Glaraidon, ii
9. CTest rinduction que j'ai tirée fVun examen soigneux de laconespondance entre Charles et sa femme dans ses OEuvres, p. 1 19-150. Quelques écrivains sont arrivés à une conclusion dilTérente. Selon eux, il n'était pas sincère, et, •OUI prétexte de vouloir la paix, il était en réalité déterminé à continuer la puerre. 11 est bien vrai qu'il se préparait à la reprise des hostilités; mais la raison qu'il en donne à la reine est satisfaisante : « L'improbabiUté que ce traité aetuel amène la paix, m la grande et étrange différence (ponr ne pas dire oontr^dictinn: qui existe entre les [iropositions des rebelles et les miennes et que je ne puis modifier les miennes, pas plus qu'ils ne voudront jamais modifier les leurs, tant qu'ils n'auront pas perdu l'espoir de l'emporter par la force. » p. 146. Je ne Tolt non ploi aucune preuve que Charles fut, comme on l'a prétendu, Soarerné par la leiae : il prenait certaînemeut «eg résobiiions aana la eoaaoi- .
118 HISTOIKB D'ANGLëXëRRË. ,
fois ; mais il ne prémta que peu de memlires, et les inconyénients en furent plus grands que les avantages. On fit des motions blessantes pour les sentiments du roi et opposées k sei^ Tues réelles ; et, pour se déliyrer des plus importuns de ses conseOlers, il les envoya en un exil honorable, en les attachant à la personne de la reine pendant son séjour on France ^
L'été précédent, le premier usage qu'il avait fait de chaque avantaj^o successif, avait été de renouveler Toffre d'ouvrir une négociation poiii' la paix \h juillet Itî^iA]. Cette olln* couvniiH[uit rarmco des dispositions pacifiques de son souverain, et elle rejeta sur le parlement| même aux yeux de ses propres partisans, le blâme de la continuation de la guerre. Enfin, après le troisième message, les chambres donnèrent à regret un consentement tardif [13 noT.1; mais ce ne fut p(^t avant d'avoir reçu d^Ecosse les propositions votées ant^ieurement comme les seules bases d'une réconciliation durable^ avant d'avoir approuvé les amendements suggérés par leurs alliés, et rempli les blancs do la spécilicatiou des actes du parlement à adopter, et des noms dos royalistes h excepter de FaïuTiistie. 11 était clair, pour tout homme intelligent de Tune ou Tautre armée, que poser de tels fondements de paix, c'était en réalité proclamer des hostilités perpétuelles^. >lais le roi, de l'avis do son conseil, consentit h en faire l'objet d'un traité dans un double but : pour découvrir n les chambres étaient résolues \ n'admettre aucune modification h de si hautee prétentions, et pour éprouver s'U n^était pas pos-
ter, et si elle exprimait quelquefois son opinion, ce n'était pis plus que toute autre femme n'eût fait dans une situation semblable. «Je n'ai rien à dire, Ki co n*08t que tous a> ez soin do TOtro hoanour, et qno li tous avet une paix, ce aoitune paix (Inrablo; et s'il en arrive autrement, que vous n'abanflomiiez pas oeoz qui TOUS ont servi, de crainte qu'ils ne vous abandonnent quand vous aurei besoin d'eux. Je ne Toii pas non plus comment yoos pouTos être en sAreté sans un répiment de prardes ; pour moi, je ne crois pas pouvoir l'(*'tre, voyant leur malveillance pour moi et ma reli^'ion, dont j'espère que vous aurez éf;aleraent soin. Mais, à mon avis, la religion est la dernière chose sur laquelle vous deviez transiger; car si vous accorde/, la rigueur contre les catholiques, vous les (lécroiUerez de vous servir; et si ensuite il n'y avait point <le j^aix, vous no pourriez plus attendre de secours ni de l'irleuide ni d'aucun prince catiiolique, oir ils orolrateat qtie ? ooi les alwndonneriez après aroir lait vos afl^iibres. » R 149» 148.
