Whitel. S
3. Voyez la leure d'Ashbuiuiiaiu au presideut, le nov. p. 3. Son Méiuoùre,
18« IIISrulHE D ANGLKTKUKE.
Celte évasion inaitenduo arracha au parlement des inoiiaces de vengeance contre toutes les personnes qui oseraient receler le royal fugitif; mais au bout 'de trois jours, arriva la nouvelle ^'il était de noureau prisonnier sous la garde du colonel Ham^ mond^ qui avait été tout récemment nommé gouvemeur de Vfke de Wight. Charles, accompagné de Legge, valet de chamlHre du roi, le soir de son départ, était descendu dans le jardin par rescaKer de derrière, et avait gagné un lieu où Berkeley et Ashburnham attendaienl son arrivée [12 nov.]. La nuit était sombre et orageuse, ce qui facilita leur évasion ; mais quand ils eurent passé la rivière à Thames IMtton, ils s'égarèrent ; et le jour parut avant qu'ils atteignissent Sutton, oii ils montèrent à cheval. L'infortuné monarque n'avait point encore de plan arrêté. Comme ils s'avançaient vers le sud, il consulta ses compagnons; et après quelques débats, il résolut de chercher un asile tempœraire à ïitchûeki* hottse, résidence de la comtesse de Soutfaampton, tandis que Ashburnham et Berkeley passeraient dans lUe de Wight, et sonderaient les dispositions de Hammond, le gouverneur, dont toutce qu^onsayait, c'est qu'il était neveu d^un des chapelains du roi. A la première nouvelle de l'objet des messagers [13 nov.], Hammund trahit de vives alarmes, sous rimiircssion que le roi était actuellement dans l'île; mais s'étant remis, il leur rappela qu'il n'était qu'un serviteur tenu d'obéir aux ordres de ses chefs, et refusa de leur doiyier d'autre gage que la promesse de se conduire en honnête homme. Comment ils purent se contenter de cette promesse ambiguë, c'est un mystère qui n'a jamais été éclairci, — chacun, dans la suite, rejetant le blâme sur l'autre;
mais ils lui permirent de les accompagner à la retraite du roi, et même de prendre avec lui un autre officier, le capitaine de Cowes Castle.
Durant leur absence, Charles avait formé un nouveau plan
d'évasion par mer, et avait envoyé un messager de confiance s'assurer d'un vaisseau dans le port de Southampton. Il méditait encore sur ro juojet, lorsque Asliburnham revint, et annonça que llammund et son coni[»a^nion étaient déjà dans la ville, attendant les ordres de sa majesté. 1^'infortuué monarque s'écria : « Quoi ! i'avez*vous amené ici? alors je suis perdu* » Ashburn*
101-112. Berkeley. 378-375. Journ. ix, 520. Rush, vii, 871. Clar. m, 77. Mém. dei Hamilton, 394. Il est certain que le roi reçut ou lut une lettre de CromweU
(voyez Journ. x , 411. Berkeley, 377). Qu'elle eût été écrite dam^l^ dessein de l'engager à s'cchappor et de tomber ainsi aux mains des uiTeleurs, c'est une supposition t>t'atuitc dos cmicimii de Crouiwcil
CUAPiTHË UUATUthME. 185
bam yit sur-le-champ son erreur. Il n^éteii pas trop tard, ré« pondiuil. Jis n'éteieot que deux, el on poo?aU âiiânenl t^en défaire. ChirieB se proiBena daas la chamlm pendant qvelqoee minnAee, pois il lejetà eet arâ sanguinaire. U entretenait tçnjours le Tain espoir qn^on pourrait se proenrer un yaisseau; mais au bout de deux heures, Hammond s'impatienta ; et le roi, ayant rassemblé toute son énergie pour cette entrevue, ordonna de Tintroduire, le reçut très-gracicusemont, et mêlant les promesses à la llatteric, se confia à son houueur. Hannnond, toutefois, eut soin de ne pas se compromettre : il répondit en termes respectueux, mais ambigus; et le roi, ne pouvant se tirer du danger, ccmsentit d*un air de gaieté, mais lecoBor plein d'alarmes, à l'accompagner dans 111e. Le gouverneur fit rendre à son hôte royal toutes les démonstrations possibles de respect, et le logea en château de Garrisbrook ^
La Tiolence croissante des myeleurs et les dispositions sédî* tieuses de Tarmée avaient éveillé les craintes les plus sérienses chez les officiers supérieurs ; et Taiilax, de l'avis du conseil, ren* voya [8 nov.l les agitateurs a leurs régiments respectifs, et ordonna aux différents corps de s'assembler en trois brigades, k trois jours différents. Pour cette époque, on prépara eu son nom une remontrance dans laquelle il se plaignait des calomnies qui circulaient parmi les soldats, indiquait les objets qu^il avait tâché d'atteindre, et offirait de penîster dans ses efîoris, pourvu que les soldats reprissent leurs anciennes habitudes d'obéissance militaire. Tout le monde attendait avec anxiété le résultat, mais personne avec pins d^appréhensiimqtte OomweU. Sa vie était en jeu. Les ntveleurs l'avait meViacé de lui faire payer de sa tète ses intrigues avec Charles ; et la fuite de ce prince, en déconcertant leurs plans, avait irrité leur ancienne animosité. Au jour marqué, la première brigade, celle sur laquelle les officiers pouvaient compter, se réunit dans une plaine entre Hertford et M arc; et la remontrance fut lue par ordre de Fairfax h chaque régiment tour a tour. On y répondit par des acclamations; les soldats se hâtèrent de prendre rengagement d'obéir aux ordres du général ; et les semeurs de discorde, les distributeurs de pami» phlets séditieux furent désignés et mis en prison. De ce corps, Fairlax passa à deux régiments qui avaient osé venir sans ordre.
