CHAPITRE QUATRIÈME
tentèrent deux fois de débarquer de nuit à Wachet et à Portlock, et furent défaits dans ces deux endroits avec un carnage considérable. Ceux qui y survécurent s'enfuirent dans une des îles inhabitées de l'embouchure de la Severn; mais le besoin les força d'abandonner leur asile et de chercher de nouvelles aventures dans le pays de Galles et en Irlande *.
Le roi et la reine sa sœur, ayant ainsi pourvu à la sûreté de leurs propres territoires, marchèrent à l'attaque de celui des ennemis. Ethelflède prit Derby d'assaut, quoique les Danois se défendissent avec opiniâtreté dans les rues ; puis elle mit le siégo devant Leicester, qui, avec le territoiro adjacent, fut soumis par la terreur de ses armes. [A. D. 919.] Edouard de son côté bâtît deux forts ù Buckingham pour tenir en respect les hommes du Nord des comtés attenants, pritBedford par capitulation, et, s'avançant dans le Noi thamptonshire, fortifia Tow ces ter. [A. D. 921 .]Les Danois, alarmés des empiétements progressifs des Saxons, firent dans la mémo année quatre tentatives pour s'emparer des forteresses les plus voisine-;. Une partie occupa Tempsford et assiégea Bedford ; une autre donna l'assmit aux murs de Towcester ; une troisième attaqua Wigingamere, et une quatrième investit Malden. Partout les garnisons se défendirent jusqu'à ce que l'armée vînt à leur secours ; et Edouard, jaloux d'augmenter ses succès, prit possession de Huntingdon et de Colchester. Les Danois furent découragés par tant de pertes ; et tous leurs chefs, depuis le Willand dans le Korthamptonshire jusqu'à l'embouchure de la Tamise, se soumirent au vainqueur, prêtèrent serment d'allégeance ou fidélité, et le reconnurent pour leur « seigneur et protecteur 2. »
Dans le cours dos trois années suivantes, le roi poursuivit avec un zèle infatigable la même ligne de politique. [A. D. 924.] Il porta successivement ses armes sur tous les points de l'ancienne frontière de Mercie, et éleva des forteresses à Manchester, à Thelwall , sur la rive gauche du Mersey, àNotlingham et à Stamford. Par ces conquêtes, Edouard acquit plus de puissance réelle que n'en avaient jamais eu ses prédécesseurs. Toutes les tribus depuis la Northumbrie jusqu'au détroit ne formèrent qu'un seul royaume soumis à son autorité immédiate; tandis que les autres peuples de l'île, avertis par le sort de leurs voisins, sollicitaient avec empressement son amitié. Les Danois et les Angles du nord lui firent des offres de soumission; les rois des Écossais et des Bretons Strathclydes le choisirent pour leur « seigneur et père ; » et les princes du pays de