1. Voyez les lettres dans les OEuvres de Charles, 112-148. ^ Je devrais bien m' attendre à être grondé par toi pour l'avoir laissé tourmenter par eux (Wilmot étant déjà là, Percy en route, et Sussex devant sous peu de jours se mettre en voyage), n était que je sais que tu ne crains pat un pea de peine pour me dëliyrer aun grand inconvénient. » JUiid. 150.
9. Joum . VII . .')3. Les auteurs mêmes des pffpoidtiOlUI B'eqpNéraieilft pif qae le roi s'y soumit jamais. Baiiiie, ii, b, 4a, 73.
QUPITKË TROISIÈME. tl9
sible de gagner une Heê denx {mUoim, les pveibTtMeiif oa les iodépendantSi ou du moins d^sccroltre leur désunion en leur fournissant tte nouyelles causes de discorde i. Les commissaires des denx partis se réunirent k Uxbridge,
dans les quartiers parlementaires [30 janvier]. Ceux du parlement avaient ordre de ne pas se départir de la substance des prupoi?itions déjà votées; de se borner h montrer (juc leurs demandes étaient conformes h la raison, et par conséquent ne pouvaient se refuser, et d'insister pour que les questions de la religion, de la milice et d(^ rirlande fussent débattues successivement, chacune pendant trois jours, et ainsi de suite k tour de rôle jusqu'à ce qu'il se fût écoulé yingi jours, époque à la* quelle^ si Ton n'était pas tombé d'accord, le traité prendrait fin. Ils demandaient que l'épiscopat fût abdli| et le directoire substitué an Uyre des prières communes ; que le commandement de Far* niée et de la marine fût remis aux deux chambres, et confié par elles à certains commissaires h leur nomination ; et que Tarmislice de l'Irlande fût rompu, et que les hostilités recommençassent immédiatement. Les commissaires du roi répondirent que sa conscience ne lui permettait pas de consentir au changement proposé du culte religieux, mais qu'il voulait bien consentir h une loi qui restreindrait la juridiction des évêques dans les li^ mites les plus étroites, qui accorderait toute la tolérance raisonnable aux conscienoes timorées, et lèrenât sur les biens de l'Eglise la somme de cent mille livres pour la liquidation dekdette publique ; que, relativement h Tarmée et )i )a marine, il était prêt à faire de grandes concessions, pourvu que la puissance du glaive dût, après une certaine période, revenir intacte a lui et h ses successeurs; et qu'il ne pouvait honorabloiiKînt rompre le traité irlandais, qu'il avait, après mûre délibération, souscrit et ratiûé. Une grande partie du temps se passa en débats sur les mérites comparatifs des fornies épi^palês 3t presbytériennes du goayerpement de TEglise, et en accusations et récriminations contre les auteurs réels de la détresse et de la néeessité qui avaient amené la c(^ssation d'armes de rirlmide, 1^ vingtième
î. Charles alors en vint jusqu'à se laisser persuader de donner aux doux chambres le titre de « les lords et les communes assemblés au parlement d'Angleterre à Westminster, » au lieu de celui de c les lords et {es cûmmunes àn parlement assemblé à Westminster,» dont il s'était servi précédemment. Joum, VIT, 01- Il tlit qu'il ne l'eût pas fait, s'il eût pu trouver dans le conseil deux membres pour le soutenir. OEuvres, 144. Mtm, d'Evelyn, ii, A^p. 90. Ceci a été allégué, mais je ne vois pa^ areo qudle rsûoii, coiniiie pFeaT0 4e son pea de linoémé dans le traité.
