une guerre contre la république hollandaise, à T^ioque que le roi très-chrétien croirait devoir choisir ; ^ que pour mettre le roi d'Anc^terre en état de réprimer toutes les insurrections que sa conversion pourrait occasionner, le roi de France lui accorderait un aide de deux millions de livres , en deux payements , Tun au bout de trois mois, Taulre au bout de six mois après la ratification du traité, et Tassisterait aussi avec une force armée de six mille hommes,

que 6 p. »f d'intérêt sur les dépôts qu'on leur confiait, ils demandèrent alors au toi 10 p. au lieu doSilir les sommes qu'ils lui avancèrent. À la même époque, les états- généraux ne payaient que 2 1/2 p. .r* Temple, ii, 33, 34.

1. Vie de Jacq. i, 448. Macpli. i, 54. Louis était disposé à faire tous les sacriiices pour engager Charles dans sa « grande ailairc, » la guerre contre les Etats. Quand Colbert, son ambassadeur à Londres, fit des objections financières au payement annuel de trois millions pour la grande afl'aire, iiarticulièrement vu que cette aflTairc pouvait durer plusieurs années et faire sortir du royaume «ne quantité considérable d'arpent, il répondit le mai : « Je sais gue vos raisons sont bonnes, je les connois pour telles. J'ai mandé qu'il falloit combattte la fin; maiS| au pis-aller, ne pas manquer U grande aflCaire. » Cffiairet,

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si les services d'une telle ïorcr étaient jugés nécessaires ; 3*^ que Louis observerait inviolablement le traité d'Aix-la-Chapelle, et qu'il serait loisible à Charles de maintenir ce traité conformément aux oouditioiis de la triple alliance ; 4^ que 8i éventuellement de nouveaux droiis à la monarchie espagnole venaient à éehoir au m de France , le roi d'Angleterre Paiderait de toat ion pouvoir il iure valoir cet droits ; 5« que les deux princes feraient la guerre anx Pnmnoes-UnieSy et qu'aucun d'eux ne conclurait de paix ni de trêve avec elles sans Tavis et le consentement de son allié ; 6** que le roi de France se chargerait de toute la guerre sur terre, en recevant de l'Angleterre une force auxiliaire de six mille hommes; 7*' que sur mer Charles fournirait cinquante vaisseaux de guerre, et Louis trente; que la ilottc combinée serait placée sous le coiumaudemeat du duc d'York ; et que , pour mettre le roi d'Angleterre en état de supporter les frais de Tarmement marîtime j il recevrait annuellemeni pendant la guerre la somme de trois millions de livres du roi de France; 8® que sur les conquêtes qui pourraient être faites, sa majesté britannique se contenterait de Wakheren , de Sluys et de Ttle de Gadsand ; et que, dans des articles séparés, on pourvoirait aux intérêts du prince d'Orange, de façon à ce qu'il trouvât son avantage dans la guerre ; 9° et que pour unir plus étroitement les intérêts et les aiïoclions des sujets des deux couronnes, le traité de commerce déjà commencé serait promptement conclu *.

De Douvres, le roi se rendit à Londres [2 juin]) sa sœur au palais de Saint-Cloud; et moins de trois semaines après leur sépa^ ration [20], la belle et séduisante Henriette mourut k Fâge de vingts ans, après une très-courte maladie. Le bruit que, pour puâr les infidélités de son mari, elle s'en était permis de senn blables , fut solennellement contredit par elle k ses derniers moments ; et le soupçon quil Tavait fait empoisonner avec une tasse d'eau de chicorée ne fut point confirmé par Tétat du corps

1. Voyei la note (M), n est évident, en comparant le traité lui-même «ree ce

qui en est dit dans la Vie de Jacques, que ce prince, ou le compilateur de ta vie, était assez mal infornic de la véritable histoire de ces transactions. Il prétend à tort que le traité fui conclu et signé, et une partie de l'argent payée, au eominenoement de l'année, et que Hennette réusÉn à pmnader au roi*^ de renoncer a son droit et de commencer par faire la guerre aux Hollandais. Il est à remarquer que Jacques quitta Londres avec Charles pour Douvres; mais, en route, il rat renToyé pour reUler sur la métropole, sous prétexte que la'fermoture des conventicules })ourrait occasionner quelques trouMcs. 11 atteignit Dou- TreH trois jours plus tard, et parait avoir soupçonné que Charles désirait de i'é« carier. Jacq. i, 44b. Macph. i, 51.