1. Journ. IX , .3*25. Eush. VU, 874. Afthb. U. Berkél03r» STTSBS. Herbert, ôS. Ludlow, 1, 187-191.
fit UISiOlKE t) ANGLETERRE.
Le premier, après quelques débats, se soumit ; le second Cut plut obstiné. Les soldats avaient expulié la plupart des ofOciers, ei poriiieKt autour de leara chapeeia eette éefite : € La liborié da peuple el lee éfoiii ëee eoUÉli. iiCnHHwelliejetidiMleinnip pow saisir lee hmmui; een ialrépidilé wtîauda kl nottns; ott en fusilla an imesédialoaMiiti deux anlves fiorant jugés et eo»* dansés sans désemparer, et plusieurs autres furent résenrés comme gages de la soumission de leurs camarades ^ On crut que cet acte de vigueur avait rétabli la subordination; niais Croniweli découvrit bientôt que les niveleurs eoiiipnsaient le? deux tiers do la force militaire, et qu'il était nécessaire pour lui de revenir sur ses pas, sUl voulait conserver sa première influence. Dans cette Tue, ii fit une reconnaissance publique de son erreur et une pio» messe eolennelle de triompher ou mourir ayec Tarmée. La ooii* Tersion du pécheur fut saluée par des aeilametions de joée ; en olwofva un JoÉse solennel pour oélébrar cet érénement; et Gromwell, dans rassemblée des ofûdsfSi eontosa en pleuiunt que « ses yeut^ éUouis par la gloire du monde, n'ataient pas daîrement discerné Tœuvre du Seigneur ; c'est pourquoi il s'humiliait devant eux, et réclamait les prières des saints atin que IHeu lui parilonuAt sa cuiiduile intéressée. )) Son ronipliee Ireton prit le même ton repentant: tous deux épauclièrent leurs àrnes devant Dieu dans une prière fervente et improvisée ; et « jamais, nous assure-ton, musique pbis liaruMmieuse ne monta à roreiiie du Tout- Puissant a. »
Le roi n'avait pas enoere ou ssiieé de ee repentir de sa conilance en Uammond; makoegoufuvneur, en smtdasit toutes les lsi»> IMe possibles à son prisonnier, nltvait pasTintontisméeséparar son sert de oeluidel*arniée. BooneultalsaolMersduquiate général, et résolut seerMement de s'en tenir à leurs instructionB^ Charles recommença ses premières iulrij^ues. Var l'entremise du docteur (iouf];h, un des chapelains de la reine, il tAcha d«' décider les cofnmissaires écossais a ne pas faire de la coiiUrmalion du covcnant la seule condition h lacjucllc ils lui fourniraient une armée: il envoya sir John iierlLeiey à ( romwell et à ses amis pour leur r^ipeler leurs promsmes, et soikciter leur issistanfie
1. WhiM. 47S. ^ttrfi. IX, 597. tiVdHffr, t, 19t. Le Imift eosnil pftmi lei ml*
(lats que le roi avait promis à Cromwell le titre de comte avec le cordon bleu, à son lils la charge de gentiliiorame de la chambre du prince, ei à Ireton le OOMnMMdeinent des forces d'Irlande. Holles,
