CHAPITRE TROISIÈME. Il A
nom d'année prospère; et les Normands, découragés par leur* pertes, respectèrent les côtes de Bretagne durant le reste du règne d'Ethelwulf*.
Burhed , roi de Mercie et successeur de Bertulf , avait résolu de châtier l'insolence des Welches (Gallois) , qui faisaient de fréquentes incursions sur ses terres. Merfyn-Frych , leur souverain, périt dans la bataille ; mais Roderic Mawr lui succéda et défia toute la puissance du Mercien. [A. D. 853.] Burhed eut recours à son suzerain, le roi de Wessex ; et Ethelwulf, réunissant ses forces à celles de son vassal, pénétra dans le pays de Galles jusqu'à l'île d'Anglesey, et força lès naturels à reconnaître l'ancienne suprématie du roi de Mercie. A son retour il donna sa fille JEthelwithe en mariage à Burhed , et les noces furent célébrées avec une magnificence royale à Chippenham ».
Les. invasions répétées des barbares engagèrent Ethelwulf à consulter fréquemment l'assemblée de ses thanes. [A. D. 854.] Dans une de ces occasions, d'après leur avis et avec leur consentement, ii publia une charte dont les copies sont si différentes et le langage si obscur qu'il est difficile de déterminer son véritable objet : si c'était d'exempter de tout sorvice séculier le dixième de chaque manoir, ou d'annexer cette portion de terre aux possessions qu'il avait déjà assignées à l'Église. Que la concession, au surplus, fût trèsavantageuse au clergé, la preuve en est dans l'engagement pris par les évôques de Sherborne et de Winchester, qui fixèrent le mercredi de chaque semaine comme jour de prières publiques pour implorer l'assistance divine contre les Danois. Cette charte fut d'abord limitée au royaume de Wessex ; mais, dans un conseil des États tributaires tenu à Winchester en 855, elle fut étendue à toutes les nations saxonnes».
La pieuse curiosité qui avait poussé tant de princes et de prélats saxons à visiter la ville de Rome n'était pas encore éteinte au cœur de leurs descendants. L'évèque de Winchester avait fait récemment ce voyage, et avait été accompagné par Alfred, le plus jeune et le préféré des fils d'Elhelw ulf, qui était dans sa cinquième année. Ce prince fut reçu honorablement par le pontife Léon IV, qui, à la requête de son père, lui conféra l'onction royale et le sa-
1. Chron. sax. 74, 75. Asser, 5, 6. 1»qh Danois firent une ou deux descentes plus tard , mais de peu d'importance.