‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 106 sur 643 · CHAPITRE TROISIÈME. loi · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME. loi

compagnons de Cyneheard un seul fut sauvé. On le trouva parmi les morts couvert de blessures, mais encore en vie, et il dut son salut à la circonstance heureuse d'être le filleul d'Osric. Le corps de Cynewulf fut enterré à Winchester auprès des cendres de ses aïeux; celui de Cyneheard fut transporté à l'église d'Exeter *.

Le trône vacant fut ensuite occupé par Brihtric. Les thanes westsaxons avaient toujours conservé l'ancien privilège d'élire leurs rois. Quoique leur choix se concentrât sur les descendants de Cerdic, ils négligeaient fréquemment de suivre l'ordre héréditaire. Cet usage produisit les maux les plus sérieux. Tout prince de la race royale nourrissait l'espoir de monter sur le trône ; et comme le candidat qui n'avait point réussi en appelait souvent à son épée, les forces de la nation s'épuisaient dans des dissensions domestiques, et le roi régnant était fréquemment obligé de distraire son attention du bien public pour la porter sur sa sûreté personnelle. L'antagoniste de Brihtric fut Egbert, qui, hors d'état de résister au pouvoir de son ennemi, quitta l'Ile et prit du service dans les armées de Charlemagnc. Les historiens se taisent sur les exploits du roi pendant les seize années de son règne; les circonstances de sa mort ont arrêté leur attention à cause des conséquences. [A. D. 787.] Brihtric avait épousé Eadburgc, fille d'Offa, princesse aussi ambitieuse et aussi perverse que son père. Impérieuse comme elle était, elle gouvernait son mari, et, par lui, toute la nation. Le roi avait distingué particulièrement l'ealdorman Worr. Jalouse de l'influence naissante de ce jeune seigneur, Eadburge prépara pour lui un breuvage empoisonné; mais par malheur le roi but dans la même coupe et suivit son favori au tombeau. [A. D. 789.] Les West-Saxons se répandirent en imprécations contre la meurtrière, qui se sauva en France avec ses trésors; et le witenagemot rendit une loi par laquelle les femmes des rois futurs étaient privées des titres et privilèges de la royauté. Eadburgc» fut présentée à Charlemagnc, et le monarque lui ayant demandé en plaisantant qui elle voulait épouser de lui ou de son fils, elle répondit : « Votre fils, car il est le plus jeune. » L'empereur fut mécontent ou feignit de l'être; pourtant il lui fit don d'un riche monastère dans lequel elle résida avec le titre d'abbessc. Mais bientôt sa conduite dissolue scandalisa la communauté et le public. Elle fut chassée avec ignominie, et, après mainte aventure, elle termina sa misérable existence à Pavic en Italie, où l'on vit souvent la lille

1. Chron. sax. 57, 63. Hunt. 198, 197. Flor.ati ann. 784. Malm. 7. Ethelw. 177. Westm ad ann. 786. Ils sont tous d'accord sur le principal , mais diffèrent sur les circonstances accessoires. J'ai choisi celles qui m'ont paru les plus probables.

du roi de Mercie et la veuve du roi de Wessex solliciter en haillons la charité des passants. Brihtric mourut l'an 800 «.

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