Rashw. 265, S74. Whitelock, 69, 70. Clar. ii, 937, S
2. Son armée était réduite à <■ quatre ou cinq raille hommes, et ceux-eî trèsmécontents que leur générai et eux fussent dépréciés, et Waller prise immédiatement. » Baillie, i » Wl. B «rait trois nUle hommes en état de marcher et trois cents malades. Jwm. ti, 100,
74 HISTOIRE D'ANGUBTERRB.
bien habillés et bien équipes. Mais l'cvéncmont prouva qu'on 3'était exagéré son habileté. Dans le cours d'une semaine, il livra dem batailles , Tune près de Bath au prince Maurice [5 juillet], rautre à lord Wilmot , près de Devizes [13 juillet] : la première fiit opiniâtre^ mais indécise ; la seconde sanglante et désastreose. WaUer accourut du champ de bataille à la capitale , attribuant la perte de son armée, non-k ses propres erreurs, mais à la jalon- . sic d'Essex. Ses patrons n'abandonnèrent pas leur faTori. Imitant rcxcmplo des Uoniains, ils vinroiil au-devant du général malheureux en cortège triomphal [27 juillet] ; et l uraleur des communes le remercia oÛicieilement des services qu'il avait rendus h sa patrie ^
Cette bravade n'imposa point aux avocats de la paix. La troupe de WaUer était détruite; la grande armée, éloignée récemment à Kingston, avait été tellement réduite par le besoin et la néglir gence, qu^Essez refusait de lui donner le nom d'armée. La reine avait marché sans opposition [13 juillet] du Yorkshire à Oxford, amenant h son mari, qui la rencontra à Edge-hill, un puissant renfort d'hoiuuu s, d'arlilh'i ie et de numitions; et le prince Ru* port, en trois jours, avait pris [27 juillet] la ville et le château de Bristol, pfrAcn h la lAoheté ou h rincapacité doNathaniel Fiemics, lo gouverneur '^. La cause du parlement semblait chanceler sur lo bord de Tabime; et les lords, proiltaot de ce moment d'alarme, envoyèrent aux communes six résolutions commQ base d^un nouveau traité. Elles furent favcArablem^t reçues, et après une dis* cussion, qui durg jusqu'à dix heures du soir, il fut résolu [5 août]^ à une nujorité de vingt-neuf voix, de les prendre en considéra*» tion
Mais lo parti pacifique avait à lutter contre des hommes de
1. Rushw. r, 294, Sa»). Clar. n, 979, OOO. Journ. 97 jnill. Mny, 901-95. Ses premiers BUGcès furent attribués au colonel Uurry, Ecossais, quoique Waller eût le eommandement nominal. Baillie, i, 851. Mais Hurry, mécontent, paâsa au roi, et fit le plan de Texpédition qui amena la mort de Hampden. Clar. ii, 964. Baillie, i,
2. Fiennes, pour se justifier de rimpiitation do lâcheté, demanda une cour martiale, et Prynne et \Valker. qui l'avaient accusé dans leurs publications, furent dhargés de la poortoite. Il fut reconnu coupable et condamné à perdre la tète ; mais il obtint sa grâce d*£ifex, le commandant en chef. HoweU» Proêèi
d'état, IV, 18r)-i^;K3.
3. Clar. Pap. ti, 140. Les lords avaient, le mois précédent, déclaré (juMls étaient prêts à traiter ; mais les opérations avaient été suspendues par suite d'une déclaration royale que les chambrea B*étaient pas librea» et que leura TOtea ne devaient pas être considérés comme les Totea du parlement, /««m. ti , 97>
CHAPiTiiB DEUXIÈME. 75
rénergic la plus déterminée, qu'aucun danger ne pouvait effrayor, qu'aucune difliculté no pouvait abattre. Le jour suivant était un dimanche, et ils le passèrent à préparer un nouveau plan dV>pposition. Les prédicateurs, du haut do leurs chaires, représentèrent la paît comme la ruine inlailUble de la cité. Le conseil de yfUe Yota une pétition qui demandait dans les termes Ids plus farts la Gontimiation de la guerre, et on afficha dans les mes des placards qui invitaifflit les habitants à se loyer comme un senl homme, et à prévenir le triomphe des méchants. Le lendemain matin, Falderman Alkins porta la pétition h Westminster, accompagné de milliers de gens qui réclamaient la guerre, et proféraient des menaces contre les traîtres. Leurs cris retentissaient jusque dans les deux chambres. Les lords résoluroiit do s'abstr»oir de toute affaire publique jusqu^à ce que la tranquillité fût rétablie; mais les communes remercièrent les pétionnaires de leur attachement à la cause du pajs. On. reprit alors rexamen des résolutions; la terreur avait diassé de la chambre les plus pusillanimes, et, k la seconde division, le parti obtint une majorité de sept voix *.
