Jouni, 25 lév. 21 mars. Des Lords
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Jusqu'ici j'ai tâché de suivre sans interruption la chaîne dos événements militaires et politiques ; il est temps d^appeler Tattentîon du lecteur sur les faits ecdésiastiques des deux dernières années.
1^ Comme la religion était reconnue le premier des devoirs, renverser le papisme et Tidolâtrie, et purger l'Eglise de la superstition et do la corruption, avaient toujours été considérés parle parlement comme son plus grand et son ]>lus important objet. C'était là, aux yeux de beaucoup de combattants, le principal intérêt de la querelle , ce qui en faisait, selon le langage du temps, « une lutte entre le Clirist et Fantichnst* » lout bon protestant « avait été élevé dans la plus profonde horreur du papisme; ce mot seul avait une magie qui éveillait les préjugés et enflammait les passions; et le lecteur doit avoir observé avec quel art et quelle persévérance les cheb patriotes remployèrent pour raffermir rattachement et excitée les efforts de leurs partisans. U s^écoulait rarement un jour sans que quelque ordre ou ordonnance locale ou générale fût publié par les deux chambres; et il en passait fort peu, même sur les sujets les ])lus indifi'érenls, sans(juil y fût dit quf la fiuerre avait été provoquée ori^niiairemcnt et était entretenue parles papisl(>s, dans le seul but d'établir le papisme sur les ruines du protestantisme. La constante répétition de cette accusation agissait sur Tesprit du peuple comme une preuve suffisante, et les démentis, les protestations» les appels faits au ciel par le roi, étaient méprisés et condamnés comme d'indignes artifices mis en usage pour tromper les gens crédules et sans circonspection. Dans cette situation, les catholiques. se trouvèrent exposés k l'insulte et k la' persécution partout où s'étendait l'influence du parlement; ils furent obligés de chercher protection aux quartiers des royalistes et de combattre sous leurs bannières; ce qui confirma les préventions ({u'on avait contre eux, et les exposa à un redoublement de reproches et de punitions.
Mais les chefs des patriotes, tout en excitant, dans des vues politiques, les haines de leurs partisans contre les catholiques, ne paraissent pas s'être plu à verser le sang inutilement. Ils ordonnèrent, à la véritéf des perquisitions contre les ecclésiastiques « catholiques ; ils offirirent et donnèrent des récompenses pour leur arrestation, et gratiflèrent de temps en temps les zélateurs du spectacle d'une exécution. Le nombre des prêtres qui subirent la mort dans le cours de la guerre s'éleva, terme moyen, h trois par • an ; et c'était peu, si nous cousidcrous l'état d'agitation do l'esprit
106 HISTOIRE D'ANG&ITBIUIE.
public a cotlc époque K Alais c'étail priucipalcmcnt aux bioti« dos catholiques laïques qu ils eu voulaient, prétendant que, comme la guerre avait été causée par leurs intrigues, les dépeuBes en do- Talent être défrayées par la confiscation de leurs propriétés. On décréta que les deux tiers de la fortune^ tant mobilière qulmmoiMlièroi de tout papiste seraient saisis et Tendus au profit de la nation ; et qae par le nom de papiste on dOTait entendre fonte personne qui, dans un certain laps de temps, avait logé nn prêtre, ou avait été convaincue de non-coufonnisme, ou avait assiste h la célébration de la messe, ou permis ses enfants fussent élevés dans lo culte catholique, ou reùise do prêter le serment d'abjuration; serment nouvellement inventé , par lequel on reniait ' nommément tous les principaux dogmes de la religion catholique 2.
3** Un ol\jet plus important encore, c^était la destraction de rétablissement épiscopal, destruction très-ardemment désirée par les saints, par tous ceux qui étaient opposés aux cérémonies
de la liturgie, ou qui avaient été scandalisés par la pompe des « j)rélals, ou vie limes du zèle de ceux-ci pour le main lien de Torthodoxie. H faut avouer que dans le temps de leur prospérité, ces prélats n'avaient point usé modérément do leur pouvoir; ipie la frt'Mpnmce des poursuites en coiu' ecclésiastique avait produit de rirhtation et de la haine; et que la rigueur des châtiments avait souvent dépassé la mesure de Toffonse. Mais le Jour de la rétrilm' tien arriTa. L'^isoopat txi aboli; une accusation, suspendue sur la tôte de la plupart des éTéquesy les tint dans un état oontimiol d^ai^hension; et le dergé infiédeur, partout où les armes du parlement préTalurent, subit toutes les rigueurs qu'il aTait jadis infligées à ses frères dissidents. Leurs ennemisles accusèrent d'immoralité ou de malveillance; et les deux chambres séquestrèrent invariablement leurs béni'iices, et en assignèrent les revenus à d'autres miulsires, dont les sentiments s'accordaient mieux avec
1. Joum. VI, 133, Voyez leurs Mémoires dans Challoner, ii, âOd-319. Eu 16^ après un jeAne solennel, les cinq chapelains de la reine fiirent arrêtés et
envoyés en Fjance, leur patrie, et rameubîeraent de sa chapelle de Somersefchouse fut brfllé publiquement. Les citoyens furent si édifiés de ce spectacle, qu'ils demandèrent et obtinrent la permission de détruire la croix dorée de CheapBide. Le lord maire et les aldermen embellirent la cérémonie de leur présence, l't r Anti( liri><t » fut jeté dans les llammes, tandis que les cb^ches de Samt-Pierre sonnaient un joyeux carillon, que les violons de la ville jouaient des «irs vélodieBx tur la plate-forme de réftlise, (pu; lei niilioes faisaleiit det
déchftrges de mousquelerie, et qno les spectateurs oélébraient Oe MOBfhe jptr
des acclamations de joie. Pai'î. Chron. 2<.)4, 327.