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m HlftimU D'ANOLIItMI.

lorsqu'on Tonvrit après son dôcc's». Henrintlo laissa uno fillo d'honneur favorito, madcninist llc de Querouaille. Soit souvenir de sa beauté, soit par égard pour uno sceur d«''funte, Charles, au bout de quelque temps [uov.] , Tinvila h venir en Angleterre, et knooima ÛUe 4'lMuuieur delareiiie* Feu après, elle devint une des maîtmsetdo roi*.

Ob jiic^t diBgiNu de eoiifler le seoiel du dernier 1^ homme aussi pea stable dans ses ofiiiiieiis, aussi aveugle dans ses ressentiments que Buekingliam ; cependant on ne put le mettre à exécution sans son aide et celui de ses amis et collègues Ashley et Lauderdale. L'expédient qui fut adopié fait honneur a l'adresse des deux monarques. Le maréchal de Belleftuhls fui envoyé en Angleterre [30 juin 1()70] ronipliinenter ('harles sur la mort de sa so'ur, et Buckingham fut expédié en France [1*^'" août] pour rendre le compliment à Louis. Le duo fut reçu avec des honneurs distingués : le roi le consulta sur son projet de guem eontre les Etats, et lui présenta la perspeotive du oommandmneot des troupes auzOiaireSi s^ pouvait persu»ier k son souverain d'entrer en campagne. C'était là un app^t que la vanité de Buckingham ne pouvait reiàser. A son retour [13 sept.], il recommanda cet objet a la considération du roi et de ses collègues; il obtint la permission d'ouvrir une néf^ociation avec l'ambassadeur de France [19 nov.] ; il amusa les deux monarques en se plaignant de l'apathie ou do rinlidelilé d'Arlington et de Colbert , qui avaient pour instructions d'élever des objections, afin d'irriter son impatience et de l'engager plus avant dans l'intrigue ; el enfin la dupe eut la satisfaction de oondure un traité [)S janvier 1^1] dont il se crut vairàteusement Paulenr, mais qui en réalM était une copie du premier, à Feieeption de Tartide relatif h la oimveiflionduroi*.

1. Pour, le premier bruit, voyez Tempie, ii, 195 ; pour le second, Jacques, i, 4'\. MontaRue, T ambassadeur, dit dans sa lettre à Charlei, da 15 juillfit: c Je lui demandai alors si elle se croyait empoisonnée; son confesseur, qui était près de la, entendit ce mot, et lui dit : — Madame, il ne faat accuser personne, tuA» offrir voire mort à Dieu eonne on iMittee. — De loHe qnf elle «e Toiihit pas répondre à cette question, quoique je la lui fisse plusieurs fois; mais elle se contenta de lever les épaules. » Voyes une lettre de condoléance de Louis à Charles dans l Ai-pcndix, note (N).

2. Evelyn ^ii, ;^'2) dit : « J'ai vu cette lameu.se beauté, mais qui, selon moi, une figure insignifiante d'enfant et de poupée, mademoiselle Qucrouaille. «

Voyez aussi ;M0. - T.us filles d'honneur étaient Ilenrietta Maria Trie-, Wine-

^a Bt^u^ ^ ttucroiiaiUli, Margaret Blagg, Dorotby Uoward et J>o-

8. Dalrymple, ii, 68-77. OBomi de Louis, v, 471, 474. Par le second traité,

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A ooUe oomédie, on en ajouta uue autre. A réchéasoe du prowier tenue , Louis s^eu^it de son hem frèie s^il était prêt à so déekrer eatholique. Charles répondit [18 sept. 1^0] qu'il croyait

convenable de consulter auparavant le pape , et d'obtenir des conditions qni diminuassent le mauvais eilet de ce cliangenient sur son peuple. Cette réponse fut approuvée, et en conséquence, une tentative vigoureuse fut faite i)Our Tamener h faire d'abord la guerre et à publier ousuite sa conversion. Mais le roi fut in-» flaxiblet et r^cmdit à une seconde réquisition qu^il ne voyait personne à qui il pût confier une négodation n dâicate. Louis offrit ré?éc[ue de Laon, dont les services furent accotés; mais, au bout de quelques jours [ 13 oct.] , Fidée vint h Charles que le pontife régnant était vieui et infirme, et qu^Q serait plus prudent d^attendreTavénement de son successeur; puis [7 nov.] il se détermina à eniployer un Anglais, et laissa écouler ([U(4<|iie teiiips avant de nommer le président du collège anglais de Douai; ensuite il parvint a obtenir un délai de trois mois, sous prétexte de rédiger et amender les instructions h donner à cet envoyé; et enfin il déclara franchement [15 février 1671] que les drcoustances présentes le forçaient de remettre rexécuticm de son dessein à une occasion plus fiiv«rable. Au bout d'un an [il mars 1673], Louis revint à la ehaige, et Charles objecta des scnq»ules r^igieux qui lui faisaient désirer de consulter quelque thédo* gien c^bre , mais un théologien qui fût en même temps habite en chimie, alin que le sujet de leurs conversations fût censé être sa science favorite. Bientôt après [7 juin], il se détermina ù faire de la célébration de la messe en anglais , et de l'administration du sacrement sous les deux espèces , les conditions indispensables de sa conversion. Mais Louis était alors satisfait : il avait atteint son but, qui était d'entraîner le roi dans la guerre, et en conséquence^ il cessa de réclamer une dédaration qui en eût fait ira allié inutde et onéreux ^