Néanmoins leurs adversaires auraient encore pu triompher, si, comme on le suggéra dans le principe, ils s'étaient rendus à Farmée, et avaient réclamé la protection du comte d'iissex. Mais le lord Saye et M. Pym se hâtèrent d'aller trouver ce seigneur, et apaisèrent son mécontentement par des excuses et des promesses. Ils offinrent de punir ceux qui l'avaient diffamé ; ils professèrent une confiance sans bornes en son honneur ; ils lui assurteent que de Taigent, des habits et des recrues étaient déjà préparés pour réorganisa son armée. Essex se laissa vaincre, et il informa ses amis qu^il ne pouvait consclenc^sement agir contre le parlement, dont il tenait sa commission. Sept des lords, près i\v la moitié de la chambre haute, se retirèrent immédiatement de Westminster^.
1. Clar. U. aSO. /oimt. 5, 7 août. Lords, vi, 171, 172. Baillie, i, 300. Le 8»mcrîi. les nombres étaient 04 et r>' ; le lundi, 81 et 70 ; mais rexaotitude de ceux qui comptaient les votes fut contestée, et la seconde division donna 81 et 89. 9eHX jaan après, deax à trois mille femmes (les hommes n* osaient pas se montrer": présentèrent une pétition pour la paix et reçurent une réi'onse polie ; niais comme elles ne s'en allaient pas, et que (juelques-unes usaient d'un langage menaçant, elles furent chargées A dispersées par les militaires^ et il en pértt plndcnifs. Jbttm. 9 juin. Clar. nr, 881. Baillie, i, 890.
f. Clar. 3J3-333. Northumberland se rendit à s;i maison de Pcfworth; les comtfs de lU'dford, «le Ilollaud, de l'ortlaud ft de Tiare, les lords L;)vt laee et Conway , à Oxford. Ils furent mal reçus, et la plupart retournèrent au parlement.
* 76 lilSTOiK£ b'ANGLETËRUE.
Le parti victorieux procéda ayec une nouvelle vigueur à ses ' préparatifs militaires. 11 fit tous ses eflbrts pour satisfaire aux
doniandes d'Essex. Kimbolton, qui, h la mort de son père, avait succédé au titro de comte de Manchester, reçut une commission pour lever dix mille hommes dans les comtés unis de Norfolk, SiilTolk, Essex, Cambridge, Ely et llertford On rendit une ordonnance qui autorisait les comités des divers comtés a presser des soldats, des artilleurs et des chirurgiens; Sir Henry Vane, avec trois de ses collègues dé la chambre basse, courut en Ecosse solliciter Tassistance d'une armée écossaise; et afin que Londres fût à rabri de toute insulte, on fit tirer autour de la ville une ligne de communication militaire. Tous les matins, des milliers * d^habitants, sans distinction de rang, étaient convoqués ^ cette tâche îi tour de rôle : tambour battant et enseignes déployées ils se rendaient au lieu marqué , et leurs femmes et leurs filles les accompagnaient pour les aider et les encourager pendant leur travail. En quelques jours ce grand ouvrage, qui avait douze milles de tour, fut achevé [aoiitj, et la défense de la ligne, avec le commandement des dix mille hommes, fut confiée h sir William Waller. Ëssex, à la requête réitérée du parlement, signa la commission, mais refusa d^y insérer le nom de son rival. Le blanc fut rempli par ordre de la chambre des communes ^.
Mais Londres fut préservée du danger par rinsubordination des royalistes. Le comte, maintenant marquis de Newcastle, avait ligué les comtés du nord en faveur du roi; il avait défait [30 juin] lord Eairfax, général parlementaire, h Atherton-moor, et repris Gainsburough , dans le Lincolnshire , sur les troupes commandées par Oliver Cromwell. Mais il ne put décider ses soldats à s^éloigner davantage de leurs foyers ni à se joindre à la grande armée des royalistes dans T attaque projetée contre la métropole, et Charles, privé de la moitié des troupes qu'il attendait^ fut forcé d^adopter un nouveau plan d'opérations. Tournant le
1. La première association fut faite dans les comtés du n u d par le comte de Newcastle en faveur du roi, et elle fut imitée plus tard par les comtés de Devon et de Cornwall. Les patriotes tirent Tavantage qu'on pomrait tirer de oei unions, et ils en formèrent plusieurs parmi leurs partisans, i^es membres s'engageaient & maintenir la paix des romlés associes, s'ils étaient royalistes, « contre les malveillantes et ambitieuses personnes qui , au nom des deux cliambres, avaient plongé le royaume dans une guerre civile ; » s'ils étaient parlementaires, « contre les papistes et autres personnes malinteutiotiuées qui entouraient le roi. Dans chacune on adopta des règlements qui Hxaicnt le nombre des hommes à lever, armer et exercer, et l'argent qui devait être leré à cet effet dans chaque municipaUté. BaBhw. 66» 94-97, 119, 881.
