‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 176 sur 643 · Osbern , 113, Eadmer · texte numérisé non relu

Osbern , 113, Eadmer

dépossédés. Les prétentions d'Elhelred furent épousées par eux , par leurs nombreux partisans, et en particulier par Alfère, le puissant comte de Mercie ; tandis que , d'autre part , tous les prélats et les comtes d'Essex et d'Est-Anglio défendaient avec une égale opiniâtreté les droits plus légitimes d'Edouard. Le différend menaçait d'envelopper la nation dans les horreurs de la guerre civile. Alfère arracha aux moines leurs nouveaux établissements en Mercie ; Oslae de Northumbrie fut forcé à l'exil par ses ennemis; et Alfwin et Alfwold armèrent les Est-Angles pour leur propre défense. A la fin il se tint une assemblée générale du witan ; et Dunstan prouva si victorieusement le droit d'Edouard que celuici fut élu roi sans plus d'opposition, et couronné avec la solennité d'usage1.

Le jeune prince ne porta pas le sceptre quatre ans. Sa constitution et ses vertus promettaient un règne long et prospère : l'ambition d'Elfrid abrégea ses jours et détruisit les espérances de ses sujets. Un matin qu'il chassait , il s'arrêta au château de Corfe, dans le Dorsetshire , résidence de sa belle-mère. Tandis que le prince, sans défiance, buvait à cheval une coupe d'hydromel, il fut frappé au ventre par un assassin. Aussitôt il piqua des deux ; mais ses entrailles sortant de sa blessure, il perdit les arçons, et fut traîné par son cheval, le pied pris dans rétrier. Ses domestiques, ayant suivi la trace de son sang, le trouvèrent sans vie et l'enterrèrent secrètement à Wareham (18 mars 978). Quelques années plus tard, Dunstan et Alfère prirent ses restes et les inhumèrent avec une magnificence royale à Shaftsbury*.

Ce fut sous son règne qu'arriva à Calne la catastrophe tragique qui a fourni aux écrivains modernes le prétexte d'accuser le primat d'impiété et de meurtre. S'il en faut croire leurs récits, Dunstan eut l'impudence de fabriquer un miracle en faveur des moines. Par ses ordres, le plancher de la chambre destinée à contenir les membres du conseil fut détaché du mur; durant la délibération les appuis temporaires furent enlevés, et tandis que le primat était en sûreté sur son siège élevé, le reste de l'assemblée fut précipité sur le sol. Mais si nous dépouillons le fait réel de ses embellissements modernes, il se réduira à ceci, que le plancher s'enfonça sous le poids de la foule entassée; que l'archevêque eut le bonheur de se soutenir sur une poutre, et que, des assistants, quelques-uns furent tués et beaucoup blessés dans la chute». Au-

1. Chron. sax. 123. Mailros, 151. Ingulf , 54. Hist. Rames. 412, 413. Mulm. 39.

2. Chron. $a.r. 124, 125. Ing. 54. Malm. 34. Langtoft, p. 628; edit.'llcarne.

3. Chron. sax. 121. Malm. 84. Flor. «08. ITunt. 204. Mailros, 151. J'ai omis h*

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cun ancien historien n'en a su davantage : le complot et le but attribués à Dunstan sont des fictions d'écrivains plus modernes.

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