Baiiiie, i, 381. Clar. lu
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exprimée, du moins sous-entendue, de tous les cas dans lesquels la liberté ou la religion serait en jeu
£ii Angleterre, le covenant, h quelques amendements près, fut approuvé des deux chambres, et on ordonna qu'il fût adopté et signé de toutes les personnes en place et généralement de toute la nation [26 sept.]. Les communes donnteent Pexemple; les lords, avec une dTection de dignité qui les exposa à des remarques sareastiqueSy attendirent qu^il eût été préalablement adopté par les Ecossais. En môme temps , on négociait [29 nov.] une ligue « d'assistance fraternelle, » stipulant que les états aideraient le parlement (l'une armée de vingt et un mille hommes; qu'ils mettraient une garnison écossaise dans Berwick, et démantèleraient la ville h la tin de la guerre , et que leurs troupes seraient payées par T Angleterre au taux de Uenie-un mille livres par mois ; qu'elles recevraient pour leur équipement une avance de cent mille livres, outre une gratification raisonnable au rétaUissement de la paiXf et qu'on4eur assignerait, comme sûretési, les biens des ^ papistes, des i^lats et des mal-pensants dans le Nottingfaamshiro * et les cinq comtés du nord. Soixante mille livres étant arrivées , les levées commencèrent ; elles furent achevées en quelques semaines, et, avant la tin du Tannée, Leslie réunit ses troupes h Hairlaw, lieu fî«é pour le rendez-vous^.
Cette ligue foriniiiable, cette union cimentée par l'intérêt et le fanatisme, jeta Talarnio dans le vivxw des royalistes. Ils avaient eu de la peine \\ se maintenir contrôle parlement seul; ils se sentirent hors d'état de lutter contre un nouvel et puissant ennemi. Mais Charles n^en fut point effrayé; ardent de caractère, et confiant dans la justice de sa cause, il ne voyait pmnt de raison de se décourager, et comme il avait prévu depuis longtemps ce sur^ croit de mal, il s'était prépaie à Taifronter. Dans cette vue, il avait tâché de s^assurer Fobéissance de l'armée anglaise d'Irlande contre les partisans et les émissaires du parlement. Soupçonnant la fidt'lite de Leicester, le lord lieuienani, il réussit h le retenir en Angleterre, donna au commandant eu chef, le comte dOr-
1. Rushw. V, A-% 482, Journ, 139, dlâ. Baillie, i, 390, 891. « Son objet prineiml était la propagaUon de notre discipUne ecdésittUque en Angleterre et en Iriande. % Id. 9êà*
9. Journ. 14, 21, 25 sept. 8 cet. 8 dre. .Tonrn. Lords, vi, ?>0-2i>l, 213, 981. 389, aci. Les amendements furent rinserti«»u de « l'Eglise d'Irlande» a^uvs celle d'Angleterre, une explication du mot prélat, et l'addition d'une notemarfinale où il était dit que, par Texpreasion < selon la perole de Dieu, » on entendait « autant que dans nos consciencea nouB le OToyont OU le oroirona aelon la parole de Dieu. > Journ. l, 2 sept.
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mond, qui fut ôlcvô au rang do marquis , pleine autorité de disposer des conuiiissioîis do rannéo [3 avril]; nomma sir Henry Tichborne lord justicier en remplacement do Parsons; força les commissaires envoyés par les deux chambres h quitter TUe, et enfin obtint an ascendant incontesté on empriscmnant [l^'août], comme «ecosés de tralûson, quatre des oons^ers les plus opposés à ses desseins K
Tant de renforts ayaient été successiTeioiient amenés en Irlande d^Ecosse el d^An^elerre, que Tarmée opposée aux insurgés finit par s'élever h cinquante mille hommes^; mais parmi eux les Ecossais semblaient beaucoup plus occupés do leurs intérêts privés que du succès de la cause commune, et le nombre des Anglais fut graduellement réduit par le besoin, la désertion et les chances de la guerre. Ils ga^aièrent bien plusieurs batailles, ils brûlèrent et démolirent beaucoup de yillages et de villes ; mais le mal de la dévastation retomba sur eux-mêmes, et ils conimencèreut à épnmver les honrenrs de la lamine an milieu du désert qu'ils avalent fait. Leurs demandes de secours furent négligées par le partemmt, qui avait converti h son propre usage une grande partie de l'argent levé pour le service de Hrlante) et se sentait peu disposé a entretenir une armée attachée à la cause royale. Les officiers firent des rernontrances dans des termes libres, quoique respectueux, et ravortement de leurs espérances accrut leur mécontentemeut, et les attacha plus forieiueni au souverain 3.
Dans rintervalle, les catholiques, par l'établissement d'un gouvernement fédératif , avaient consolidé leurs forces et donné une direction uniforme à leurs efforts. Leurs che& eurent soin dUmi* ter Feiemple des Ecossais durant Theureuse guerre du covenant. Goome em ils professèrent un sincère attachement à la personne du monarque, un profond respect pour son autorité légitime; nuds comme eux ils réclamèrent le droit de résister è Toppression et de recourir à la force pour défendre leur religion et leurs libertés. A leur requête, et à Vimitation de rassemblée générale de TEgliso écossaise, un synode de prélats et théolofïiens catholiques s'assembla à Kilkenny ; un exposé des griefs qui poussaient les insurgés à prendre les armes fut mis sous leurs yeux,
1. Carte'â Ormùnê, t, m, 4AI ; m, 76^ 19S, 1S5. S. Jàwm, y» S9S.
a (te. Uh 41iHU8, 4M. Cwrt€'t Ormond, m, 155, 160, ISA.
