Chron. sa». 56. Ethelw. 477. Huât
ciens. [A. D. 775.] Mais l'histoire de sa mort mérite d'être conservée, comme caractéristique des deux grands traits du caractère anglo-saxon, — dévouement dans l'affection et férocité dans la vengeance. Sigebyrcht avait laissé un frère nommé Cyneheard qui, pour échapper à la jalousie du nouveau roi, abandonna sa patrie, et consola les heures de son exil par l'espoir de la vengeance. Trente années s'étaient écoulées depuis la mort de Sigebyrcht, lorsque Cynehcard revint avec quatre-vingt-quatre adhérents et se tint caché dans les bois. [A. D. 785.] Il arriva qu'un soir le roi quitta Winchester avec une faible escorte pour aller voir à Merton une femme à qui il était tendrement attaché. Cynehcard sortit silencieusement de sa retraite, suivit avec précaution les pas du monarque, et, au milieu de la nuit, il entoura la résidence de la dame. Gynewulf était endormi , les gens de sa suite étaient dispersés dans les maisons voisines. A la première alarme, il saisit son épée, descendit à la porte, où il aperçut son ennemi, et, s'élançant sur Cynehcard, il lui porta un coup désespéré à la tète. La blessure, qui n'était que légère, fut promptement vengée par le fer des conspirateurs. Réveillés par le bruit des combattants et par les cris de sa maîtresse , les serviteurs du roi accoururent à son secours; mais ils le trouvèrent sans vie et baigné dans son sang. Ce fut en vain que Cynehcard offrit de leur laisser la vie et leurs biens. Ils méprisèrent ses propositions, et, après un long combat, ils furent tous tués, à l'exception d'un Breton qui avait été retenu à la cour de Cynewulf en qualité d'otage. Encore fut-il lui-même grièvement blessé.
Le lendemain de bonne heure la nouvelle arriva à Winchester. L'ealdorman Osric et le thane Wiwerth montèrent aussitôt à cheval et se rendirent à Merton, suivis de leurs partisans. Cyneheard alla au-devant d'eux à la porte pour justifier sa conduite et solliciter leur amitié. 11 allégua l'obligation où il avait été de venger les injures de sa famille, fit valoir ses drojts au trône, leur offrit des biens considérables, et leur rappela que beaucoup de ses amis étaient leurs parents. « Nos parents , » répliquèrent-ils , « ne nous sont pas plus chers que ne nous Tétait notre seigneur. Nous ne nous soumettrons jamais à ses meurtriers. Si ceux qui nous sont parents veulent sauver leur vie , ils sont libres de partir. » — « La même offre a été faite aux serviteurs du roi, » reprirent les hommes de Cyneheard, «« ils l'ont refusée. Nous prouverons aujourd'hui que nous ne leur cédons pas en générosité. » Impatient, Osric força la barrière : il fut reçu avec l'intrépidité la plus désespérée , et le combat ne cessa que faute de combattants. Des quatre-vingt-quatre