Asser, il
cher à ses parents, qui aimaient a prévoir qu'il deviendrait un jour le principal ornement de la race de Cerdic. Ce fut cette partialité qui porta le roi à l'envoyer, lorsqu'il n'avait encore que cinq ans , avec une suite nombreuse , à Rome , pour y être couronné par le pontife; et, plus lard, quand le royal pèlerin visita lui-même la cité apostolique , Alfred fut choisi pour accompagner son père.
A cette époque, les Anglo-Saxons avaient dégénéré de la réputation littéraire de leurs ancêtres. Les thanes, partageant leur temps entre les travaux de la guerre et les plaisirs de la chasse , dédaignaient les tranquilles occupations de l'étude, et dirigaient l'attention de leurs enfants vers les exercices qui donnent des habitudes de force, d'agilité et de courage «. Osburge, toutefois, eut le mérite d'éveiller dans l'esprit d'Alfred cette passion de savoir, qui le distingua si honorablement de ses contemporains. Tenant à la main un poème saxon élégamment écrit et magnifiquement enluminé, elle l'offrit comme récompense au premier de ses enfants qui ferait assez de progrès pour être en état de le lire. L'émulation d'Alfred fut excitée : il courut à son maître , se mit avec ardeur à la tâche, s'en acquitta à la satisfaction de la reine , et reçut le prix de son application.
Mais bientôt, par la mort de ses père et mère, l'éducation du jeune prince échut à ses frères aînés, qui, vraisemblablement, n'avaient que du mépris pour les études littéraires. Sous leur direction, il ne fit de progrès que dans la lecture, dont le seul avantage immédiat était de pouvoir lire quelques poèmes saxons et quelques livres de dévotion écrits dans l'idiome du pays. Néanmoins, cette connaissance devint pour lui d'une grande importance ; car elle jeta les fondements de ses progrès futurs : elle lui donna la curiosité d'explorer les trésors d'histoire et de science qui étaient enfouis dans l'obscurité d'un langage savant, et le mit en état de s'appliquer plus tard avec succès à l'étude du latin. Mais sa santé alors était affaiblie par la maladie , son esprit occupé des soins du gouvernement ; et, dans la compagnie de ses amis, il déplorait souvent l'indulgence qui lui avait permis de perdre les années de sa jeunesse dans des occupations et des distractions dont il n'avait recueilli qu'ignorance et regret2.
Mais si l'esprit d'Alfred n'avait pas reçu le poli de la littérature classique, il avait été profondément imbu de sentiments religieux
1. Asscr, 16. Le même écrivain distingue soigneusement les libérales arles de venaloria et arleris nrtibus qu<r nobWbus conreniunt, p, 43.
2, Asser, 17.