Bailiie, il, 40, 41, 4â, 49, Ô7, 60, 66, 69. HoUis, lû
m UISTOIKË D âNGLËT£KRE.
Mâis avant que cette querdle fût terminée, il s^en éteta nne seconde plia importante. L'action indécise de Newbury, et le rêfÉede^comliattrekDennington, araient exdté le mécontente-
mont du public ; la chambre basse ordonna une enquête sur la conduite dos fronéraux et l'état dos armées ; et le rapport [23 nov.] fail par lo comilc (îo< doux royaumes décida le voto, qu'on préparerait immédiat<'ment un plan d'organisation des forces nationales, sous une forme nouvelle et plus efficace. Waller et CromitbII, qui tous deux étaient membres de la chambre, furent mécontents du rapport. A la séance suivante [25 nov.], chacun d'eux relata fai part qull avait prise aux opérations qui avaient soulevé de si. vives jj^aintes; et le dernier profita deToccasion pour accuser de désaffection le comte de Manchester, qui, prétendait^l, ne vonlait pas que le pouvoir royal essayât une autre humiliation ; ot, pour cotte raison, ne voulait jamais permettre~k ses troupes d'en venir aux mains, a moins que ce ne fi\t évidemment h son désavantage. Manchester, <lans la chambre des lords, repoussa rimputation avec chaleur, justifia sa conduite, (^t répliqua à son accusateur qu'il était encore à savoir en quel endioit le lieutenant général Cromwell s'était posté avec sa cavalerie le jour de la bataille
Il est digne de remarque que, même dès cette époque, E^ex, Manchester et les commissaires écossais soupçonnaient Cromwell et ses amis du dessein de s^emparer du commandement de Tar-
mée, de supprimer la chambre des lords, de diviser la chambre des communes, de dissoudre le covonant entre les doux nations et d'ériger un nouveau gouvernement conformément h ses principes. Pour déjouer ce projet, on proposa d'abord que le chancclirr d'Ecosse le dénonçât comme incendiaire, et demandât son châtiment aux termes du dernier traité; mais les hommes de loi qu'ils consaltèrent ayant répondu que leurs preuves étaient insuffisantes pour soutenir Finculpation, il fut décidé que Manchester raccuserait devant les lords dVoir exprimé le désir de réduire les pairs à Fétat de simples particuliers ; d'avoh* déclaré quH était disposé II combattre les Ecossais, dont le but principal était d^tablir le despotisme religieux; et'd'avoir menacé do couUaui Ire, h Taido des indépendants, le roi et le parlement h accepter les conditions qu il dicterait. Cette accusation, avec uu exposé par écrit de
1 Rush A V , 732. /oiim.!»,d3.d5nov. Joura. dei Lord«, vu, G7, 7b, 6U, iU. \\ iuUdock, llG.
littif^iester, à «a prcpt^ jusHtoitioii, foi communiqoé aiix4i0Bimnnes; ei après quelques objedioiis wn des points éè Ibnuo et de piMlége, efles la rarroyèrait à un «onHé [S déc.], qui en rnnit r^oimen de jour en jour, et elle finit par tomber dans
l'oubli t.
