Hfanie's Dunsiable, ii
Les Ecossais avaient fait trois ofTres ou promesses au roi. La première et la plus importante fut reogagemenl du 1" avril i mais les commissaires écos' Mil auprès de Fannée recuèrent derant la reaponsabUlté 4e la neltre à eiéeation, L'i avec quelque raisos, il me semble, car ils n'avalMit pas été parties an conirat. La seconde fut l'ollre raoïliflée convenue entre les deux corps de commissaires àRoyston; mais cette oflre ne fut point acceptée par le roi, et par conséquent cessa d'être obligatoire pour eux. La troisième fmx la promesse verbale mentionnée ci-dessns. Si elle fut faite, — et quant à une promesse de sûreté il ne saurait y avoir de doute, quoique nous n'ayons que le témoignage 4e Hadaon, — les Bcossaii étaient assorément liés par éUe, et doi?eiit s*aTOiier coupables 4e nanqae 4e foi pour avoir Uvré le monarque fagitif au pailement anglais.
duit par une compagnie de cavalerie au quartier général a kel- i liain. Lcslie et ses officiers, quoiqu'ils affectassent la plus grande surprise, le traitèrent avec le respect dû à leur souverain , et ^ Loudon demanda au nom des commissaires qu'il prît pari au covenant, qu'il ordonnât h lorâ Bâku^se de rendre Newark, et ^ expédiât un messager à Montrose avec ordre de mettre bas les | armes. Charles s'aperçut bientôt qu'il était prisonnier, et lorsque,
Sur 8*en assurer, U Toulut donner le mot d'ordre k la garde, tt ^ t interrompu par Leven, qui dit : « Je suis plus anâ^ soldat, ^ sire ; Votre Majesté fera mieux de me laisser cet office ^ n , Depuis dix jours Vesprit public dans la capitale était agité par ^ les bruits les plus contradictoires; dès que Ton sut positivement le lieu de la retraite du i ui, les prcsbyl'.'riens et les indépendants , se réunirent pour condamner la perlidi»' do leurs alliés du nord. ^ On proféra des menaces d'iiostilités inuuédiates. Poynl/ reçut ^ Tordre de surveiller les mouvements de&is^ossais avec cinq mille ^ chevaux, et il fut résolu que Fairfax suivrait avec le resta da j Farmée. Mats les chefs écossais, jalo^ d'éviter une rupture, et pourtant ne se souciant pas de livrer leur auguste levèrent j leur camp devant Newark , et se retirèrent précipitamment k ^ Newcastle. De là, 1 force de protestations et de déioentîs, ils ^ réussirent peu à peu h apaiser la fermentation^. Charles y con- j tribua pour <a part, en exprima ni de nouveau son désir d'un ^ COmmandouK ni, et en priant les deux chambres de lui envoyer ^ des propusilions de paix, el, connue ga^çe de sa sincérité, il ex- ^ pédia une circulaire a ses officiers, leur ordonnant de livrer le peu de forteresses ([ui défendaient encore sa cause [10 juin]. La guerre était finie ; Oxford, Worcester, Pendannis et iUgknd ou- ' ^ vrîrent leurs portes; et il faut dire à la louanga des vainqueurs, i qu^ils ne souillèrent point leurs lauriers de sang, ies derniers restes de Tannée royale obtinrent des conditions bonorables de la générosité de Fairfax; des compositions faciles furent offertes à la grande majorité des royalistes pour le rachat de leurs terres; la politique de la mesure fut prouvée pur le nombre de ceux qui
1 . Pê( k, BêM, CttfMt. 1. 1, s. ÀdUMMikaay n,Tt. Badiir. ti, MS, 90f» SffS.
2. Voyea leurs messages dans les Journaux des Lords, viii, 307, 308, 311, 364. Ils protestent qv'ik furent stupéfaiu» de l'urrivcc du roi à leur a^mati qu'iU erareot qu*il TonlaR donner satisfaction, sans c^uoi U ne serait jainais venu ; que sa présence ne iMiuvait les faire agir contrairement aux Ugue et covenant solennels, qu'ils durent laisser le redcmciit de toutes les questions au parlement des deux nations ; qu il n'y avait ua*» eu de traité entre le roi ei eux, et que VMMrtion de la lettre publiée par Ormond était < un damné menaoafet »
sa IdMffMl di pfoflier ét la tolénnea» ainii s^éWgMreirt lei ei^raiMM dn petit nombre de persoimea qui eroyaient encore paaiible d^évoquer une autre armée pour la défense du mouaK^ue captif 1.
