CHAPITRE DEUXIÈME
fîfé qiie imr féner^e et les talents de leurs chefs. Ils nVtaieni jamais [«lus lVuixc douzaine dans rassemblée; mais r'élaicnt dos vétérans de la rontrovcrse, ardents, intrépides cl pciscviTanis, dont rattachement à leurs doctrines favorites avait ele cimenté par la persécution et Texil, et qui n'avaient point échappé à l'intolérance d'une Eglise pour se soumettre docilemeni à la domination d^ane autre. Dans la cfaambre des eommunes, ils ponyaient disposer de piuâeiirs des plus grands caractères de répoqoe, de Gromwell, de Selden, de Saint^John^ de Vane et de Whitelock. Dans la cai^tale quelques-uns des plus rtdies citoyens se proclamaient leurs disciples, et dans l'armée leur pouvoir croissait rapidement par Vadjonction journalière des soldats les plus dévots et les plus fanatiques. La nature même de la querelle entre le roi et le parlement était faite pour prévenir les esprits en faveur de leurs principes. Elle apprenait a se deJler des prétentions de Fautorité, à exercer son jugement sur les matières du plus haut intérêt et à repousser les chaînes de la servitude intellectuelle aussi bien que de la servitude politique. En peu de ,tmnps aux indépendants se joignirent les antiriomiens, tes anatiaptistes, les militaires, les érastiens et les membres de beaucoup de sectes éphémères dont les noms mêmes s<»it oubliés aujourd'hui. Tous araient un intérêt commun; la liberté de conscience était le lien qui les unissait ensemble K
Dans rassemblée , chaque parti surveillait avec métiance et combattait avec chaleur les démarches de Tautre. Ils furent unanimes sur quelques questions. Le choix des jours d'humiliation et de prière, la répression des péchés yaiblics et scandaleux, la prohibition des calottes et des surplis, renlèvemeot des orgues des églises , et la mutilation ou la démolition des monuments jugés superstitieux ou idolâtres, étaient des points sur lesquels ils sentaient de même, et qui satisfaisaient également leur zèle ou leur luiatîsme ^. Mais quand ils en Tinrent au sujet plus important du gouvernement de TEglise , la lutte entre eux devint violente et opiniâtre , et les jours et les semaines se consumèrent en débats inutiles. En vain l'Eglise d'Ecosse lit des remontrances, et la chambre des communes des admonestations. Pendant plus d'un an y la persévérance des indépendants tint en bride l'ardeur et