‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 171 sur 643 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

wold rencontra une résistance plus opiniâtre, et après un délai considérable fut obligé de recourir au magistrat civil. Armé de l'autorité royale, i! transféra successivement les prébendiers vieux et nouveaux à d'autres places qu'il leur avait préparées dans son diocèse, et leur substitua des moines qu'il avait tirés de son couvent favori d'Abingdon. Rien alors n'arrêta plus les progrès du monachisme. L'ardeur des prélats avait gagné les laïques : plusieurs opulents seigneurs érigèrent des monastères dans leurs domaines , et le roi se glorifia publiquement de ce que cet ordre , qui à son avènement était presque éteint , comptait près de cinquante abbayes établies sous son règne *.

Edgar mettait son orgueil à déployer son opulence et son autorité, à être entouré de prélats, de nobles et de princes, ses vassaux, et à leur distribuer des présents de plus ou moins de valeur en proportion de leurs rangs respectifs. On sera donc surpris qu'un prince de ce caractère, vivant à une époque où l'on attachait tant d'importance à l'onction royale, ait laissé passer treize années de son règne avant de se faire couronner; et il n'est pas moins extraordinaire que des nombreux historiens qui relatent cette circonstance, pas un n'ait cru devoir en donner la raison. La cérémonie s'accomplit enfin à Bath avec la solennité d'usage et en présence d'un immense concours de spectateurs (1 1 mai 973). De là il monta à bord de la flotte, et après une longue course il se rendit à Chester pour recevoir l'hommage de huit princes : Kenneth , roi d'Ecosse ; son fils Malcolm , roi de Cumberland ; iMac-Orric , roi d'Anglesey et des îles; Jukil, roi de Westmoreland ; Jago, roi de Galloway, et Howel, Dyfnwal et Griflith, rois de Galles. La cérémonie s'ouvrit par une brillante procession sur la Dec. Edgar, en entrant dans sa barque, s'assit au gouvernail, et les rois vassaux prenant les rames le menèrent à l'église de Saint-Jean-Baptiste ; les prélats et les thanes suivaient dans leurs barques , tandis que les rives étaient garnies de spectateurs et que l'air retentissait d'acclamations. A son retour, il lit, dit-on, cette remarque à ceux qui l'entouraient : « Mes successeurs pourront se croire des rois quand ils pourront se faire servir par un nombre égal de princes*. »

1. Chron. sax. 117. Inpulf. 45. 47. Osbern, Ul. Wolstnn . Vita Ethelwoldi, 614. Ead. 200. Hist. Rames. 400. La règle observée dans tous ces monastères était celle de saint Kcnott, avec l'addition de quelques coutumes nationales ( Apost. Bened. app. p. 3, p. 801. Les moines bénédictins furent d'abord introduits chez lesNorthumbres en 661 (Edd. Vila IVilf. xi\ |, chez les West-Saxons en 675 |Malm. /> Pont, v, 344, 353, 356), et chez les Merciens en 709 ( Wilk. Con. p. 71 \.

Page 1