‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 56 sur 276 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

Tandis que le roi gémisfiait ainsi sur la porte de Bristol, il recevait d'Ecosse une nouvelle encore plus désastreuse. T.a victoire de Kilsjih avait dispené Farmée royale. Les Gordon et leurs tronpee étaient retournés chez eux ; Colkitto avait ramené les habitants des Hautes Terres dans leurs montagnes ; Hontrose, avec le reste, qui n^était que de six cents hommes, avait gagné les frontières pour attendre l'arrivée des troupes anglaises ^ue ('harles avait promises, mais n'avait point envoyées. Dans l'intervalle, David Leslie avait été détaché d(î 1 arm«'e écossaise en Angleterre, avec quatre mille homijiesde cavalerie [G sept.]. Il traversa la Tweed, se dirigea vers le nord comme s'il voulait s'interposer entre Tennemi et les Hautes Terres ; puis il revint tout à coup le surprendre dans son retranchement de Philipshaugh. Montrose passa la nuit à Selkirk, à {«éparer des dépêches pour le roî : LesÛe, qui était oadié à peu de distance, franchissant TEtrick au point du jour, h la faveur d'un brouillard épais, chargea Il Pimproviste le camp des royalistes, qui étaient en pleine sécurité sur le Haugh [13 sept.]. Leur chef, avec sa garde h cheval, vola a leur secours; mais, après un clVorL chevaleresque mais superflu, il fut forcé de se retirer et de les abandonner h leur destinée. La plus grande partie s'était formée en corps compacte, et ils tinrent l'ennemi en échec, jusqu'à ce que leur olfre de se rendre h condition eût été acceptée. Mais alors les ministres demandèrent liautement leur tête; ils déclarèrent la capitulation esmgMe et par conséquent nulle; et ils eurent la satisiaction de voir massacrer de sang-froid tous les prisonniers. Des seigneurs et gentilshommes qui avaient fui avec Montrose, heaucoup ausâ furent pris, et ée cettx4h peu échappèrent aux mains du bourreau. Quant h Montrose, il se fraya un chemin jusqu'aux Hautes Terres, où il leva de nouveau l'étendard royal, et avec une petite Iroupeet une réputation bien diminuée, il continua de braver .ses ennemis. Enfin, obéissant aux messages réitérés du roi, il congédia ses troupes, et se relira à regret sur le continent ^.

par Digby. Charles voulut bien qu'on s'f\5;surât de loi, mtit rtfSlua de le GToire

coupable sans de meilleures preuves. Ibid. 111.

1. Rushw. VI, 237. Guthrie, 201. Journ. vi, 584. Wishart,2p3. Saillie, ii, 164. Ils tuèrent aussi toutes les femmes et tous les enfants trouvés sur le Haugh, et • quelques jours a{nèt ils ea noyèrent environ quarante de plus, qui avaient été arrêtas par les ^rens du pay*;, en les jetant par-dessus le pont près de Idnlith-

Sow, dàn& l'Avon. Le parlement écossais sanctionna ces barbaries par une oronnsBoe dv 98 déceirore , portant « que les priMnnien irlandiûs faits à et après Philiphaufîhe, dans toutes les prisons du royatime, seraient exécutés sans assises ni procès, conformément au traite entre les deux royaumes. » Balfour,

La défaite do Montroso a Philipshaugh fit évanouir les brillantes espérances par lesquelles le roi s'était consolé de ses pertes pré* cédentes ; mais Faotivité de ses ennemis ne lui laissa pas le loisir dd s'abandonner k aa douleur ; ils s'étaient déjà logés dans les bubourgs de Cheater, et menagaifint de le priTer de œtte place, le seul port par lequel il pût maintmir des oommonicationa ayec Tlrlande. Il se hâta d'aller la secourir, et fut siiiTi k one journée de distance par Pointz, officier parlementaire. L'intention du roi était que deux attaques, Tune de la ville, Tautrc} do la campagne, fussent faitoï^ siiuuU^uiénient sur le camp des assiégeants; et dans cette vue, il laissa la plus grande partie de la cavalerie royale a Routenhcath, sous les ordres de sir Marmaduke Langdale^ tandis qu'il entrait lui-n»ôme dans Chester avec le reste, au tomber de la nuit. Use trouva que Pointz méditait une tentatÎTO semblable à l'aide des aasiégeantSf sur les troupes de Langdale; et dans la position singulière des armées, les plus singulières yioissitudes de la fortune signalèrent le jour suiTanI, Le matin, de bonne heure [23 sept l, les royalistes repoussèrent les troupes de Pointz; mais un détaciiemefit du camp rétablit le combat, cl les força de se retirer sous les murs de la ville. Lh, à l'aide des gardes du roi, ils reprirent le dt ^sus, mais ils se laisse^ rent entraîner par la chaleur de la poui'suite dans des défilés dont les haies étaient garnies de fantassins qui les jetèrent dans on désordre irréparable. Six cents cavaliers pénrant dans l'aotioo, (dus de mille obtinrent quartier, et le reste fut dispersé de tons cfltés, Li nuit suivante, Charles se retira à Denblgii, rassembla les fuyards autour de lui, et évitant adroitemrat Pointi, courut à Bridgenorlh [31 sept.], où il fut rejoint par son neveu Maurice, qui venait de la garnison de Worccster

