EGBERT
Il a déjà été question de l'expulsion d'Egbert et de sa réception à la cour de Charlemagne. Il servit trois ans dans les armées de cet empereur, et profita de son exil pour s'instruire dans l'art de la guerre et dans celui de gouverner. La mort de Brihtric le rappela dans sa patrie. [A. D. 800.] Il était le seul prince qui restât de la maison de Cerdic, descendant de ce conquérant par Inigils, frère d'Ina. Les thanes west-saxons reconnurent unanimement ses droits ; et le jour de son couronnement fut illustré par une victoire, présage de conquêtes futures. Dans le désir peut-être de troubler l'ailégresse de la cérémonie, Ethelmund, l'ealdormart mercien du Gloucestershire essaya de traverser PIsis à Kempsford avec un corps de cavalerie, et fut reçu par Wulstan, l ealdorman west-saxon du Wiltshire. Les deux commandants périrent dans la mêlée ; mais les Merciens furent mis en déroute, et poursuivis avec une perte considérable jusque sur leur propre territoire *.
Egbert consacra le commencement de son règne à entretenir la paix et à améliorer le sort de son peuple. Ce ne fut qu'en 809 qu'il • tira l'épéc ; mais, à dater de cette époque, chaque année fut marquée par des victoires et des conquêtes nouvelles : il envahit à plusieurs reprises et s'appropria une partie du territoire des anciens Bretons. La guerre porta le fer et la flamme jusqu'à l'extrémité occidentale de l'île,- et les habitants du Cornwall , épuisés par de nombreuses défaites, se soumirent avec répugnance au vainqueur Les Est-Angles, qui se souvenaient toujours de la trahison d'Ofta, l'engagèrent par des prières et des présents à faire la guerre aux Merciens. [A. D. 823.] Les deux armées se rencontrèrent à Ellendune, sur les bords du Willy ; et Beornwulf, après une résistance opiniâtre, céda la victoire à son adversaire, qui, saisissant le moment favorable , envahit les faibles royaumes de Kent et d'Essex et les réunit à ses États. Beornwulf, "et après lui son successeur Ludecan, essayèrent de faire retomber leur vengeance sur les Est- Angles4. Tous deux perdirent la vie dans cette tentative infructueuse ; et Wiglaff, qui monta ensuite sur le trône, avait à peine le sceptre en main qu'il fut forcé de l'abandonner à l'approche des