Tandis que les deux cbambies, sûres de la victouu, disrulaieiit à loisir les propusilions qui devaient ètic soumises h raicei^lation du roi, les Ecossais employaient cet intervalle a tâcher de le convertir k la foi presbytérienne. A cet effet, Henderson, le plua oéièbre de leurs nûûatrea, se rendit de Londres à Newcastle. Le mi, suivant sa promesse, éooata ke arguments de son nouyeau piéoepteur, et i»e oimtroverse intéressante sur IHnstitulion divine de répiscopat et dn {nresbytManisme ftei soutenue par les dsu antagonistes avee une habileté qui n^était point li mépriser. Que Charles ait composé sans les conseils d'un théologien les éoits qu'il produisit h cette occasion, on en peut douter; mais auteur, quel qu'il fut, se montra égal, sinon supérieur, a sou vieil adversaire 2. Les chefs écossais, toutefois, vinrent au secours Je leur champion, armés d'arguments politiques. Ils assurèrent âu roi que sa réintégration dans l'autorité rojale, ou son exclunon perpétuelle du trône, dépendait de son choix actuel. Qu'il acceptât le cornant et concourût à Tétahlissement du directoire, atlfls Ecossais, jusqnVtu dernier honuBO, les Anglais, h la seule QKqption dee ind^endants, se dédareraîent en sa iàTOur. Son A^BÎasoement h ce p^t seul pourrait les décider h se relâcher ^la rigueur de leurs autres demaudes, k le replacer sur le trône
1. Jblim. VIII, 30i), 329, 360, 374, 475. Baillie, ii, 5K)7, 200. Rushv- «J0-31W: •^itrnier qui conseiilit à abaisser r^teudard ro^'iU fut lo marquig de Worotl* ter II fax obUgé de se rendre, à l'âge de quatre-vingts ans, de Ragland-CasUe «Londres- mah il mourut immédiatiMiu-nt après son arrivée. ComuiP sesbiw» ^t^'ulsous le séquestre} les lords urduuuereul d avancer une huuime pour les înis de ses^ fanéraiUes. Jottr». tiii, 498, 616. Voyex te note (D) à la fin do foliune.
5- Voici quel était le principal point en discus.^ion. Chacun avait cité des ^|es de l'Ecriture à l'appui de son opinion fuv untc, et chacun expliquait ces dans un sens oppose. 11 était certainement aussi déraisonnable que Charles soumit son jugement à celui de Henderson, ^{nû l'était Qmfi Henderson soumît «ùen a celui do ('liarles- Le roi demanda donc qui serait juge entre eux. l.c weologieu repondit que l'Ecriture ne pouvait être expliquée que par l'Ecriture, qui, dans ropinion da nwMvqae, laiqMil la ^uestW indeoae. 11 soutenait S^tM ancienneté était le jupe. I.e gouverneni'-iit ecclésiastique établi p!ir les
que l'episcopat était la forme établie par les apôti ^t pas l'induction. L'Eglise des iiiifs était tombée dans l'id hUrie pendant le •JWrt séjour de Moïse sur la montagne ; l'Eglise du Christ avait pu tomber dans '^'neur peu après la mort des apôtres. La controverse linit là, à cause de la lualAdie et de la uort du tbéologien. Yayes les OËavres de Charles, 7&^.
m UlSroilIft D ANGLKnUE.
de SCS ancêtres, et h forc^er la faction opposée de se soumettre. S'il refusait, il iie devait en attribuer les conséquences qu'à luinienie. Il avait reçu des avertissements suftisanls; ils avaient juré le co venant, et devaient remplir leur devoir envers Dieu et leur patrie.