Dans Pe^oir d^diitenir encore de Targent, Charles avait convoqué le parlement en automne [26 oct.], et le garde des sceaux informa les chambres en son nom des différents traités qui avaient

Charles devait recevoir cinq millions de livres au lieu de trois; mais, dans un êtttole 0«cr6t Iimmiiiui à Bockinc^am. il r«coiiiiais8ait que gur les cinq U en d»* ▼ait recevoir deux par le premi^ traite pour se déclarer cathoUque. Dalry mple, 77.

1. Dalrsrmple, ii, 62-65, 83, 84. Il est impossible de réprimer le soupçon que les doux princes apissaient sans sincérité. Charles ne mettait en avant son projet de conversion que pour amener Louis à lui lournir de Varjjent; et Louis se •onnetliit à la déoqption afin ^trBlner;Chafl0s àla guerre contre les Etats.

m HisToitB iTAfiQumau.

été faits pour renooura^ment et la protection du commerce, appela leur attention sur les préparatifs niarilimes et militaires de la France et de la lluUando, et annonça la détermination du roi d'équiper une Hotte de cinquante voiles, pour mettre les cotes de la Grande-Bretagne a Tabri d'insultes pareilles h celles qu'elles avaient essuyées en 1667; mais pour cela il fallait de Targent. La dernière somme votée Tavait mis h même de payer Tintérôt de k deUe et d'eu éteindre une partie. Mais il en restait micore une portion considérable à racheter; et le meilleur moyen de soutenir la réputation et les intérêts de la nation était deyoter un sub* flide expéditîf et abondant. Les ministres ataient en soin de s*assurer une majorité dans les communes. En vain Pon eut recours a des uiTusations de prodigalité et a des insinuations de |)a[tibiiie et de pouvoir aibitraire, la somme de deux millions el demi, k lever de diHerentes manières, fut votée sans difficulté. Pendant la disrussion un membre proposa une taxe sur ceux qui fréquentaient le théâtre, et lorsqu'on répondit que le théâtre conr tribuaitau plaisir de Sa Majesté, sir John Coventry demanda ironiquement <K si le plaisir de Sa Migesté Tenait des acteurs ou des actrices. r> Getle expression offensa Tivemant la cour; les courtisans résolurent de punir Tinsulte faite à leur souyerain, et le duc de Monmouth confia le soin de la Tengeanoe k Sandys, sous-lieutenant, et à O^Brian, fils de lord Inchiquin. Ceux-ci, prenant avec eux treize hommes de leur compagnie, surprirent Coventry dans Haymarket [21 déc] comme il se rendait chez lui dans la soirée, après que la chambre s'était ajournée pour les fêtes de Noël. Ils le battirent, le jetèrent par terre, et lui firent au nez une incision profonde avec un canif. Cette violence, qui s'était commise avec la connivence du roi et malgré les remontrances du duc d'York, excita le mécontentement de la chambre. La première résolution qu^elle prit, après Tijottmenmt [9 janv. 1671], fot de ne pas sVcuper des affaires publiques qu'on n^efttDûtréparation aux communes d^Ângleterre de Tinsulte faite à un de leurs membres; on passa un acte [Ui] bannissant pour la vie les quatre principaux coupables, s'ils ne se livraient pas à la justice dans un certain délai, et les rendant inamnisliables excepté par acte du parlement ; et, a l'avenir, le fait de mutiler ou de défigurer la personne fut déclaré félonie sans bénéfice de clergie. Charles n'osa point intervenir pour protéger ses champions, et les communes^ apaisées par cette réserve, votèrent les bills de iinance ^.

1. Staf. of BMlm, S8l. Mairell, i, 413. Blacph. i, 57. Ralph, 193. Burnel,

Diyitizeu by

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