CHAPITRE TROISIÈME. IM
êè IHmée. QmMi ttait ea le loMr de réfléchir au sort qui le menifAit Sa fermelé oommeii^ à fléchir; il consulta [80 sept.] les éféques de Londres et de Baiisbary, et proposa snccessivement plusieurs expédients peu satisfaisants, dont l'objet était do combiner la tolérance de Tépiscopat avec rétablissement temporaire ou partiel du presliytérianisme. Les lords votèrent [16 déc,] qu'il lui serait permis de résider a Newmarket ; mais les communes refusèrent leur eonsentement, et les deux chambres finirent [31 déc] par lixer leur choix sur Holmby, dans le voisinage de Northampton ^ Ou ne tint aucun compte de la garantie qu'il avait demandée pour son honneur et sa liberté; mais on (ïromit [ê jpttner i6k7] d'avoir égard à hi sûreté de sa personne dans la défense de la vraie religion et des libertés des deut royaumes . eombraéineiit aut ligue et covenant solennels. Il fat donne communication de ce vote aui commissaires écossais k Newcastle , qui répondirent qu ils atteudaient les ordies de leur parlement ^ [12 janvier].
En Ecosse, la position du roi avait été le sujet de maint débat acerbe et violent. Au parlement, ses amis étaient actifs et persévérants, et leurs efforts arrachèrent la résolution [16 déc] que les commissaires à Léndres appuleraimit de toute leur influence sa deniande d'une conférence personnelle. Encourasés par ce succès puMf ils ptoposCnrent d'eiprimer par un vote leur déter-
d' Aflgkrterre. Mais à ce moment arrivèrent les votes des deux
cluntibtes pour sa translation h Holmby : l'élan de la loyauté
écossaise lut arrêté h Tinstant, et la crainte d'une rupture entre les nations engagea les états h observer un jc'ûnc solennel, alin de mériter la bénédiction du ciel, et à consulter les conmiissaires de TEglise, alin d'agir en toute sûreté de conscience. La réponse fut telle qu'on pouvait Tattendre do la bigoterie du tempe : il n'était pas permis d'aider au rétablissement d'un prince qui avait été endu du gouvernement de son royaume pour avoir letKmssé les pmposltions relatives à la religion et an covenant. Personne n'osa s'opposer à la décision de l^Use. Sur denx cents menibres^ il ne s'en trouva pas plus de sept ou huit qui parlèrent
1. «Holdenby ou Holmby, riiaunirKjue maison b.Uie par lo lord chancelier HattOD, et, sous le règne de Jacques, achetée par la reine Anne pour son second au. » Herbert, 18. C'était, en eoniéqaenoe, la propriété prifée du roL
2. Clar. Pap. 365, 308, 27G. JoUm. 69S,6d6, 648, 681. Journ. des C«n. 94 déo. Sa lettre à l'éTèque de Londrea eet dana EUii» m, m, ^ aérie.
156 HISTOIRE I^AmUmEIIIIB.
on faveur de leur souverain. On adopta la résolution do Tonvoyer a Holniby, ou h quelque autre de ses maisons près do Londres, pour y rester jusqu'à ce qu'il eût consenti aux propositions de paix , et tout ce que ses amis purent obtenir fut un aniendemeDl [25 janvier] qui exprimait plutôt leurs craintes que leurs espérances, et qui stipulait qu'il ne serait fàit aucun outrage ni m» lence à sa personne; qu'il ne smdt appmrté aucun obstacle à la succession légitime de ses enfants, ni aucun changement au gouvernement actuel des royaumes. Cette addition fut acceptée avec empressement par la cliambre anglaise des lords; mais les communes ne daignèrent pas l'honorer de leur attention. Le premier payement de cent mille livres avait déjà été fait à Nort^llerton [21 janvier] : les Ecossais, conformément h la convention, évacuèrent I^ewcastle [30 janvier] , et les commissaires parlementaires , sans autre cérémonie , s'emparèrent de la pmoime du roi. Quatre jours après [3 février] , les Ecossais reçurent la seconde somme de cent mille livres ; leur armée repassa la frontière des deux n^umes [16], et le monarque captif , sous une forte garde , mais ayec toutes les démenstrations possibles de respect, fut conduit è sa noureUe prison de Uolmby ^.