On crut alors, et ron a souvent répété depuis, que le refus du ToiproTenait de Fopiniâtreté et de Tentêtemeut de sou caract^, el que ses appels réitérés ^ sa conscience n'étaient que des prétextes pour défriser son dessein de replonger la nation dans des horreurs dont elle venait si récemment de 'sortir. Mais cette supposition est complètement réfutée par toute la teneur de sa correspondance secrète avec sa femme et le conseil qu'elle avait eu France. Il paraît avoir divisé ses objections en deux classes, politique et religieuse. 1° On était, alléguait-il, dans un siècle où les liummes étaient gouvernés par la chaire. Il était donc de la dernière importance pour le souverain de (b'^lorininer aux soins de qui ce levier puissant serait conûé. Les principes du presbytérianisme étaient antimonarchîques ; les ministres prêchaient ouvertement la légitimité de la rébellion, et si on en faisait les seuls dispensateurs de Tinstru^on publique» lui et ses successeurs pourraient être rois de nom, mais seraient esclaTes de fait. Le plus sage de ceux qui avaient porté le sceptre depuis les jours de Salomon avait donné sa sanction à la maxime, « pas d'évôque, pas de roi; » et sa propre histoire fournissait une triste preuve de la sagacité de son père. 2° L'origine de Tépiscopat était une question tliéologique, qu'il s'était fait un devoir d'étudier. Il était convaincu que cette institution dérivait du Christ, et qu'il ne pouvait en conscience la changer contre une autre forme de gouvernement ecclésiastique inventé par les hommes. 11 avait trouvé répiscopat dans V Eglise a son avènement ; il avait juré d'en maintenir tous les droits, et il était tenu de le laisser debout k sa mort. Une fois, à la vérité» pour complaire aux deux chamtees, il avait trahi sa conscience en consentant h la perte de Strafford. La pu- i nition de cette faute pesait encore sur sa tôte ; mais si pour leur complaire, il la trahissait encore une fois , ce serait se montrer pécfteur incorrigible et mériter la malédiction de Dieu et des | hommes*.
Le roi avait atteint iSewark en mai. Ce ne fut qu'à la fm de
1. Poortoiii oesaélaik, vojres les Pau. Clareiid. ii, 213, 248, ^i56, Hm, i m, 974, 977, 995. BlOUie, u, m, 300, 914, 9iS, 919, 986, 941, 949, 943, 949. j
CUAPiTKË TROlSIÙIli;. 153
joillet \U\ <nte les propositions de paii fturent soumisesà sa oonsidération. SemMaÛes en sobstanoe à celles de Famiée |»écé« dente, elles araient encore été aggravées par de nouvelles restrictions, et par une liste de proscriptions plus étendue. Le dixième
jour [2 août], dernière limite du délai accordé aux commissaires, Charles répondit qu'il lui était impossible de donner un assentimpnt non motivé a des propositions d'une si immense importance, qu'il ne pouvait comprendre sans explication combien on comptait conserver de Tancienne constitution, et combien eu supprimer ; qu^une conférence personnelle était nécessaire aux deux parties, afin d'éclaircir les doutes, de peser les raisons et d'en venir k une intelligence parfiûte, et qn^à cet effist son intention était de se rendre-à Westminster dès qoe les diambres et les commissaires écossais loi assureraient qa'Ù y pourrait résider en liberté, honneur et sûreté
Ce message, qui fut regardé comme évasif, et par conséquent comme peu satisfaisant, remplit les indépendants de joie, les presbytériens de douleur. Les premiers ne déguisèrent plus leur désir de détrôner le roi, et soit de mettre à ?a place son iils, le duc d'York, que la reddition d'Oxford avait fait tomber entre leurs mains, soit, ce que bien des gens trouvaient préférable, de substitua un gouvernement républicain au gouvernement mo* nardtique. Les comnaôssaires écossais cherchèrent k calmer la fermentation , en détournant Tattention des chambres. Us se déchrèrent [11 août] disposés non-senlment k concourir aux mesures que ^obstination du roi rendrait nécessaire, mais, au reçu d'une indemnité pour leurs services passés, à ramener leur armée dans leur pays. L'offre fut accueillie avec empressement ; un comité s'assembla pour balancer les comptes entre les deux nations ; bien des articles de part et d'autres furent contestés et repoussés, et enfin les Ecossais consentirent a renoncer a toutes leurs demandes moyennant 400,000 livres, dont une moitié serait pi^ée avant leur départ d'Angleterie, et Tautie après leur arrivée en Ecosse 3.
