‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 139 sur 643 · Asser · texte numérisé non relu

Asser

prit possession d'Apuldre sur le Rother 1 ; l'autre, de quatre-vingts vaisseaux, sous les ordres de Hastings lui-même, tira plus au nord, entra dans la Swale et fortifia une position à Milton. Jamais Alfred ne déploya plus d'habileté ; jamais les barbares ne montrèrent plus d'opiniâtreté que dans la conduite de cette guerre. Chaque tentative des envahisseurs était déjouée par la prévoyance et la diligence de leur adversaire; cependant ils soutinrent la lutte pendant plus de trois ans, et n'abandonnèrent leur projet qu'après avoir épuisé toutes les ressources que pouvaient fournir le courage ou la perfidie, l'activité ou la patience.

Aussitôt qu'Alfred eut rassemblé ses troupes, il entra dans le Kent , et occupa une forte position entre Milton et Apuldre : d'une haute éminence, il pouvait surveiller les mouvements de ses ennemis, tandis que ses flancs étaient garantis de toute surprise d'un côté par un bois étendu , et par un marais profond de l'autre. De la sorte, les communications entre les hommes du Nord se trouvèrent coupées, et chacune de leurs armées fut obligée de rester inactive dans son camp, ou, si elle se hasardait à faire un mouvement en avant, de s'exposer à une destruction probable. Hastings se tira par sa perfidie de cette situation embarrassante. Il offrit de partir moyennant une somme d'argent, donna des otages comme caution de l'accomplissement du traité, et, pour preuve de sa sincérité, il permit de lui-même à ses deux fils de recevoir le sacrement du baptême. L'un eut Alfred, l'autre Ethelred pour parrain ». Mais, pendant ce temps-là, une partie de l'armée d'Apuldre trompa la vigilance du roi, passa à travers la forêt d'Andredswald , et se mit à ravager les comtés du Wessex. Alfred et son fils Édouard les atteignirent à Farham. Les Saxons furent victorieux . le butin et les chevaux des barbares tombèrent dans leurs mains ; et beaucoup de fuyards périrent en essayant de traverser la Tamise, dont ils ne connaissaient point les gués. Dans l'action , leur roi , dont le nom est inconnu, avait reçu une blessure grave; et l'impuissance où il était de supporter la rapidité de leur fuite les força de faire halte à Thomey, îlot étroit formé par les eaux du Coin. Là ils furent soigneusement surveillés par des partis successifs de Saxons, jusqu'à ce qu'ils eussent obtenu la permission de partir à des conditions semblables à celles qui avaient été stipulées avec Hastings5.

1. H y avait autrefois une rivière et un portspacieux de ce nom. Ni l'un ni l'autre n'existent plus, par suite des inondations. L'endroit s'appelle maintenant Romney Marsh (le marais de Romney). Voyez Gibson, à la fin de la Chron. sax. p. 34.

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