Les royalistes, depuis la visite du roi h Newark, avaient vu avec anxiété et terreur la politique froide et calculée des Ecossais. Le résultat convertit leurs soupçons en certitude : ils n'hésitèrent pas à les accuser de fausseté et de perfidie , et h leur reprocher d'avoir attiré le roi dans leur armée par des promesses trompeuses, afln, comme Judas, de le vendre à ses ennemis pour de Fargent. Des insinuations aussi injurieuses pour le caractère de la nation ne doivent pas s'admettre à la légère. U est bien vraî que le fanatisme ei Tintérét avaient endurci les cœurs des covenantaires contre les impulsions plus généreuses de la loyauté et de la compassion, et qu'en livrant le roi à ses ennemis , ils violaient leur promesse antérieure de sûreté personnelle, qui, une fois donnée , quoique de vive voix seulement , devait otre religieusement tenue. Mais rien n'autorise h dire qu'ils liront cette promesse pour trompor Tinfortuné prince. Ce fut avec répugnance qu'ils conseutireut à le recevoir, et lorsque entln il cherdia un asile dans leur armée , il y vint , non pas attiré par leur invitation, mais poussé par la nécessité et le désespoir. 2<» Si la
1. JiMim. T1II, 686, 689, 695, 699, 718. CoBim. S5, 96, S7 Janv. BaUlie, il, SSS. Both. Tt, BSOmse. Whittlock, S88. Thnrioe, i, 7844.
CUAPITKE TROISIEME. 167
remise de la personne du roi , à Tépoque oà ils reçurent deuK cent mille livres, eut Tapparence d^une Tente, il font se rappeler que les comptes entre les deux nations aTaient été réglés au oom*
mencement de septembre ; que depuis, pendant quatre mois, les Ecossais ifavaionl pas cessé de négocier en faveur de Charles , et qu'ils ne cédèrent la j^arde de sa personne que lorsque les votes du parlement anglais les forcèrent de choisir entre celte concession ou la guerre. Il se f)eut qu'en prenant leur décision ils n'aient point oublié leur intérêt personnel ; mais il était une autre considération qui n'eut pas peu de poids même auprès des amis du monarque. On allégua qu'en laissant le roi résider à H<dmb7, on ôtait le seul prétexte qui restAt de garder sur pied Tannée que commandait Fairfax; le licenciement de cette armée annultoait Tinfluence des indépendants, et donnerait un ascendant incontesté aux presbytériens : les premiers, ennemis jurés de l'Ecosse, de son Eglise et du roi, les seconds, leurs défenseurs déclarés; et la conséquence nécessaire devait être que les deux parlements seraient libres do combiner, conformément au covenant, rétablissement de la religion et la restauration du trône*.
Charles n'avait point encore perdu l'espérance de recevoir des secours d'Irlande. A Newcastle , il avait consolé les heures de sa captivité en rêvant aux efforts puissants que feraient pour sa déliyrance (^mond^ Glamorgan et le conseil de Kilkenny. 11 envoya k Ormond deux messages^ Ton oufertement par Lanark, le secrétaire écossais, Feutre clandestinement par 1<»^ Digby, qui se rendit de France K Dublin. Par le premier, Ormond reçut Tordre positif de rompre le traité avec les catholiques; par le second , il lui était dit de s'en tenir h ses premières instructions, et de n'obéir il aucun ordre qui ne serait pas transmis par la reine ou par le prince. Sa lettre à Glamorgan [20 juillet prouve plus clairement la détresse à laquelle il était réduit, et la confiance qu'il avait dans les efforts de ce seigneur. « ^ , i» lui écrit-il, « vous » pouvez lever une forte somme d^argent en engageant mes » royaumes à cet effet, je désire que vous le lasaiez, et si je les
1. Voyez les dédaralioos d'Argyle dansLaing, m, 560; et celles des corn- BiiMaiTes éooisaif sa parlement anglais, Journaux, ix, 594, 608. «Stepleton et
HoUis, et plusieurs autres des onre membres, avaient eic les plus empressés à nous conseiller de quitter T Angleterre et de leur laisser le roi, sur l'assorance, fort vraisemblable, que c'était le seul moyen de faire débander celte Itmeste armée et de régler les affaires du roi et de la paix à notre gré ; mais leur exécution obstinée de cette intention réelle les a perdii8| eux et touBy jusqu^à ce que I>ieu y porte remède.» baiilie, ii, 257.