jour [22 févr.], rien B*a?aH été condo. Due proposition de prolonger la négociation fut rejetée par les deux chambres, et les commissaires retournt'rent h Londres et h Oxford. Les royalistes, loutofois, avaient découvert que \ ane, Saint-John et Prideaux élaii'iit venus h Txbridge non pas tant pour traiter que pour espionner la conduite de leurs collègues, et qu'il existait une irréconciliable dissidence d'opinion entre les deux partis; les presbytériens Youlani la restauration de la royauté, pouryu qu'elle s'accomplit sans aucun danger pour eux-mômés, et avec rétablissement légal de leur culte religieux, tandis que les indépendants ne tendaient k rien moins qu'au renrersement total du trftne et h rextinction des priViléges de la noblesse^
Les deux partis en appelèrent de nouveau à Tépée, mais avec une perspective bien différente; du ciUé des royalistes tout était sombre et triste, du côté du parlement tout était brillant et serein. Le roi était loin d'avoir retiré les avantages qu'il se promettait de la cessation d'armes en Irlande. Il n'osait pas rappeler le gros de son armée avant d'avoir conclu la paix avec les insurgés, et ceux-ci, le voyant dans rembarras, combinèrent leurs demandeS) qu^il ne savait comment accorder avec une offire de secours, qu'à ne se souciait pas de refuser. Ils rédamaiebt la liberté religieuse, le rapport de la bi de Poyning» une constitution parlementaire de leurs biens et une amnistie générale, avec eette exception, qu'une enquête serait faite sur tous les actes de violence et d'effusion de sang non conformes aux usages reconnus de la guerre, et que les coupables seraient punis selon leurs mérites, sans distinction de parti ni de religion. Ce fut le premier article qui présenta la principale difficulté. Les Irlandais s'appuyaient sur le précédent de l'Ecosse; ils ne demandaient que ce qui avait été concédé aux covenantaiies; ils avaient certes autant de droit au libre exercice d'un culte qui était depuis des siècles le culte national, que les Ecossais en pouvaient avoir à rétablissement exclusif d'une forme de religion qui n^avait pas encore cent ans de date. Mais Charles, outre ses propres scrupules , craignait d'irriter les préventions de ses sujets protestants. Il savait que beaucoup de ses partisans regarderaient une telle concession comme un acte d'apostasie, et il conjura les députés irlandais de ne pas faire une demande qui devait lui ôtre préjudiciable et par
1. Voyez Joum. vu, 103, IGG, 109, 174, 181, 195, 211, m, 2:jy, 24i-254. CUr*
n,in8-eoo.
conséquent a oux-memes ; qu'ils liMiiissent d'abord on état de dompter leurs ennemis communs, qu'ils le missent en position « de les rendre heureux, » et il leur assurait, sur sa parole de roi , qu'il « ne tromperait pas leur juste attente ^ Maia ils n'étaient pas gens à se contenter de vagues promesses, qui pourraient plus tard s'interpréter s^n qu'il conviendrait au roi, et Charles, poor r^ter Todieux de la mesure sur ses consi^lers irlandais, transporta la négociation k Dublin , où elle devait être continuée par le nottTeau lord lieutenant, le marquis d'Ormond. Ce seigneur fut d'abord laissé h sa propre discrétion. Il fut ensuite autorisé h promettre la non-exécution des lois pénales pour le présent et leur rappel lors du retablissenu^nt de la tranquillité, et enfin à stipuler pour leur rappel immédiat s'il ne pouvait autrement vaincre l'obstination des insurgés, ou dissiper leur méfiance. Le traité d'Uxbridge avait ouvert les yeux du monarque sur Tabintô qui s'ouyrait devant lui; il voyait « que le but de ses advmasres était une subversion totale de la religion et du pouvoir wyel; » et il commanda k Qrmond de conclure la paix à tout prix, pourvu qn^dle garantit les personnes et les propriétés des protestants irlandais, et le plein exerdee de Tautorité royale dans nie 2.
En Ecosse, une diversion inattendue, mais passagère, avait été faite en faveur de la cause royale. Les comtes, plus tard marquis d'Antrim et de Montrose, s'étaient rencontri's a la cour d'Oxford. Comme talents, Montrose ne le cédait qu'à peu d'honmies, comme ambition à aucun. Le lecteur sait qu'il avait premièrement combattu dans les rangs des covenantaires, mais ensuite il offrit ses services à Charles, et n'échappa qu'à grand'peine h la vengeance