S. Jbum. 17 août 1643. CoUeclion d'ordonnances, 93.
CHAPITHË DEU\IËM£. 107
le noureaa modèle d'orihodoxie et de patriotisme Adopté k Wettminster.
Le sort des ecdésiastiqttes fat le mAme dans les deux unirersités qui étaient deyenues de bomie heure des objets de méâauee et de Tongeance pour les patriotes. Depuis plus d^un siècle elles professaient la doctrine de Fobéissance passive, et dopuis locomiiioncoinent de la guerre elles avaieiil avancé plus iruiie fois des sonimes considérables au roi. Oxford, il est vrai, «Miiappa momentanément h leur contrôle ; mais Cambridge était déjh en leur pouvoir, et une suite de querelles entre les étudiants et les bourgeois fournit un prétexte décent d'intervention. On logea des soldats dans les c oUéges. Les yitraux peints et les ornements des églises forent brisés » et ceux qui demeuraient Ih firent eiposés aux Insultes et aux outrages. En janvier 16^ [22], en rendit une ordonnance pour la rétome de Funifenité» et U fut peut-être heureux que oe soin désagréable se trontàt dérehi en premier lieu au commandant militaire, le comte de Manchester, qui, à du guùl pour la littérature, joignait une douceur de caractère qui répugnait aux actes de rigueur. Sous sa direction runivcrdté fut (( purifiée, » et ou ex^iulsa dix régents de collège et soixante-cinq agrégés. Mancliesitir se borna à exclure ceux qui s'étaient fait remarquer par leur hostilité contre le parlement, ou qui par crainte ayaient déjh abandonné leurs postes; mais après son dé^ part cette tâche méritoire fut reprise par un eomito, et le nombre des expulsions fut perlé h deux cents ^ Ainsi Rétablissement s'éoronla par degrés; Tédifice Ait démoli pierre h pierre, et les réformateurs s'empressèrent d^élever sur ses ruines oe qu'ils' regardaient connue un monument plus conforme aux écritures. Au mois de juin 1643, cent vingt individus choisis par les lords et les communes, sous la dénomination des pieux, dévots et judicieux théologiens, furent convoqués h A\ esl minster, et, afin que leur union eût une ressemblance plus exacte avec rassemblée de TEglise écossaise, on leur acyoignit trente laïques, dix lords et Tingt mei|ibres des communes. Les deux chambres prescrivirent la fSorme des assemblées et le sujet des débats; elles ei^nirent le serment à prêter lors de l'admission, et l'oMIgatlon du secret ' jusqu'à ce que chaque question fftt résolue , et ellçs arrêtèrent quQ chaque décision leur serait soumise et serait, considérée
1 . Journ. des Lords, vi, 380 ; des CommuTies, 50 janv. 1(^44. Neal, 1. lU, 0, 99. WiOker, i, lU, (duerela Cantab. in Merc. Ruut. limiiK
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t08 UiSIOUiË D'ANGLETERRE.
comme sans valeur jusqu^à ce qu^elle eût été confirmée par leur approbation ^
Une partie des théologiens convoqués se composait d^épisco-
paux, et ceux-ci, par motifs de conscience ou de loyauté, refuseront de venir. La majorité ccmsistait en ministres puritains, jaloux (l'établir la discipline calviniste et la doctrine des Eglises réformées étrangères, et à ceux-ci s'opposait une petite mais redoutable poignée d'ecclésiastiques indépendants, qui, lors de la persécution de Tarchevêque Laud , avaient formé des congrégations en Hollande, mais qui avaient saisi roccasion actuelle pour revenir d'exil et prêcher l'évangile dans leur patrie. Le point en conteste enire les deux partis était de la dernière importance, car il impliquait dans son résultat la grande question de la liberté de conscience. Les presbytériens voulaient introduire une gradation d^autorités spirituelles en presbylérats, classes, synodes et assemblées, donnant à ces divers judicatures le pouvoir des clefs, c'est-a-dire, do censurer, suspendre, destituer et excommunier les délin([iiants. Ils soutenaient que ce pouvoir était essentiel à FEglise, que le nier c'était mettre en pièces la robe sans couture du Christ, encourager la désunion et le schisme, et ouvrir la porte k toute espèce de guerres théologiques. De l'autre côté, leurs ad- Versaires prétendaient que toutes les congrégations de ûdèles étaient égales et indépendantes, que les synodes pouvaient conseiller, mais non commander ; que la multiplicité des sectes devait résulter nécessairement de la variabilité des jugements humais et de Tobligation d^adoref Dieu selon les inspirations de sa conscience, et que la tolérance religieuse était le droit inné de tout être humain, quelle que fût sa croyance spéculative, ou la forme de culte qu'il préférât 2.
L'avantage du noitibre et de l'influence était en faveur des presbytériens. Ils possédaieTTTune immense majorité dans l'assemblée, le sénat, la ville et l'armée; les ligue et co venant solennels avaient enrôlé sous leur bannière toute la nation écossaise, et le zèle des commissaires de l'Eglise d'Ecosse, qui siégeaient aussi dans rassemblée, était un nouveau stimulant pour les efforts de leurs frèves d^Angleterre. Les indépendants, au contraire, . étaient peu nombreux, et ne pouvaient compenser cette infério-
1. Journ. VI, 114, 2ôi. Couuuuaes, 13 mai. 16 juin. 6 iuill. U sept. 1643. Ru«h.