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168 HI9T0IRË D'ANGLETERRE.
» recouvre, Je remboursenki complètement cette atatice. Et dites |
n au nonce que si je puis une fois tomber dans ses mains et dans ^
» lesYÔtres, ce que vous devez souhaiter extrêmement, tant pour '
» le bien de TAnglelerre que pour colin de l'Irlaiulc, puisque tout '
. » le reste, h ce que je vois , me dédaigne , je le ferai. Kl si je ne '
)) vous dis pas eeri du fond du cœur, ou si h Tavenir je manque ^
» en ceci, puisse Dieu ne jamais me rendre rnon royaume vn ce '
» monde, et ne point me donner dans Tautre le bonheur éternel ^
» auquel j'espère que cette tribulation finira par me conduke, ! 1^ après que j'aurai rempli mes obligations envers mes amis , h
i> aucun desquels je ne suis aussi obligé qu'à tous, dont les mé- '
rites enters moi surpassent toutes tes expressions qui peurent < » être employées par
» Votre constant ami , ^
» Charles H. ^ » '
Mais la religion était le roc contre lequel les espérances du roi i étftieîit encore destinées h se briser. La persévérance du conseil i sufHtMiK^ de Kilkenny remporta en apparence sur les intrigues du nonre et sur Topposition du clergé. La paix fut signée de part i et d'autre [29 juillet] ; elle fut publiée avec plus d'appareil que I de coutume dans les yilles de Dublin et de Kilkenny; mais en même tmnps, un conseil national tenu à Waterford', non-seule* ment la condamna [6 août] comme contraire au serment d*asso« oiation ; mais , sous ce prétexte , on en excommunia les auteurs , fiittteurs et instigateurs , commë coupables de parjure. La lutte entre les partisans et les adrersaires de la paix fut promptement terminée. Les gens de rUsler, fiers de leur récente victoire (ils avaient pi'es(iue dt'iruii rarméc écossaise h la sanglante bataille do Betd)urb) , épousèrent la cause du cierge; Preslon, qui commandait les forces du Leicesler, après quelque hésitation, se déclara aussi pour lui ; les membres de Fancien conseil qui avaient signé le traité furent emprisonnés, et on établit un nottyeau con« seili composé de huit laïques et de quatre ecclésiastiques, et présidé par le nonce. Sous leur direction, les deux armées se mirent
1. Bircb, In^uiry (Rect^ches) , 345. Je dois rapporter ici que Glamorgao, ionqa*U était marquis de Worcester, publia « une centaine de noms et écluuirtillons (le ces inventions,» etc., quo Iliime déclare - un mélange ridicule de meusouges, de chimères ei d'impossibilités suXlisaat pour montrer oe qu'on pouvait attendre d*an tel homme. » SI le leeteor Ut l*éditton récente de ee traite par M. Purtington, il en conclura probablemenl qoe îéoriTiiia ne jamda ou qu'il n*a pas été capable de le comprendre. i
CHAPITIŒ HiOiSli:ML. 159
en marche pour assiéger Dublin ; la ville fut sauvée par la prudence d'Ormond, qui avait dévasté le pays environnant, et par les habitudes de jalousie et de dissension qui empêchèrent toute coopératicm cordiale entre O'Neii et Preston, Ton d'origine irlandaise, Fantre d'origine anglaise [lA octt]. Ormond, néanmoins, désespéra de défendre la capitale contre leurs efforts réitérés, et rini portant pour lui fut de savoir si c'était h eux ou au parlement qu il la rendrait. L'un do ces pat lis rossomblait à de la peiiidie envers sa religion, Tautre, a de la trahison envers son souverain. Il préféra le d(Tnier. Il se décida à rejeter la première réponse a son ofïre, coiinne dérogeant h son honnein- ; une seconde négociation eut lieu, et il tiuit par consentir \2â février 1(347] remet« tre au parlement Tépée , emblème de sa charge , le château de Dublin et toutes les forteresses occupées par ses troupes, moyennant une certaine somme d'argent » une sûreté pour sa personne et la restitution de ses terres , qui avaient été séquestrées. Cette convention s^exécuta. Ormond vint en Angleterre, et respérinee du roi d'avoir des secours de Tlrlande fut encore une fois déçue *.
