CHAPITRE CINQUIÈME
que moi et mes conseillers avons ajoutés aux anciens décrets. Mais il est une chose que je voudrais rendre commune à tous mes sujets anglais, danois et bretons dans toutes les parties de mon empire : c'est que le riche et le pauvre possèdent en paix ce qu'ils ont légitimement acquis, et qu'aucun voleur ne trouve un lieu où il puisse mettre en sûreté la propriété qu'il a dérobée. » Après quelques règlements à cet effet, il continua : « C'est, je le répète, ma volonté que les Danois se choisissent eux-mêmes les meilleures lois qu'ils pourront. Cette permission , je vous l'ai accordée, et je vous l'accorderai aussi long-temps que je vivrai à cause de la fidélité que vous m'avez toujours montrée. Parmi les Anglais, moi et mon vvitan avons fixé des amendes proportionnées pour différents délits ; et c'est mon désir que vous fassiez de même avec circonspection et par égard pour moi. Et que le comte Oslac et tous les hommes de guerre qui habitent ce comté s'y conforment, et que des copies soient faites et envoyées aux ealdormen yElfère et .Egilvin pour que la chose parvienne à la connaissance de tous, riches et pauvres. Tant que je vivrai je serai pour vous un maître loyal, et très-bienveillant pour ceux qui prendront soin de garder ma paix 1 . »
Mais Edgar, pour maintenir la tranquillité de ses États, ne comptait pas seulement sur la fidélité des Northumbres. Chaque année, vers le commencement de l'été, quand les rois de la mer partaient en quête d'aventures, des ordres étaient donnés pour le ship-fyrd ou expédition navale. Une flotte de trois cent soixaute voiles était di\isée en trois escadres qui stationnaient sur les trois côtes de nie; et le roi, s'embarquant successivement sur chacune, faisait par mer le tour de ses Etats. Cet étalage annuel de ses forces intimida les chefs du Nord, qui conduisirent leurs pirates sur d'au- , très rivages, où ils étaient également attirés par l'espoir du pillage, et moins effrayés des chances probables de résistance2.
Fier de son pouvoir, Edgar prit les titres les plus pompeux. Il s'appela roi des Anglais et de tous les peuples circonvoisins, monarque de toute Albion et des rois des îles5. On nous assure que les princes des Écossais et des Bretons le servaient comme vassaux*; et, s'il en faut croire une de ses chartes, toutes les îles situées entre la Bretagne et la Norwége, la ville de Dublin et la
1. Ley. mx. 80, 82. iElfère était caldormnn des Danois du nord de la Mercie; iKgilwin ou Aylwin, de ceux de l'Est-Anglic.
2. Malm. 33. Sim. 160. Mailros, 150. Ces écrivains portent le no.iibrc des vaisseaux à 3600. Ce nombre me paraît énorme. J'ai retranché un zéro.