Malm
HISTOIRE DUNGLETEKRK
leurs compatriotes à la rive droite de la Wye, et de payer un tribut annuel de vingt livres d'or, trois cents livres d'argent et cinq mille tètes de bétail. Les Bretons de Cornwall s'étaient étendus jusqu'alors du Land's-end à la rivière d'Ex, et possédaient une moitié d'Exeter. Il leur ordonna de se retirer au delà du Tamar, entoura la cité d'une forte muraille de pierre, et l'honora fréquemment de sa présence. Pour confirmer ses prétentions à la souveraineté, il convoqua, dans un lieu nommé Eadmote, tous les princes écossais, cambriens et bretons, qui, plaçant leurs mains entre les siennes, lui prêtèrent le serment de fidélité que les vassaux saxons avaient coutume de prêter à leur seigneur
Durant cette veino de succès, et lorsqu'Athelstan venait d'atteindre l'apogée de sa puissance, Edwin, l'aîné de ses frères, périt en mer. Les ballades transmises par la tradition, et consultées par JVIalmsbury, attribuent sa mort à la jalousie du roi, qui, convaincu de sa propre illégitimité , soupçonna Edwin d'aspirer à une couronne qui lui appartenait par droit d'hérédité. Ce fut en vain que le jeune prince affirma par serment son innocence, et, voyant qu'on ne tenait pas compte de son serment, en appela à l'affection de son frère. Le tyran jugea sa sûreté incompatible avec l'existence d'Édouard; et, tandis qu'il se donnait les honneurs de la clémence en commuant la sentence de mort en bannissement , il livrait sa victime à la merci des vagues, dans un bateau ouvert et fracassé, avec un seul compagnon. Le prince, dans un accès de désespoir, se jeta à la mer ; son compagnon attendit tranquillement le flux de la marée, et fut porté au rivage dans les environs de Douvres. Athelstan, ajoute-t-on, se repentit, mais trop tard, de sa cruauté, se soumit à une série de pénitences canoniques , et bâtit l'église de Middleton, afin que des prières y fussent offertes chaque jour pour l'àme de son frère assassiné. Tel est le récit que Malmsbury a conservé , mais dont il n'ose ni affirmer ni nier la vérité 2. Il ne semble pas mériter créance. On n'en découvre aucune trace dans le biographe contemporain d'Athelstan; et dans le poème d'où il fut tiré il était accouplé à un autre récit évidemment fabuleux3.
1. Malm. 27, 28. Flor. C02. Mail. 147. L'écrivain contemporain , dans Malmsbury, fait monter le tribut des Gallois à vingt-cinq milles bêtes. J'ai préféré la version plus modérée de Caradoc, p. 48.
2. u Non constanter, sed titubanter. « Malm. 25. u Non ut defendam . sed ne h-ctorum srientiam defraudem. » Id. 29. L'histoire est répétée par Sim. 134, loi ; Hnved. 242; West. 18G, Brompt. 8>6. Il est à remarquer toutefois que Siméon , Hoveden et Westminster ont tous copié les mêmes mots d'après un seul document commun. Florence i003 (, qui d'ordinaire le copie aussi , l'a abandonné cette fois , et a entièrement passé suis silence la mort d'Edwin.
3. La ballade ajoute que ce fut le sommelier d'Athelstan qui poussa son maître