‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 83 sur 276 · Herbert, 13i-l.'3<j. Rushw. vu · texte numérisé non relu

Herbert, 13i-l.'3<j. Rushw. vu

â. Herbert, 155, 157. Whitelock, 365. Sir John Temple attribua sa trauquil- Uté « à rétraage idée qa*OnDond trarafllait pour loi en Irlande. Il 8*accroehe

encore à cette branche ; et par les questions qu'il a faites sur sa jonction avec Inchiquin, je vois qu'on ne lui fera pas lÂcher pri«e. » Dans le journal de I»eicester, 48.

lilSTOlKK 1) A.MiLKTKHKU:

ëstAiKto dft la charité du cardinal de Rete, le chef do la fronde ^ Le parlenieiit d'Ecosse ûi^ il est vrai, un faible effort eti ba fiih yeur. Les commissaires sigtoèretil une protebtatioii' contre les ftotee de9 emnmiineB, qui h'y firent Jamaie de réponse, et fis disentèrent le eae avec Gromtrell, qui les renfoyt ao covenant, el eotttint que sMI était de leur deteir de punir les itaalintentioilnéB en général^ il Tétait encore plus d'en punir le chef ^.

A mesure que le jour du jugement approchait, Charles perdait les espérances qu'il avait jusqu'alors nourries, et sa traîislation h Whitehall Tavertit de se préparer pour Pimportanto sc^'iio sur laquelle il allait bientôt paraître. Dénué de renseignements et d'avis, il n'avait d'autre résolution à prendre que de conserver le port et la dignité d'un roi, de récuser l'autorité de ses jiiges et de ne commettre aucdn acte indigne de son haut rang et de celui de fS&B ancêtres. Le 20 Janvier, les commissaires nommés par Taota B^assonblèrent dans la diambre peinte et se rendirent en eortége an Inmt de là salle de Westminster. Un finienil de tbtenrs cramoisi y avait été placé pottf le lord président , le Bergenî John Bradshaw. Les autres , au nombre de soixantesix, se rangèrent de chaque côlé sur des bâties recouverts d'écarlate : aux pieds du président s assirml doux secrétaires h nue lable sur laquelle étaient l'épéc et la mass(\ et juste on face était \ui fauteuil destiné au roi. Après les formalités préliminaires de la lecture de la commission et de l'app^ des membres, Brad* shaw ordonna d'amener le prisonnier *.

Charles fut reçu à la porte par le sergent d'armée et conduit par Im en dedans de' la barre. Son pas était férme, sa mine fiëre M assorée. H ne se décontrit pas , mais 11 commença par s'asseoir, puis 11 se leva et regarda fa cour d'un air de supériorité qui confondit et irrita ses ennemis. Pendant que le secrétaire lisait raccusation, il parut écouter avec indilTerence ; mais ou vit

Il Mémkn é$ Rêtw^ i, 961.

S» ilbum. 6, 9S, 33 janv. Hist. Pari, m, 19T7. Bumet'i own IVflMt, i, 4a.

8. Lee cominitsaires, d'après Tacte (car les bUls passés aux communes setileft étaient maintenant nommés actes), étaient au nombre de cent trente-trois, prit dans la chambre basse, les coîlépes de jurisconsultes, la Cité et l'armée. Dnns l'une de leurs premières réunions, ils clioisirent Bradshaw pour président. 11 était né dans le Cheshire, avait été éleré poar le barreaa, avi^t lon^leBipt exercé à l'hôtel de vil!e . et avrii' depuis pci (''té fait ffcrgcnt. Son nom ne parut pas sur la première liste des commissaires; mais lors du rejet de l'ordoniMiice par la «liAtnItre haute, lei notti des «Is lords rarent rayés et çempla-

^dk par le sien et renx de ciinj a\»tres. 11 obtint, pour prix de ses stM 'ici'»;, le dlMUaine de lord Cottington, û place de chancelier do duché de Loacaster) et odle de président du conseil.

un sourire de mépris cuulracter ses lèyres m patstigo qui \^ dé* criTait oommo un a tyran, un Uralirai \\n meurtrier, et renoami publie et implacable de la chose publique d'Angleterre. » Lft lecture achevée, âriultliaw le somma de répondre; mais il demanda par quelle aufenrité légale il a?eit été amené Û. Il était roi d'Angleterre, il ne reeonnaiasait paa de supMmir sur la tevre, et la couronne, qu'il avait reçue de pes ancôtres, il la transmettrait intacte de son fait à sa postérité. Sa cause, on uuUu, était la cause de tout le peuple d'Angleterre; car si la force sans la lui pouvait altérer les lois fondamentales du royaume, nul n otait assuré une heure de sa vie ou de sa liberté. Un lui dit que la cour siégeait de par Fautorite de la chambre des communes. Mais^ demanda-t-il oîi étaient les lords? \a s communes formaient^es toute la législature ? Etaienl-elies libres? Etaient^Ues une cour de judicature 1 Pouvaie^t^es conférer h d'autres une juridiotion qn'eilis n'avaient pas ellesomàmei? Il m reconnaîtrait jamais une antorité namrpée. LeTrès-SaiiMui bisait pn devoir de désa^ vouer tmit pouvoir illégal qui euvabissait les droits de la eouronne ou les libertés des€ujets. Telle fut la substance des discours qii il prononça en trois jours différenls, et au milieu d'innombrables interruptions du président, qui ne voulait pas soullrir que la juridiction de la cour fut mise ea question, et (jui finit par ordonner que le a défaut et mépris du prisonnier » fut enregistre.