9. May, m Jaum, 18» 19, 97 juiUet; des Lords, 149, 158, 175, 18t.
(UIAIHTIŒ pELXlÈME. 77
dos a Londres , il se dirigea à la hâte vers la Seyern et inrestit Glouoester [10 août], la seule place importante des comtés du œntre qui reconnût l'autorité du parlement. Cette ville fat défendue par le colonel Massey, officier brave et d^'^terminé, avec une opiniâtretéégalehson importance, et Essox, a la tetcdo douze nulle hommes, entreprit de faire lever \v siège. On croyait la chose impraticable; mais routes les tentatives des royalistes pour arrêter sa marche furent déjouées [26 août] , et le vingtsixième jour [5 sept.], quatre coups de canon tirés des hauteurs de Presbury annoncèrent son arrivée aux habitants. Les assiégeants brûlèrent leurs baraques et se retirèrent, et Ëssex, après ayoir passé qu^es jours à rafraîchir ses hommes, et )i approvisionner la place, reprit sa marche dans la direction de Londres [19 sept.]. Éi approchant de Newbury, il trouva Tarmée royale MMUresse-de la route. Je n'essaverai pas de décrire un combat qui a ete rendu inintelligible par les relations confuses et discordantes des différents écrivains. La cavalerie du roi paraît avoir été supérieure à celle derennemi; mais elle ne put produire aucun efTet sur la forêt de piques présentée par l'infanterie, dont la plus grande partie étoit composée des milices de la capitale. La bataille continua avec fureur fort avant dans la soirée, et les deux armées passèrent la nuit sur le champ de bataille; mais le matin, le roi laissa Essex traverser Newbury, et ayant ordonné au prinoe Rupert d^quiéter Varrière-garde, il se retira avec son mianterie à Oxford. Les parlementaires s'attribuèrent la victoire, Ot paraissent en avoir eu le droit; mais leur général, après avoir fait son entrée triomphale dans la métropole, sollicita la permission de résigner son commandement et de voyager sur k. continent. Il opposa à ceux qui chercliaient à l'en dissuader la méfiance avec laquelle il avait été traité, et Tinsulte qu'on lui avait faite par l'autorité confiée h \V aller. On suggéra plusieurs expédients ; mais le général en dief sentait ses avantages; sa jalousie ne put être apaisée par Fadulation ni par la soumission ; et, après de longs débats, Waller fut forcé [9 oct.] de déposer son commandement
Dès que le parlement fut remis de l'alarme causée par la perte de Bristol, il trouva le loisir de consacrer une partie de son attention au gouvernement civil du royaume. 1** On avait éprouvé
1 . R usîuv. V SOO, m May, S9(NN8. Clu. ni, sif. Joum. 90, !^ lept. 7, 9 ocU De» Lwrds, VI, SIS, SMS, S48i 847, 8i7, 85S.
IIISTOIKE D'ANGLLTERKE.
de graves inconvénients de Tabsence du grand sceau, dont Tapposition était regardée , par Les hoamies de loi , comme néce»- Sike à la Talidité de plusieurs espèces de writs. Les deux chamr bres et leon partiMns étaient privée de cet avantage, tandis qpB le roi, de «on côté, ponvait délivrer des patentes et des commissiims dans la finme accoutumée. Pour remédia «a mal, lee communes avaient voté un nouveau seeau [15 juillet] ; les lords hésitèrent ; mais on finit par leur arracher leur consentement. Des commissaires furent chargés do faire Tofficc do garde des sceaux, et on ne scella pas moins do cinq cents writs en un seul jour [11 oct.]. S*' L'administration publique de la justice était suspendue depuis un an. Le roi ajournait constamment les assises de Westminster k Oxford, et les deux diambres, non moins constamment, défendaient aux juges de fiaire leurs tournées pendant les vacances. Mais, maintenant, sous rautorité du nouveau sceau, lee comm s'omirent. Les conuaissaires siégèrent à k <diancâlleiîe, et thns juges, les seuls qui restassent arec le pariemont, Bacon, Reeve et Trovor, au banc du roi, aux plaids corn* » mnns et k l'échiquier. S*' On reprit la poursuite des juges, h raison de leurs opinions dans Tafiaire du ship-money. Il ne restait que deux de coux qu'on avait accuses, Berkch'v et Trevor. Le premier fut condamné h vingt mille livres d'amende ; lo second à six mille livres. Berkeley obtint la remise de la moitié de l'amende, et tous deux furent libérés de remprisonnement qui avait été prononcé contre eux
D^is le commencement des tronbles, il avait toujom» ttdsté . une pafMte inleiligence entre les dMfe des covenantaires écossate et les principaux réiformateurs anglais. Leurs Tues étaient sembla* bles; leor <Àjet le même. Les Ecossais, h la vérité, avaient combattu et triomphé ; mais le fruit de leur victoire était précaire, tant que le sort de leurs a frères d' Anplotorre » dépendait des chances incertaine? de la guerre. La politi(jue et la religion les portaient à intervenir. Le triomphe du parlement assurerait leurs propres libertés; il servirait à propager le culte pur de leur Kglise. Les royalistes écossais l'avaient prévu , et Montrose , qui , par l'acto contre les conspirateurs, était privé de tout accès au^^ du roi, {HTofita du débarquement de la reine à Burlington pour Taller ▼oir k Ycdk. Il lai monta qu'il était probable que les covenan«-
1. Journ.des Lords, vi, S14, 85^i, iHi^t dtài, 318: dsiCoiiiiii. mai* 5 ioUl. 98 lept. Ruahw. v, 1^4, 145, 339,343, 361.
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