S. Cïor. Pap. II. App, xliv. Bcrk. ô6ô. Wiutcl. i!«4.
CIIAPilKE QUAiiUEME. 187
pour un traité (wrioiiDd; et par ub mowaga au parlemeni [iû nov.], il proposa^ ett addition h ses premtèraa offres, d'aban* ëoiUMr le oonaiaBteMDt 4e Tannée ea vie duraai, d'edMOfer 1m profila ée k eosr des piipiHeaoiNilfeiiiire?eiiitaiiiittal, elde IcNiriiff leafMiii néeeMâM pour acquitter lee eommea dues ans «flkairea ei mn ciéaiioiers pufaliea. La négU^enoe afeelaqueUe ce message fut reçu et la réponse décourageante faite par les otliciers éveillèrent ses craintes; elles furent confirmées [8 déc] par les commissaires écossais, qui, tout en se jdaignant de sa dernière oflYe comme dUuic violation de ses précédents engagements, lui assurèrent qu'un grand nombre de ses ennemis voulaient Temprisonner étroitement, et que d'autres parlaiént ouvertement do le défaÎTO de lui par un jugement ou par on assassinat. Cet ' arartiamneats le décidèrent à préparer oa plaa d'évaiioii. On a^adretiaà la roiae [14 déc.] peur atoir oh Titaeaii de guerre qd ]0 transportàl hovi de l'fle; et Berwick fitt choiii comme lloa do votoaite ^. Il n'awt, tootelns, que peu do temps à perdre. Goome ultimatum, et comme la seule condition k laquelle elles consen* tiraient a un traité personnel, les chambres demandèrent Tassentiraent du roi a ipiatre bills qu'elles avaient préparés. Le premier, après avoir investi le parlement du coniinandement de Farmée pendant vingt ans, portait qu'après cette période il serait rendu a la couronne, mais non sans le consentement préalable des lords et des commonea; et que toutei les fois qu'ils déclareraient que k sûreté du toyaofliey était intéressée, tous les bilk adoptés par eoz foiatifemeai am foreos do terre ou do' mer continueraient d^toe ooBsidéiés comme ados du parioaMMt, qaaad mémo le loi d'alors refaaerail soa ossontiaieBi; lo seeond déekiait toos aer» flMMitB, prodamalioas ol nosoies ooatrole parteaioBtteaBt la guerre nuls et de nul'effét; le troisième annulait tous les titres d'honneur accordés depuis le 20 mai 1G/|2, et privait tous les pairs qui seraient créés par la suite du droil de siéger au parlement sans le consentement des deux chambres; et le quatrième donnait aux chambres le pouvoir de s" ajourner de place en place, à leur dificrétiou K Les Écossais» pour retarder les mesures»! de-
1. Meni. (les Harailton, 32.-)-333. Liidlovv, i, 195-201. Beilceley, SSS.
2. Juurn. ix, 575. OEuvrus de Charles, 500-51)3. Maintenant, uue le IdOteur coimilte Clarendon, Histoire, m, 88. 11 nous dit que, parron, le roi devait s'arouer Vautour do lr\ ^luorro, ot coupable de tout le sanp versîo ; que, par un autre, il devait dissoudre le gouvernement de l'Eglise, et accorder pour d'auiNt maget tontes 1m terres apparMfll à rfiglise; par «i imWéM» frgir
188 UISTOIKE D AN(U.ETEKUE.
mandèrent copie des bîils, et firent des remontrances contre les mcMiifications apportées aux propositions de paix. Leur langage était hardi et irritant : ils traitaient la conduite du parlement de violation de la ligne et da covenant ; et ils accusaient onTertement les ebamllres de se laisser mener par un corps qui devait son ori* gine et son maintien h leur autorité. Mais les indépendants n*é* taient pas gens à se laisser intimider par les clameurs d'hommes qu'ils savaient êlrc des ennemis sous le nom d'alliés : ils proclamèrent 1 IS déc] l'intervention de toute nation étrangère dans les actes du parlement un déni de rindépendance du royaume, et ordonnèrent [24] de soumettre, sans plus de retard, les bills à l'approbation du roi. Les Ecossais accoururent à Carisbrook, en apparence pour protester contre eux, mais avec un objet plus impiurtant en yue. Ils se relâchèrent alors de leur première obstination ; ils n'insistèrent plus sur la omfirmation positive du covmant, et se contentèrent de la promesse que Charles fi^ait^ en matière de religion, toutes les concessions que sa conscience lui permettrait. Le traité qui se débattait entre eux depuis si longtemps fut signé en secret [28 déc.]; et le roi répondit aux deux chambres, que ni ses souffrances présentes, ni la crainte d'un traitement pire, ne le décideraient jamais a donner son assentiment h aucun bill comme partie de l'accord, avant de l'avoir conclu en totalité
Sentant les conséquences de son refus, Charles avait résolu de piévenir la vengeance du parlement en s^évadant le soir inôme vers un vaisseau qui avait été envoyé par la reine, et qui Fattendait depuis plusieurs jours dans les eaux de Southampton ; mais il en fut empôché par la vigilance de Hammond , qui toma les portes au départ des commissaires, doubla les gardes, confina le royal captif duns sa chambre, et renvoya Ashbumham, Bwkeley, Legge et la plus grande partie de sa suite ^. Une tentative pour soulever en sa faveur les habitants do l'île fut réprimée à Tinstant, et son auteur, liurley, autrefois capitaine de l'armée royale,
niscr la milice sans se réserver autant de pouvoir qu'il était donné à un sujet d'en avoir; et qu'en dernier lieu, il devait de fait livrer à la merci du parlement tous ceux (^ui l'avaient servi ou qui lui avaient été lidèles. (^uand ou compare ces allégations avec les bills réels, on peut juger du peu de confiance qui est dû aux assertions de Clarendooi lorsqu'eUes ne s'appuyent pas sur d*aatraf autorités.
l.Journ. IX, 575, 578, 582, 591, 004, 615, 531. Œuvres de Charles, 504 Mém. dos Hanûlton, 884. ' > ' > > »