‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 61 sur 276 · CZar. Pap. ii · texte numérisé non relu

CZar. Pap. ii

par Oxford sur sa route, alin de remettre au roi les lettres de son souverain et de la reine régente. On fit des objections ; on suscita* des délais I mais au bout de quinze jours, il obtint [7 mars] im passe-fKirt du comité des deux ro jaumes ^, et employa son temps k Otîùtà à persuader le roi de la nécessité des concessions et à soliciter des commissaires écossais Tanlorisation de lui garantir sa sûreté personnelle et sa liberté de conscience dans l'armée écossaise. Le 1®^ avril, il reçut de Charles rengagement écrit de n'emmener h leurs quartiers devant Newark « aucun homme excepté par le parlement, mais seuleuienl ses neveux et Asliburaham, » et alors d'écouter une instruction religieuse et de concéder tout ce que sa conscience lui permettrait ^. En retoUr, Montreuil lui donna la parole du souverain et de la reine régente de France', que les Ecossais le recevraient comme lenr toi légitime, ne feraient aucune tiolence à sa personne ni k sa conscience, à seë serviteurs ni à ses partisans, et qu^ils joindraient leurs troupes et leurs efibris aul siens pour obtenir « une paix heureuse et solide. » A ces conditions, il fut convenu que le roi essayerait, la nuit du mardi suivant, de se frayer un passage à travers les forces parlementaires qui étaient autour irOxford, et qu'en même temps un corps de trois cents cavaliers écossais s'avancerait jusqu'à Harborougii pour le recevoir et le conduire en sûreté à leur armée ^.

Deux jours après [9 avril], Montreuil reprit son prétendu foytige en Ecosse, et se rendit à Southwell dans les quartiers assignés aux Ecossais. Afin qu'ils pussent sans inconvénient dis^

1. Jovm. des Lordi, tiix, ITl. Oamamm, 16^ SS fé?. 4, 6, 7 aan.

9. Il y avait deux copies fie ces papiers : l'une, qui devait rester secrète, con- ' tenant la protestation qu'aucun de ceux qui suivaient le roi ne serait ruiné ni déshonore ; l'autre, qu'on devait montrer, ne contenant pas cette protestation. « £n l'un desquels, oui m'a esté donné pour faire Toir, la proteitatfMl tt*élait point, faite à Oxford, ce 1" avril 1646. > Clar. Pap. ii, 990.

% 3. rounjuoi cela? Cela avait été ainsi réglé à Paris, parce que la négociation était ouverte soua leurs auspices et conduite par leur agent. Gkur. IBtt, ii, 7â0. Pi|p.]l«909.

4. Ibid. On a demsnâé li MontreaU était antorUié par les oommii«>

saires écossais à faire un tel engagement : je ne vois aucune raison d'en donter Cliarles et Montreuil devaient savoir qu'un engagement non autorisé n'aurait offert aucune sùrelo au roi dans la tentative liasardeuse qu'il mediiait. Nous le voytfiii deux fois, depuis la date de l'engagement, Yequérir les commissaires d'envoyer des pouvoirs à Montreuil pour lui assurer sa sûreté de personne et de conscience dans leur armée (C7ar. Pap. ii,-j18;, et immédiatement après informer Ormend qa*il iJlail à varmée écossaise parce qu'il Tenait de t^t^olr « une trés-bonnt' sûreté ; » que lui et ses amis seraient en sûreté de personne, d'honneur et de conscience. Voyez la lettre dans les Journaux des Lords, viii, 866» et le compte rendu d'une lettre du roi à lord Belasyse dans Pepys, ii, 24G.