Les deux jours suivants , la cour siégea à buis clos pour ree^ voir U preuve que le roi avait commandé 4ane pluséeuii engago* meiits, et pour délibérer sur la forme du jupment à prononetr. Le troisièase [S7], firadshaw prit pUee au fauteuil, vétn d'ééarlafto, el Châties immédiatement demimte à être entendu* Son inteidien, itit^ n^étaîl pas ea eeiie oeeoaion de roeonnaltie on de dénier rautorité de la cour ; son objet était de demander une faveur qui leur épargnerait un grand crime et rendrait h. son peuple les douceurs de la tranquillité. Il demandait la permission de conférer avec un comité composé de lords et de membres des communes. Le président répondit que la proposition n'était pas tout à fait nouvelle, quoiqu'elle fût faite en ce moment pour la première fois par le roi lui-même^ qu'elle présupposait reiistenoa d'une intorité égale à celle des eomnuMM, ce qui ne pouvait s'admettre, qu'elle ne pouvait avoir d'antre but que ée retarder la proeédure de la court maintenant que le jugement devait être prononcé. Ici il fut interrompu par la vive réclamation du eobnel BowneSy un des membres. On fit immédiatement sortir le roî;

f t6 HISTOIRE IVANGLrrBIIIIE.

les comniissairo? so relirèroni dans une salle voisine, e( pivs d'une heure se passa en discussion secrète et animée. Si la conférence eût été accordée, Ciiaries aurait propo^ (on le pense du moins) d'abdiquer en feiveur du prince deGidies.

Quand la cour rentra ,^ Bradshaw annonça au roi le rejet de sa demande, et se mit à censurer ea termes durs et sans ménagement les principaux é?énements de son règne. Le prisomier sortît de sa réngnation paisible; il Toulut parte, mais aussitôt on lui imposa silence par la remarque que le tem|m de sa défense était passé, qu'il avait repoussé les nombreuses occasions quo lui avait offertes Tindulgence de la cour, et qu'il ne restait à ses juges qu\H prononcer la sentence ; car ils avaient appris de l'Ecriture sainte que c( c'était une aussi gratide abomination d'acquitter le coupable que de condamner l'innocent. » L'accusation fut relue et fut suivie de l'arrêt « que la cour étant convaincue en conscience que ledit Charles Stuart était coupable des crimes dont il avait été accusé, elle le condaronait comme tyran, traître, meurtrier et ennemi public des honnêtes gens de la nation , à toemis k mort en séparant sa t^ de son corps. » Le roiFéoouta en silence, tantôt souriant arec mépris, tantôt levant les yeux au ciel, comme s'il en appeldt de la médianceté des hommes à la justice du Tout-Puissant. La lecture faite, les commissaires se levèrent en masse pour certifier leur assentiment, et Charles fit un dernier et plus véhément effort pour parler ; mais Bradsliaw ordonna de le faire sortir, et les gardes l'entraînèrent hors de la salle*.

Durant ce procès on avait tenu sous les armes une force militaire considérable pour réprimer toute démonstration de sympathie populaire en faveur du roi. Le premier jour, lorsque le nom de FairHax fut appelé comme Tun des commissaires, une voix de femme cria de ki galerie : « 11 a taxp d'esprit pour tee ici. » Une autre fois, que Brad^w attribuait Paccnsation portée contre le roi k Tassentiment ^néral du peuple anglais, la même v<mx de iemme s'écria ! «c Non, pas un dixième du peuple. » Cette exclamation fut suivie d'un faible murmure d'approbation qui fut à l'instant reprimé par les soldits. La personne qui avait parlé lut reconnue pour être lady Fairfax, femme du commandant en chef; et ce fut probablement pour cette raison qu'il-ne fut point donné suite à ces outrages

1. Vo3'ez le prooès deCharlet Stuart, arec les additiom par Nalaon» foLio,

Londres, 1735.

f* Leprocès par NaUon. Ciareodoii, ni, S54. Stai0 Triait, 366, 367, 3(i8, fol* 1780.

