‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 124 sur 643 · Id. 24, 25. Chron, sax · texte numérisé non relu

Id. 24, 25. Chron, sax

[A D. 87*.] Du Wiltshire, Halfdene mena ses barbares à Londres, où ils passèrent l'hiver. Burhred, roi de Mercie, instruit par ^l'exémple d'Alfred, leur fit un don considérable» et obtint la promesse qu'ils traverseraient pacifiquement son territoire dans leur marche vers le nord ; mais ils firent halte à Torksey, dans le Lincolnshire, et revinrent à leurs habitudes de déprédation. Un autre présent et un autre traité s'ensuivirent. Les Danois se raillèrent de la simplicité du Mercien , et tout d'un coup » sans prétexte ni provocation, surprirent Repton sur la rive méridionale de la Trent. Ils brûlèrent jusqu'au sol ce monastère , l'orgueil de la piété des Merciens, et violèrent les tombes des princes dont les cendres y reposaient. [A. D. 874.] Au printemps suivant, leur nombre fut doublé par l'arrivée d'une autre horde ^'aventuriers , sous le triple commandement des rois Gothrun , Oskytul et Amund. Sa connaissance de leur force, jointe à son expérience de leur perfidie, jeta le roi de Mercie dans Je désespoir. Hors d'état de les repousser par la v iolence ou d'acheter leur retraite à prix d'argent , il abandonna son trône et se rendit en pèlerin, mais à contre-cœur, aux tombeaux des apôtres à Rome. Il y arriva le cœur brisé , mourut au bout de peu de jours, et fut enterré dans l'église o> l'hôpital saxon. Sa femme, Ethelswitho, était en marche pour le rejoindre ; mais elle n'eut pas même la consolation de visiter son tombeau. Elle tomba malade à Ticino, et y mourut i.

La retraite de Burhred laissait le sceptre de Mercie à la disposition des envahisseurs. Ils le placèrent dans les mains de Ceolwulf, thane indigène , qui eut la pusillanimité de l'accepter des ennemis de son pays , à la condition ignominieuse de leur payer un tribut annuel et de régner asservi à leur volonté, Ce fantôme de roi ne fut que le vil entremetteur de leur rapacité. Tant qu'il put extorquer de l'argent à ses misérables compatriotes, ils lui permirent de garder le sceptre; mais lorsqu'il ne fut plus à môme de satisfaire à leurs demandes , il fut dé[>ouillé des insignes de la royauté et reçut de leur cruauté la mort qu'il aurait dù subir pour son pays. Il fut le dernier qui porta le titre de roi de Mercie2.

Tout le territoire anglo-saxon fut alors sous la domination des envahisseurs, à l'exception des districts au sud de la Tamise et au nord de la Tyne. [A. D. 875.] En 875, ayant préparé le plan de leurs opérations futures, ils se divisèrent en deux corps. Les nouveaux aventuriers, avec leurs trois rois, marchèrent vers le sud et occupèrent Cambridge ; Halfdene et les siens montèrent à bord de leur

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