CHAPITRE CLNQlTtME
jrune homme prodigue et voluptueux. Comme trésorier dEdred, et exécuteur de son testament, il avait désappointé la rapacité d'Edwy 1 ; et en cherchant à réprimer la licence de conduite de ce prince, il avait depuis long* temps blessé et irrité son orgueil*. A unespritainsi prévenu, celte dernière démarche parut une offense impardonnable; et Ethelgive, pour exécuter sa menace, n'eut pas tant à stimuler qu'à guider l'animosité de son amant contre un censeur importun qu'il regardait comme un ennemi. De l'aveu du roi , on expédia à Glastonbury un parti d'hommes armés qui se saisirent de la propriété de Dunstan et l'expulsèrent violemment de son monastère. Plusieurs thanes lui offrirent un asile dans leurs maisons; mais leur générosité les exposait à la vengeance d'Edwy, et l'abbé, pour ne point envelopper ses amis dans sa ruine, résolut de se soumettre à son destin, et de se retirer en exil. 11 n'était, qu'à trois milles du rivage, lorsque les satellites d'Ethelgive arrivèrent avec l'ordre, dit-on, de le priver de la vue. Il poursuivit sa course, aborda en Flandre, et fut honorablement reçu par le comte Arnulf , qui lui désigna pour résidence le monastère de Saint-Pierre, àGand*.
Peu après, Edwy paraît s'être marié, et on pouvait espérer que cet événement mettrait fin à sa liaison avec sa maîtresse. Si Ethelgive était alors commise à la garde de ses parents ou à celle de son mari, nous l'ignorons; mais le roi, cédant à sa passion ou aux sollicitations d'Ethelgive , l'enleva de force et la plaça dans une des fermes royales *. L'archevêque Odon entreprit de réprimer ce scandale en lui infligeant la peine prononcée par les lois contre les femmes qui vivaient en état de concubinage b. Accompagné de ses serviteurs, il se rendit sur les lieux, arrêta Ethelgive, probablement en l'absence du roi, la conduisit au bord de la mer, et l ombarqua sur un vaisseau qui la transporta en Irlande. Revenu à la cour, il se présenta devant Edwy, et, dans des termes respectueux et pleins d'affection, il s'efforça de justifier sa conduite, et de calmer l'exaspération du jeune prince0.
Malgré ses erreurs , les West-Saxons étaient toujours attachés à Edwy, comme au descendant d'une longue race de rois, au rc-