CHAPITRE QUATRIÈME
lutte, plusieurs petits partis de maraudeurs continuaient de menacer la côte, et causaient souvent les plus sérieux dommages aux habitants. Une fois on vit six bâtiments danois entrer dans le détroit qui sépare Pile de Wight de la côte du llampshire, et ils furent vivement poursuivis par une escadre saxonne de neuf voiles. Les hommes du Nord avaient divisé leurs forces. Trois de leurs vaisseaux étaient à sec sur le rivage, tandis que les équipages étaient occupés à piller ; les trois autres se mirent à l'ancre pour recevoir l'attaque des Saxons. Dans le combat inégal qui suivit,- deux de ces vaisseaux furent pris; le troisième, qui n'avait plus que cinq hommes à bord, réussit à gagner un port de PEst-Anglie. L'engagement était à peine terminé, que les Danois revinrent de leur expédition à terre ; et le reflux avait laissé tous les vaisseaux anglais sur le flanc, trois près des ennemis, les six autres à une distance considérable. Cet accident éveilla les espérances des barbares, qui traversèrent intrépidement les sables à pied et attaquèrent les bâtiments les plus proches. Dans cette tentative plus hardie qu'heureuse, ils perdirent cent vingt hommes ; et cependant, grâce à leur habileté supérieure, ils furent les premiers à relever leurs vaisseaux et à les remettre à flot. Un des trois s'échappa ; les autres furent chassés sur la côte de Sussex, où leurs équipages furent pris et exécutés comme pirates. Pendant l'été, on ne captura pas moins de vingt bâtiments danois ».
[A. D. 900.] La mort d'Alfred arriva le 26 octobre de l'an 899 ou 901 . Il laissa deux fils : Edouard, qui lui succéda; et Ethelwcrd, qui reçut de son père une éducation savante, et dont les fils périrent à la fameuse bataille de Brunanburg *. Les tilles d'Alfred furent Ethelflède, mariée à Ethcred de Mercie ; Ethelgive, abbesse de Shaftesbury, et Alfrithe, mariée à Baudoin, comte de Flandre, fils de la célèbre Judith.
Le testament d'Alfred est digne d'attention, à cause des renseignements intéressants qu'on y trouve relativement à la transmission de la propriété chez les Saxons s. Egbert avait substitué ses biens à ses descendants mâles, à l'exclusion des femmes : « au côté qui porte lance, et pas à celui qui porte fuseau. » Ethelwulf avait