Chron. sax. »4. Asscr
HfSTOlBfc D'ANGLETERRE.
La nouvelle de ce succès donna du courage aux plus pusillanimes. Alfred observa l'ardeur renaissante de ses sujets, et, par de fidèles messagers, les invita à le rejoindre, la septième semaine après Pâques, à la pierre d'Egbert, à l'extrémité orientale de la forêt de Selwood1. Au jour fixé, les habitants du Hampshire , du Wiltshire et du Somerset s'empressèrent d'obéir à cet ordre. A la vue d'Alfred, ils saluèrent le vengeur de leur patrie; le bois retentit de leurs acclamations, et tous les cœurs battirent de l'espérance de la victoire. Mais le lieu était trop resserré pour contenir la multitude qui accourait sous l'étendard royal , et le lendemain matin le camp fut transporté à leglea , plaine spacieuse située sur la lisière du bois et couverte en avant par des marais*. Le jour se passa à tout préparer pour le combat et à assigner des places aux volontaires qui arrivaient à tout moment. Le lendemain, au point du jour, Alfred rangea ses troupes en bataille, et occupa le sommet d'Ethandune, haute éminence voisine s. Gothrun, cependant, n'était pas resté spectateur oisif des mouvements de son adversaire. Il avait rappelé ses détachements épars, et s'avançait à la hâte pour châtier l'insolence des insurgés *. Les armées, en s'approchant, se défièrent mutuellement par des cris , et , après une première décharge de traits, engagèrent de plus près un combat plus sanglant. Le choc des deux nations, les efforts de leurs chefs, les fluctuations de la victoire , et les espérances et craintes alternatives des deux armées en lutte doivent être laissés à l'imagination du lecteur. Les Danois déployèrent un courage digne de leur ancien renom et de leurs nombreuses conquêtes. Les Saxons étaient stimulés par tous les motifs qui peuvent influer sur le cœur de l'homme : la honte, la vengeance, la crainte de l'asservissement et l'espoir de l'indépendance les poussaient en avant. Leur persévérance renversa tous les obstacles ; et les hommes du Nord, après
1. Elle se nomme maintenant Brixton. — Ingulf (p. 26) et quelques écrivains après lui nous apprennent que le roi se déguisa en joueur de harpe t«t visita le camp des Danois, où il observa leur négligence, et apprit leurs projets ultérieurs. Lt fait est peu probable en soi, et n'était pas connu d'Asscr.
2. On croit que c'est Leigh, non loin de Westbury. Dans la Vie de saint Neot elle est décrite comme grata salicis planiliesjuxla silvam, p. 335.
3. m Disposita scriatim acie, proximum anticipaverunt promontorium. ttirtc hostium explorabant occursum. »>Ibid. — uAnticipavit montem hosUbus nimis aptum^ si prœcavissent. » Walling. p. 538. — C'est probablement Brattonhill , près dTSddington.
4. «Gytrus undique Danos convocans, manum magnam contraxit (Walling. ibid.l — Ut rumor hujus eventus latissime diffusas profanas Gytronis attîngeret aurcs protinus juxta morem suum acies disposucrunt, ad locum certaminis castra moventes. r> Vila sancti Neoti.% p. 335. — Ces passages montrent clairement que les Danois ne furent pas surpris par Alfred, comme on le prétend générale ment. Voyez aussi Transi, sancti Culh., tu Acl. SS. Bened. sac. iv,t. n, p. 279.