Le seul conseiller intime qui accompap^nât le roi dans cette expédition était le lord Digby. Ce seigneur, malheureusement pour les intérêts de son souverain, avait encouru la haine do son parti ; des uos, à cause de sou inimitié contre le prince Rupert; des officiers généraux, parce quUls supposaient qu'il gouvernait Teaprit du roi| même dans les questioiui militaires; et

ui» 841. Thurloe, i, 73. L'aanée suivante, la garnison de Dimavertie, an nombre de trob cents hommes, se rendit à DftTid LeiUe, « à la merei dn royaitme. > — « Ils furent jiwssés an fil de l'épée, > dit Turner, « jusqu'au dernicT (ils de mère, excepté un jeune homme, Maciioul, dont je demandai la vie. » Mcm, de Turner, 46, aussi 48.

1. Clar. II, 7iv'. Thurloe, 1,73. Rushw. vi, 117. Journ. vi, 608.

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de ceux qui désiraient la paix, parce qa'on aitribuail ë ses avis robstîiMitifni de Cbarles à contiiitter ht guerre. L'opinkm générale étaift^ue le roi derait fixer ses quartiers d'hirer à Woroeater ; mais Digby , qui ne se Bouciait pas d^être entonné pendant quatre mois dans nne ville dont le frère de Rupert était gouverneur, lui persuada de gagner Newark, son asile hal)itnol \^ ocl.j. Là, voyant que le mécontenteniont auLMiit iit.iii ]iarnii los ofliciors, il se sépara do son souverain lI-î, niais pour aller reniijlii" nne inissi(»n importante et lionorablc. La cavalerie du nord, qui montait encore à quinze cents liommes, se laissa persuader par Langdale de tenter une jonction afee le héros écossais, Montrose, et d'accepter Digby comme commandant en cheC. Le premier fait d'armes du noQTeaa général fui la dispersion complète de TinCanterie parlemratairedansleToiBinage de Doncaster. Mais an bout de quel« ques jours, ses troupes furent dispersées à leur tour par le colonel Copley h Sherburne. Elles se rallièrent à Skipton, se frayèrent un passage par le Westmoreland et le ('uniberland, et pénétrèrent jusqu'il Dumfries [15 oel. !, mais sans recevoir niill*^ part des nouvelles de leui s amis d'Lcosse. Retournant aux frontières elles se débandèrent près de ('.arlisle, les soldats retournant cliez eux, les offîciers se transportant à Pile de Man. Langdale resta à Douglas; Digby se fendit auprès du marquis d'Ormond en Mande K Charles^ pendant son séjour à Newark, épronta qu'avec son bcmheur il arait perdu son autorité. Ses deux neveux, lord 6envd, et etefiron vingt autres offioiersi entrèrotit dans sa cbambre, et en termes grossiers et insultants Paccusèrent d'ingratitude pour leurs services, et d'injuste partialité pour le traître Digby. Le roi ne fut pas maître de sa colère, et avec plus de chaleur qu'on ne lui en avait vu montrer dans aucune autre occasion, il leur ordonna de s'éloigner pour toujours de sa présence. Us se retirèrent, et le lendemain matin ils reçurent des passe-ports poiur aller oîi il leur plairait [29 oct.]. AFais il était temps pour le roi lui-même de partir. Les forces de rennemi se multipliaient autour de Newark, et les Ecossais s'avançaient pour se joindre au blocus. Dans le silence de la nuit [3 nov.], il s'enluit avec cinq . cents hommes h. Belroir-Castle ; de lli, à l'aide de guides expérimen* tés, il passa h travers les nombreux postes de l'ennemi, et le surlendemain [5 nov.] il atteignit, pour la dernière fois, les murs d'Oxford. Encore, s'il y était en sûreté, il le devait à la politique

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