Avant de terminer ce chapitre, il est bon de faire remarquer les progrès de la réfortne relijîieuse. Du direetoire du rulle publie, le synode et les eliambres en vinrent au gouvernement de l'Eglise. Ils divisèrent le royaume en provinces, les provinces en classes, et les classes en presbytérats ou corps des anciens; et établirent par des votes successib une gradation régulière d'autorité parmi ces nonTelles judicaturesi dont le nombre, s'il en iant croire Tordonnance, ne s'élevait pas à moins de dix mille. Mais aucun des grands partis religieux ne fut satisfait, Les indépendants désapprouvaient fortement Fintolérance du projet presbytérien '^; et tout en voulant qu'il fut protégé et soutenu par réiat, ils réclamaient le droit de former, suivant les inspirations de leurs consciences, des congrégations séparées pour euxmêmes. Leurs plaintes furent favorablement accueillies par le^»
1. Joum. vm, ai9, M: IM, 99* 39, 35. Le lecteur trouvera une relation exacte (U s négociations nombreuses et CQinpUqaéet relaUvei àTlrlluiae» aaiyi ^iioby
In «luiry, eXc. p . 1 iS-l'Ol .
3. Sous le nom général d'indépendants, je comprends, pour plus de commodité, toutes les cUfiiérentes seotei énaméi^es dans le lemps par Bdwndi Aaai sa Gangrema y indépendants, hrownislcs , miflenaires, antinomiens, anabaptistes, arminiens, libertins, faniilistes , enthousiastes, chercheurs, perfectistes, socjuiens, arianisics, auli-tnnitaires, anti-scripiiiristes ti scci tiques. Les Purii€tin9, parNeal, ii, 251. Je remarque que queUiues-unes d'entre eUes soutenaient que la tolérance était due même aux catholiques. Baillie en parle plunem tcàë avec des sentiments dliorreur. ii, 17, 18, 43, t>l<
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m HtSTOlKË D ANGLETERKE.
' deux chambresi dont les membres (à ce que nous dit un théologien éooisais qui assistait à rassemblée de Westminster) pouyakiùi se diviser eu quatre classes : les presbytériens, qui, en nombre et en influence, surpassaieiit cbacune des trois autres; les indépendants, qui, bien que peu nombreux, se distinguaient par la supériorité des talents et l'activité de leurs chefs; les hommes de loi, qui voyaient avec jalousie toute tentaLive pour ériger un pouvoir ecclésiastique indépendant de la législature ; et les gens d'habitudes irréligieuses, qui redoutaient la discipline sévère et inquisitive de FEglise presbytérienne. Les deux dernières classes servaient parfois à rétablir la balance entre les . deux autres, et eu se joignant aux indépendants, à arrôter le zèlo et à neutraliser les votes des presbjrtériens. Avec leur aide, CromweU, comme organe des religionnaires mécontents, avait obtenu [13 sept. 1^] la nomination d^un a grand comité d'accommodement, » qui siégea quatre mois et ne termina rien. Son objet patent était de réconcilier les deux partis, en engageant les presbytériens h rabattre de leurs hautes préientions, et les indépendants à se relâcher de leur opiniâtreté de sectaires. Les uns et les autn^s furent également inflexibles. Les premiers ne voulurent admettre aucune innovation dans les pouvoirs que le Christ, d'après leur croyance, avait conférés au presbytérat; les derniers, plutôt que de se conformer, se dédarèrént prêts k subir lee pdnes légales, ou \ chercher quelle autre climat où la jmiissance de la liberté civile fAt combinée avec celle de la liberié religieuse ^.
^ Le mécontentement des presbytériens venait d'une source très-différente. Ils se plaignaicTit de ce que le parlement avait . usurpé la juridiction dont le Christ avait investi exclusivement son Eglise. L'assemblée soutenait que a les clefs du royaume du ciel furent confiées aux officiers de FEglise, en vertu de quoi ils ont particulièrement le pouvoir de retenir ou de remettre les péchés, de former le royaume du ciel aux impénitents par lés censures et de rouvrir aux pénitents par Tabsolution. » Ces prétentions des théologiens étaient appuyées avec zèle par leurs frères du parlement,.et aussi vigoureusement combattues par tous ceux qui n^étaient pas de l^ur communion. Les théologiens réclamaient pour les presbytérats le droit de s'eniiuirir de la vie privée des individus, et de refuser aux indignes le sacrement do