QBAPITRËirHûlâlÈMË. . 147

poser d^ime escorte considérable pour aller au-4$?«tti du roi» il avait apporté Tordre de Cbarlet k lord BeUftyse da leneltre Newark entre leurs maiiie; mais k sa surprise el k soa eAroi| il Tit qud les eommissaires de rannée afléctaieiii d^igsorer Tauto-

rité eïercée par lui à Oiford, et refusaient de prendre sur eux la

responsabilité d'aller au-devant du roi et de le recevoir. Ils objectaient que ce serait un acte d'hostilité envers le parlement, une violation de la li^îue soîeiiiielle et du covenant entre les nations; et ils ne voiilun iil iiiT'ini» pas lui peraietlre d'informer Charles de leur reCus avant d a\ oir eu une conférence personnelle avec leurs commissaires de Londres. Dans ces circonstances, il brûla Tordre de la remise da Newark; at le toi, alarmé de son sUeoce inea[plieable» ue fil auomie tanlatîYa piror s'éetaipper d'Oxted. Quinse jours se passàrait dans une iooiarlîtude péniMe* Enfin les deui corps de eoromiasaires 8*abouehèrenl h Heyston [11 avril] ; et le résultat d'un long débat fut une sorte de compromis entre les partis opposés, qui stipulait que le roi serait reçu, mais de manière h éviter toute apparence de traité ou concert préalable; qu'il serait requis de donner satisfaction sur la question religieuse aussi promptement que possible, et qu'on ne permettrait aucune coopération des forces royales avec les Ecossais* D'abord Montreuil, dans Tangoisse du désappointement, avait été d'avis qu'il n'y avait aucun fond k faire sur la parole d'un Ecossais ; omus alors il erut avoir découvert une lueur d^espéiance dans la iMnlion prise k Rojrsion, et il conseilla au roi d*ac«oepter la proposition, si Ton ne pourait trouver de meilleur eipédieot [16-18-20 avril]. Elle présentait une perspective de salut, quoiqu'elle ne promît rien de plus

3° Durant cette négociation, l'infortuné monarque, quoique averti qu'en traitant h la fois avec deux partis opposés, il courait . le risque de perdre la confiance de Tun et de Tautre, avait employé Ashburnham b faire des propositions aux indépendants par Tentremise de sir Henry Yane. Ce que le roi demandait d'eux, c'était de faciliter son accès au parlement. De fortes récompenses furent promises \ Vane, a au gentleman qui était au quartier avec lui', » et aux amis personnels de tous deux; et Tassurance fiit

1* Cas parUcularités «e trouvent dans la correspondance des Papiers CUren- Sen, aSX49fi. HontreoU qoitt» Ckiford te ? endmi, par conséquent la S.

t. Oe genUiinitfi ipoufiil èlM Falrfin to Cfomwtn; nwis, d'aprèi une Mm de Baillie (ii, 10!^, Apf. S), jê eroMs qse c'était un « niniflrft iadépffiéMty » probablement Peten.

liH . iJlSTOllŒ D'ANGLETEKKE.

donnée q^e^ si on faisait toujours de rétablissement du presbyté* rianisme une condition indispensable de la paix, le roi joindirait ses dforts aux leurs ce pour extirper du royaume ce gouvernement tyrannique. » Diaprés ce qui reste de cette correspondance,

il paraît qu^h la première connniinication Vane avait répondu en ternies qui, sans ôtré coniplétement satisfaisants, n'excluaient pas Tespoir de son acquiescement ; et Charles lui écrivit une seconde fois pour renouveler ses otlïes, décrire sa détresse, et ex[)oser que, s*il ne recevait une réponse favorable dans quatre jours, il lui fallait a^oir recours à quelque autre expédients La négociation, néanmoins, continua plusieurs semaines; elle fut même découYorte [â3 avril] par le parti opposé, qui la considéra comme un plan artificieux des indépendants pourretonir le roi h Oxford, jusqu'à ce que Fairfax et CromweU amenassmit Varmée du Comwall ; pour amuser Poiseau royal, jusqu'à ce que les oiseleurs l'eussent enfermé dans leurs filets^.