1. Joum. VIII, 498, 447, 4(iU. Le roi voulut alors s échapper des maint dflf EcoMBift. Aabmirnham fat chargé de sonder Pierpolm , un des commissaireg parle .r.entaim; nais Pierpoint refusa de conférer avec lui. Ashburnh. ii, 78.
3. Joum. viii, 401, 48.). Baillie, ii, i^:3, ?n7. Rushw. vi, 322-326. l'our avoir de l'argent, on fit un nouvel emprunt de la manière suivante. Chaque souscripteur aux précédents «aprants fÛts snr la foi du parlement qui n*a* v.iit encore reçu ni principal ïA iartérèts, eut la faculté de souscrire pour l.i mèmn somme dans le préseat empnint, et, en retour, les deux sommes avec les
154 HISTOIRB D'AHGLBTERU.
A ce moment, un vote imprévu des deux chambres donna lieu h une contestation sans précédents dans Thistoire. Il fut décidé [21 sept.] que le droit de dispos du roi appartenait au parlement d'Angleterre. Les Ecossais se bâtèrent de faire des remon* trances. Disposer dp roi était up terme ambigu : ils youlaientcroire que cela signifiait détenniner oit le roi résiderait, jusqu'à ce que rbarmonie fftt rétablie entre Ipi et son peuple; mais on devait se rappder qu'il était roi d'Ecossd aussi bien que d'Angleterre ; que les deux nations étaient intéressées h ce qui conceiv nail la p» rsoiinn du roi ; quo toutes deux étaient parties prenantes dans la guerre ; que toutes deux avaient le droit d'être consultées sur le résultat. Les Anglais, au contraire, prétendirent que les Ecossais n'étaient pas parties prenantes , mais auxi- UaireSy et que leu; devoir était d'exécuter les ordres de ceux dnnt ils mangeaient le pain et dont ils recevaient Targenl. PEcosae était certainement un royaume indépendant. Mais ses droits ne s'étendaient point au delà de ses limites; elle ne pouvait réclama, elle n'avait à exercer aiibune autorité sur le territoire de rAngleterre. Cette altercation menaçait de dissoudre Tunimi des deux royaumes. Il se tint des conférences multipliées. Les Ecosk sais publièrent leurs discours [l^"" oct.] ; les cominunes ordonnèrent [7 oct.] que les livres fussent saisis et les imprimeurs emprisonnés, et chaque parti refusa obstinément d' admettre les prétentions de son adversaire, ou même de consentir à un compromis. Mais ce qui marqua plus fortement Tintention du parlement, ce fut le vote [13 oct.] de la somme nécessaire au payement de Tarmée pendant les six mois suivants : avertissement fort intelligible de sa détermination de maintenir ses prétentions par la tece des armes, si la présomption de ses alliés j portait atteinte ^
Cette querelle extraordinaire, la difficulté de lever un emprunt immédiat et les arrangements h prendre jiour le départ des Ecossais, ocûupèreut rattention des deux chambres peudaul le reste
intérêts devaient lui être assurés sur la grande accise et sur la vente des terres des évêques. Dans ce dernier but, on rendit trois ordonnances : l'une interdilant à toutes personnes 4'ocouper la place, de pMdie le nom et d'exercer la juridiction d'archevêque ou d'évéque dans le royaume, et confiant toutes les terres appartenant aux archevêques et evèques à certains curateurs, pour l'usa ^'e de la nation {Joum. 515) ; une aulre garantissant sur cea terres les créancaa des stniscriptcnr?; (ibid. 52^»', et une troisième nommant certaines personnes pour faiie des contrats de vente et recevoir l'argent. Juurn. des Comm. 10 noy.
1. Joum. m, 534. Comunes, 7, Id, U, 16 oct. Bush, vi, â^7d. Baillie, II, 946.