Cromwell hésita point h tirer vonp^oance d'Essox et do Maiicliestor, quoiqu'il ou dut lui-inèino ro>?«'ntir le contn^-eoup. Il proposa aux couuuuues [9 déc] ce qui fut ensuite appelé « rt)rdonnaiioe d'abnégatîoD| » c'est-à-dire que les membres des deux chambm fttssenl exclus de tous offices, soit civils, soit militairea. H m voulait pas técnniner, éift-il, mais snggérer nn ranèée pour Fayenir. La nation était lasse de la guerre; el il parlait le langage de ses amis et de ses ennemis, kmquHl disait q[iie si elle ootttnraait) le blâme en i^lombait sur les deux dianères , qui naturellement ne pouvaient l'amener h une prompte conclusion, tant qu'un aussi grand nonjbre do leurs membres tireraient des conHuandeinciils militaires, richesses, autorité et e(msi(bTali()n. Son oh'y'i roel ulait visible à tous les yeux : cependant \i\ motion fut appuyée du concours de son parti, et de tous ceux dont la pa- U^ice avait été puisée par ies qnwelles des commandants; et lorsqti'on proposa nne eioeption en HiTeor da général en chef, sUefetrqFNmsséeàsept voix de majorité» dans mie chambre do eeot qnatre^gt-4r^ mettdnres [17 dée.]. Néanmoins, la force de l'opposition ^conmgea les pairs k parier plus librement que de coutume. Ils soutinrent [21 déc.] que rordonuance était inutile, puisque le coniiio olait occupé à préparer une nouvelle orgauisation deranuée; qu'elle était injuste, puisqu'elle tendait a exclure toute la pairie des emplois, tandis que les couununos restaient également aptes h siéger au parlement <ui à remplir des fonctions civiles ou militaires. Ce fut en vain que la chambre basse fit des remontrances. Les lords répliquèrent [16 janvier 1646] qa^ils avairat rejeté le bill, mais qu'ils en accepteraient nn autre de même nature, pourvu qu^il ne s*étmidtt point aux commandements de ra|piée
' Mais dans Tititemlle \» comité des deux royaumes aTait achevé
son plan de réforme militaire [9 janvier], qui, dans son action immédiate, tendait à produire le môme effet que rordonuance
I. Baillie, ii. 76, 77. Joum. S, 4 déc. 18 jouY. Journ. des Lords, 79. bO. Wlùtelodc, 116, 117. HoUi«, 18.
a. Journ. 17 dec. 1, io, Ljjauv. Juuru. dan hoïda, i-J'à, 131» 134, 135. Rashw. VI, 8-7.
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rojolôe. Il obtint la saiiclion des coimiiissaircs écossais, qui consentiront, quoique avec répugnance, à sacrifier leurs amis de la chambre haute, dans rintéiôt d'une mesure qui prometlait de mettre lin aux discordes et aux lenteurs de rancien système et d'éloigner de Farinée Gromwell, leur plus dangereux ennemi. S'il les privait des talents d^Essex et de Manchester, qu'ils ne paraissent pas avoir jamais prisés, il leur donnait en échange un commandant en chef dont ib avaient appris à apprécier le mérite lors de son service conjointement avec leurs troupes au siège d'York. Par la nouvelle organisation on proposait de coniposer rarmée de niilli dragons, six mille six cents hommes de cavalerie en six régiments, et quatorze mille quatre cents d'infanterie en douze, sous les ordres de sir Thomas Fairfax, et du major général Skippon , comme commandant en premier el en second [21 janvier]. Les lords hésitèrent; mais après plusieurs conférences et débats [15 février], ils la renvoyèrent avec quelques amendements aux communes, et elle fut publiée à son de trompe dans Londres et dans Westminster ^
Cette victoire fut suivie d'une autre. Beaucoup de pairs persistaient dans Vidée qu'on avait Fintention d'abolir leurs privilèges. Us résolurent de ne pas plier sans combattre ; ils insistèrent pour que la nouvelle armée adoptât le covonant, et souscrivît au directoire du culte public; ils refusèrent leur approbation à plus de la moitié des officiers nommés par sir Thomas Fairfax; et ils s'opposèrent aux pouvoirs additionnels offerts par les communes à ce général* Sur ces sujets, les votes de la chambre étaient presque égaux; et toutes les fois que le parti adverse obtenait la miyorité, c'éteit à l'aide d'une seule procuration ou des clameurs de la populace. Enfin les communes déclarèrent [25 mars] « qu'elles se regardaient comme tenues de maintenir la pairie dans les droits et privilèges appartenant h la chambre des pairs a Fégal des leurs, et qu'elles le foraient réellement. » Délivrés de leurs craintes, les lords cédèrent h un pouvoir qu'ils ne savaient comment maîtriser : les différents bills passèrent, et dans ce nombre, une nouvelle ordonnance d'abne'gaiion [3 avril], par laquelle tous les membres des deux chambres étaient destitués, au bout de quarante jours, de tous emplois civils et militaireS| conférés par autorité du parlement 3.
1 . Jo N m . 9, lâ, 97 jaay. 11, lâ féT. Bei Lord», 159, 176, m, 193, 195,
Clar. 11. r,r>\).