CIJA14TUE QUAÏHlÈMfi. ?!7

Quand Coke» Tavocat général, oaTrit les plaidoiries, le roi lui frappa dottcement Tépaule de sa canne, en luf criant : « Ar^ lètes y ariAtexI )» An oaième instant la p<Hnnie d'argent de Ut canne tomba et roula sur le plancher. Cétait un^accident qiA aurait pu arriver en tout temps ; mais dans ce nède superstitieux il ne pouvait manquer d'être pris pour un pronostic. Ses amis et ses ennemis rinterprélèreut conmie un présage de sa décapitation prochaine

Un jour que le roi entrait au tribunal, il entendit den imî lui le cri de « justice, justice ; » un autre jour, (ju'il passait eiiln' deux lignes do soldats, le mot « exécution » retentit plusieurs fois à ses oreilles. Il supporta ces^affronts avec patience, et, à son re* tour, il dit à Itei>ert : « Je suis bien sûr que les soldats ne me » yeulent pas de mal. Ce cri leur a été suggéré par leurs offi- » ciers, pour qui ils en feraient autant dans Foccancm'. »

A son retour de la salle, hommes et femmes se pressaient d^rière les gardes, et criaient : « Que Dieu sauve votre ma- »}e8té! » Mais Fun des* soldats s*étant hasardé à dire : « Que » Dieu vous bénisse, Sire, » reçut d un officier un coup de canne sur la teto. a Vraiment, » dit le roi, a je crois que la punition dé- )) passe le dclit^. »

Par sa conduite durant le procès, Charles avait rehaussé son caractère, môme aux yeux de ses ennemis ; il lui restait à se préparer à une épreuve encore plus pénible, h fortifier son esprit contre les terreurs d'une mort publique et ignominieuse. Mais ce n'était plus le même homme qu^avant la guerre civile. L'aifliction avait réformé son âme ; Vexpérience lui avait aigris à se soumettre aux difttiments de la Ihrovidence, et il cherdia et trouva de la lopce etdu soulagement dans les consolations de la religion. Il passa le lendemain, qui était un dimanciie [28 janv. J, h Saint-James; les commissaires le passèrent à Whitehall. Ils observèrent un jeune, prêchèrent sur les jugements de Dieu, et le prièrent de bénir la chose publique, l.e roi consacra son temps à de pieux exercices, en compagnie do Herbert et du docteur Juxon, évôque de Londres, qui, à la requête de Uugh Peters ( et il faut le noter à Thonneur de ce prédicateur fanatique), avait eu

1. Nalson. Herbert, ^C>'. <: Tl ne ]>arut pas ému; cependant il dit à l'évoque que réellement cela avait fait sur lui une grande impression ; et jusau'à cette heure, dit-il, « je ne sais pas commeak a pu arriTer. » Warwick» 840.

% Herbert, 163, 164.

a. Herbert, 1C3, 165.

218 mSTOlKK D'AiNGLI-TEUllE.

la permission de se rendre auprès du monarque. Son neveu 1o prince étoetouf , le duo de RiohfBoiid, le marquis de Uertford el plaiieiiri aattes leigneuni se préeenlimit kla porte de ta aham<* Ive àooochaf pdor oflHr km demieiB hommages à leur souverain ; maia oa lemr dit en son nom qu'il les remereiait de leur attachement) et qu'il réetaraait leurs prières ; que la briéTOté du temps qui lui restait Payertissait de sonjçer k un autre monde, el que les seuls moments dont il poui i ait disposer seraient donnés h ses enfants. Ils étaient au nombre de deux, la princesse Elisabeth et le duc do Gloucester. La première pleurait sur le sort de son père ; le dernier, trop jeune pour en comprendre la cause, versait aussi des larmes par sympathie. Charles les prit sur ses genoui, leur donna des conseils adaptés h leur âge, et la justesse de leurs réponses parut lui faire pki^. A la fin, il partagea entre eui quelques bijoux, les embrassa, leur dooiMi sa bénédic* tien, et se hâta de retourner h ses dévotionsi.

Lademièpe nnh de sa Tie, il dormit profbndément en?iron quatre heures, et, le lendemaiii de bonne heure [M) jany.],il éfeilla Herbert, qui était ooudié sur un lit de Teille auprès de son lit. c( Voici, » dit-il^ « le jour do mon second mariage. Je » voudrais être paré de mon mieux ; car avant la nuit j*espère » être uni h mon divin Jésus. » 11 désigna alors les vôtements quMl comptait porter, et demanda dnux chemises, à cause de la rigueur du temps, a (^ar, » lit-il observer, «si je tremblais do a froid, mes ennemis Tattribueraient à la peur; je ne veux pas » û\me pareille imputation. Je ne crains pas la mort. La mort a n'est pas terrible pour moi* Je bénis Dieu d'y être préparé a

Le roi passa une heure en tète«)^tdle areo Tévéq^^ ensvile Berbert fut adnia; et we dixhenreei leookmel Hacher annonçA qu*û était tssnps de se rendre à Whitehatt. 0 obéit, tet oondoU b pied, entre deoi détaidMmenta de soldats, b traven le parc, et ragut la permission de se reposer dans son andenne chambre à

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