84 HISTOIRE D'ANGLETEaRË.
et ils décidèrent [10 mai 16^] que les raisons étaient suffisantes et la guerre légitime , pourru qu'elle ne fût gas iàite dans des motife de baine ou d'intérêt personnel, ni déshonorée par des
actes do cruauté inutile. On ordonna de souscrire un serment et covenant , qui obligeaient les signataires à protéger, au risque de leur vie et de leur fortune, la liberté du culte catholique, la personne, les héritiers et les droits du souverain, et les immunités et libertés légitimes du royaume d'Irlande conUe tous usur- . pateurs et envahisseurs quelconques, et on prononça rexcommunication contre tout catholique qui abandonnerait le covenant ou en assisterait les ennemis, contre tous ceux qui retiendraient de force en leur possession les biens des catholiques anc^ on irlandais, ou des protestants irlandais non opposés à la cause, et contre tous ceux qui profiteraient de la guerre pour tuer, Messer, voler ou piller autrui. D'un commun consentement on choisit un conseil suprême de vingt-quatre membres, avec lord Mountgarret pour président, et on fixa un jour pour une assemblée nationale, qui, sans avoir le nom de parlement, eu prendrait la forme et en exercerait les droits *.
Cette assemblée donna de la stabilité au plan de gouvemement imaginé par les chefs. L'autorité de la constitution fut reconnue, et un conseil fut établi dans chaque comté pour son exécution [1^'oct.]. Du jugement de ce tribunal on pouvait appeler au conseil de la province, qui, à son tour, reconnaissait la juridiction supérieure du « conseil suprême des catholiques confédérés dlrlande. » Quatre généraux furent chargés de la conduite de la guerre, et chacun eut le commandement des troupes d'une province : Owen O'Neil, dans l'Ulster, Preston, dans le Leinster, Barry Garret, dans le Munster, et John Burke, dans le Connaught; tous quatre officiers d'expérience et de mérite, qui avaient quitté leurs commandements dans les armées des princes étrangers, pour offrir leurs services à leurs compatriotes. Sentant bien que ces règlements équivalaient à une usurpation de l'autorité souveraine, ils eurent soin de faire parvenir au roi de nouvelles assurances de leur dévouement à sa personne, et de lui exposer les raisons qui justifiaient leur conduite. Leurs premiers messagers, quoique protestants de distinction et d'une loyauté recon-
1. Huslnv. V, olG. Viiuîicix caih. hib. 4-7, Cet ouvrage a souvent été attribué à air Rich. BeUing ; mais Waldi (préf. de VHist. de la Remontrance, 45) dit que railleur véritn))U> était le doetéor CêUtgiuuif préfcntéparle conMttfDpréBa pour le siège de Waterford.
CHAPITBË DEUXIÈME. $5
nue, aymenl été arrêtés, eminrisoimés, et, dans un cm du moins, lertorés par ordre de leuis ennemis. Cette fins ils adoptèrent un moyen plus sûr decommunicatlott, et transmirent leuis pétitions par les mains du commandant en chef. Le conseil suprême articulait dans celles-ci une longue liste de griefs dont il demandait le redressement. Il repoussait avec chaleur Timpulation de déloyauté ou de rébellion. S'ils avaient pris les armes, ils y avaient été forcés par une succession d'injures qui dépassaient toute patience humaine dans leur rcli^^on, dans leur honneur et leurs biens, dans les libertés de leur patrie. Leurs ennemis étaient les ennemis du roi. Les hommes qui avaient juré de les chasser de leur sol natal étaient les mêmes qui cherdiaîent à le dépouiller de sa couronne. Ils le conjuraient donc de convoquer un nou- ?eau parïement en Irlande, de leur acçordier le lilm exercice de la religion qu'ils avaient héritée de leurs pères et de confirmer aux Irlandais leurs droits nationaux, comme il avait déjà fait pour ses sujets d'Angleterre et d'Ecosse*.
La première de ces pétitions, qui demandait une suspension d'armes, avait suggéré au roi une nouvelle li^me politique 11 informa en particulier le marquis d'Ormond de son désir d'employer une partie de Tarmée irlandaise en AngleterrOi il le requit à cet effet de conclure un armistice avec les insurgés , et lui envoya des instructions pour lui servir de règle de conduite [23 avril 16&S]. Cette dépêche était secrète; elle fut suivie d'une ordonnance publique, et celle-ci d'un commandment p^emptoire. Mais il survint beaucoup d'événements pour retai^er le projet du monarque et irriter son impatience. Ormond, pour sa propre sûreté et dans l intéret de son souverain, jugea politique de prendre un ton de supériorité et de rejeter la plupart des demandes des confédérés, qui, il le voyait, étaient déjà divisés en partis et influencés par des conseils opposés. Les anciens Irlandais et le clergé, dont les efforts étaient dirigés par Scaramp, envoyé du pape, s'opposaient avec chaleur au projet. Leurs ennemis, faisaientrils observer, avaient été réduits à une extrême détresse; leur armée victorieuse sous Preston fiedsait des incursions journalières jusqu'aux portes mêmes de la capitale. Pourquoi descendre de la position avantageuse qu'ils avaient conquise? Pourquoi, sans motif, abandonner le prix lorsqu'il se