‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 118 sur 643 · CHAPITRE TfcOlSlÈMË. lîi · texte numérisé non relu

CHAPITRE TfcOlSlÈMË. lîi

Àlgar avait rassemblé la jeunesse des environs. Dans la première rencontre, il repoussa leur avant-garde et tua trois de leurs rois. Le lendemain matin, sa petite armée fut entourée par toutes les forces des envahisseurs. L'avantage du terrain permit aux Saxons de prolonger la lutte jusqu'au soir; enfin ils furent rompus par un artifice de l'ennemi et massacrés sans pitié. Les vainqueurs continuèrent leur marche dans le silence de la nuit; mais leur route était éclairée par de nombreux incendies. Quand les flammes approchèrent du monastère de Croyland , les plus jeunes moines s'échappèrent en traversant le lac dans leurs bateaux ; les plus âgés se retirèrent avec les enfants dans l'église. Oskytul, chef danois, força bientôt les portes : l'abbé fut décapité sur les marches de l'autel, et ses compagnons, à l'exception d'un seul enfant, furent égorgés dans les diverses chambres de l'abbaye. Le monastère pillé et brûlé, ils» se dirigèrent sur Medeshamstede. Les habitants du voisinage tentèrent d'en défendre les murs; et, dans le premier assaut, un des fils de Ragnar reçut une blessure grave. Mais, dans le second , la furie des Danois enfonça les portes : les femmes et les enfants qui avaient cherché un refuge dans l'abbaye furent massacrés , et Ubbo vengea la mort de son frère en tuant de sa main l'abbé et quatre-vingt-quatre moines. Medeshamstede en cendres, ils s'avancèrent sur Huntingdon ; et , cette ville détruite , ils passèrent à l'île d'Ely. Les religieuses de ce monastère, qui descendaient des plus nobles familles saxonnes, furent sacrifiées à leur luxure et à leur cruauté : les barbares se partagèrent les trésors du pays qui avaient été déposés dans l'île; et le monastère, ainsi que tous les autres bâtiments qui se trouvaient à la portée de leurs dévastations, furent dévorés par les flammes1.

On sera surpris que les princes saxons soient restés spectateurs oisifs des progrès des Danois, au lieu d'unir leurs forces pour la défense de leur commune patrie. Ils paraissent avoir pensé que la furie de ce torrent s'affaiblirait peu à peu en avançant. Le roi de Mercie avait vu une dé ses plus riches provinces six mois en leur pouvoir; et pourtant, sous prétexte de tenir téte aux Bretons de l'ouest, il n'avait pas fait le moindre effort pour la délivrer. De Mercie, les envahisseurs entrèrent dans le pays des Est-Angles. Ils avaient déjà brûlé Thetford, lorsque l'ealdorman Uifkctul retarda leur marche pendant quelques jours. Mais le roi Edmond, se sentant dans l'impuissance de lutter contre des forces supérieures, et craignant d'enflammer leur ressentiment par une résistance inutile, licencia ses troupes et se retira vers son château de Fram-

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