Oxford, pendant la guerre , était devenue une des places les plus fortes du royaume De trois cAtés, les eaux de Tlsis et du Charwell, répandues sur le pays adjacent, tenaient Fennemi h une distance considérable, et au nord la ville était couverte par une suite d'ouvrages élevés par les plus habiles ingénieurs. Avec une garnison de cinq mille hommes, et une abondante provision de vivres et de munitions, Charles eût pu retarder sa destinée de quelques mois; mais le résultat du siège devdit être sa captivité. Il n'avait point d'armée, il n'avait aucune perspective d'asiâstanee du dehors, et au dedans, la famine aurait fini par }e forcer de se rendre. Mais où devait-il chercher un asile?

Indigné de ce qu'il regardait comme un manque de foi de la |)art des Ecossais, il repoussa Tidée de se mettre à leur merci, et la marche de Fairfax, avec Tavant-garde de son armée sur Aridover, Tavertit qu'il était temps de quiUer Oxford. 11 s'enquit

1. Voyez deux lettres, uuo du -2 mars, d'Ashburnliam, commentant par * Monsieur, TOUS ne pouves pu supposer que la besogne soit faite ; » et une antre, sans date, de Charles, commençant par « Monsieur, j'ajouterai seulement cette p4role à ce que j'ai dit dans ma dernière. » £Ues furent publiées pour la pre~ mière fois, tf*après les papiers du secrétaire Nicholas, par Birch, eu 1764, oiUMi la préface d'une collection de lettres entre le colonel Ilammond le comité de Derby -house, elc, et ensuite dans les Papiers Clarendon, II, 2*27.

2. Voyez Baillie, App. 2 ^ : ii, 199, 1îO^. Leurs traités journaliers avec Ashburnhnn^ pour maintenir le roi tranquille jus ju à ce qu'ils le livrassent à sir Thomas Fai:t'ax, et pour qu'il Mt disposé de lui comme CromweU et son aod jugeraient le i)lu8 propre à leurs atVaires. » Ibid. Uae fersion diflëfei^ est doo* née dans la continuation du Macintosh, vi, Jl.

«L'abord par deux ofûciers de ropinion d^Iieton, qai était en quartiers k Watmiocki sur la question de saroir si, dans le cas oh. il UcMciait ses troupes et se rendrait auprès du général^ le parlement lui laisserait le titre et Pautorité de roi [22 avril]. Puis, ne receTsnt aucune réponse d*Ireton, il autorisa le comte de Southampton [25] à informer le colonel Rainborowe ({iio le roi était prêt à se remettre aux mains de Farmée s'il recevait un gapjo que sa sûreté personnelle serait respectée*. Mais Rainborowe le renvoya au parlement, et rinfortuné monarque, ayant épuisé tous les expédients qu'il avait pu imaginer, quitta Oxford à minuit [26J, déguisé en domestique et suivant son maître supposé Asiiburnham, lequel allait devant en compagnie de Hudsoo, ecclésiastique, qui connaissait bien le pays. Ûs se rendirent par Henley et Brentford à Harrow [27J; mais le temps passé sur la route prouva, ou que Chailes n^avait jusqu^alors arrêté aucun plan dans son esprit, ou qu'il traînait dans Tespoir de quelque communication des partisans qu'il avait dans la métropole. Enfin il tourna du côté de Saint-Alban's, et, évitant celte ville, il se hâta de gagner Harborougli par des chemins de traverse [28]. S'il s'attendait h y trouver un corps de cavalerie écossaise, ou un niessai^^er de Montreuil, il fut désappointé. Passant par Stamford, il s'arrêta à Downham [30 avril], et perdit deux ou trois jours à cbercher inutilement un vaisseau qui pût le transportera \ewcastle ou en Ecosse, tandis que Hudson se rendait après de l'agent français à SouthweH, et revenait porteur d^un billet laconique envoyé parMontreuU^ diaprés lequel le messager comprit que les Ecossais avaient donné leur parole — ils ne Tonlaient remettre aucun document écrit — de remplir de leur côté l'engagement primitif fait en leur nom à Oxford^. Sur cette faible sûreté, — il n'avait pas d'alternative, — il alla le lendemain malin de bonne heure au logement de Montreuil [ô mai], et vers midi il fut con-

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