‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 108 sur 643 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

West-Saxons. [A. D. 827.] Hors d'état de rassembler une armée, iJ tâcha d'échapper aux poursuites des envahisseurs , erra trois ans dans les bois et les marais, et pendant quatre mois trouva une retraite paisible dans la cellule d'Ethelburge, fille d'Otia, qui était récluse dans l'église de Croyland. Le temps et les prières de l'abbé Siward adoucirent le ressentiment d'Egbert, qui permit enfin à Wiglaff de garder le sceptre , à condition de payer un tribut annuel, et de jurer foi et hommage au roi de Wessex Par la soumission des Merciens et des Est-Angles, Egbert se trouva sur les frontières de la Norlhumbrie, qui déjà était subjuguée par la terreur de son nom. [A. D.828.] Les chefs, Eanfrid à leur tète, vinrent au-devant de lui à Dore, le reconnurent pour leur seigneur, et lui donnèrent des otages en garantie de leur obéissance. De là il tourna ses armes contre les Bretons , pénétra jusqu'au cœur de la Galles du nord, et planta son étendard victorieux dans l'ile d'Anglesey. Ainsi, dans l'espace de dix-neuf ans , Egbert, par sa politique et ses victoires, étendit l'autorité du Wessex sur la plus grande partie de l'île, et obtint pour lui-même l'honorable titre de huitième bretwalda*.

Cependant, à peine eut-il acquis cette suprématie sur les princes indigènes, qu'il se vit assailli par un ennemi étranger et très-dangereux. A cette époque, la péninsule du Jutland, les îles de la Baltique, et les rivages du continent Scandinave étaient la patrie d'une race d'hommes qui, comme les anciens Saxons, passaient la meilleure partie de leur vie sur les flots, méprisaient les tranquilles jouissances de la paix, et préféraient le produit de la rapine aux pénibles profits du travail. Leur position maritime les familiarisait avec les dangers de l'océan; et une absurde loi de succession, qui était généralement en vigueur parmi une multitude de chefs, obligeait la majeure partie de leurs enfants à se faire pirates. L'aîné avait tout le patrimoine de sa famille ; le reste des frères ne recevaient d'autre héritage que leur épée et leur vaisseau, avec lesquels ils devaient acquérir de la réputation et des richesses5. Jusqu'au vme siècle, les rois de la mer (c'est ainsi qu'on appelait les principaux de ces aventuriers) bornèrent leurs déprédations aux mers du Nord ; mais ils avaient entendu parler

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