‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 177 sur 643 · ETHELRED · texte numérisé non relu

ETHELRED

[A. D. 978.] Elfride recueillit alors le fruit de ses crimes et de son ambition. Edouard mort, il ne restait qu'un prince du sang ro\al ; et l'absence d'autres prétendants força les prélats et les thanes, quoique avec beaucoup de répugnance , à donner la couronne au (ils de la meurtrière1. La cérémonie eut lieu à Kingston , le dimanche après Pâques (14 avril 978); et le serment suivant est celui que l'archevêque Dunstan fit prêter au roi avant le couronnement : « Au nom de la très-sainte Trinité, je promets, premièrement, que l'Église de Dieu et tout le peuple chrétien jouiront d'une véritable paix sous mon gouvernement ; deuxièmement, que j'interdirai toute espèce de rapine aux hommes de toute condition ; troisièmement, que dans tous les jugements je ferai en sorte que I equilé soit unie à la miséricorde , afin que le Dieu très-clément , dans sa miséricorde éternelle, nous pardonne à tous. Amen*. »

Ethelred n'avait que dix ans ; il était beau de sa personne et aimable de caractère. Mais son énergie avait été brisée par la violence et la barbarie de sa mère. Lorsqu'il pleura la mort prématurée d'Edouard, elle considéra ses larmes comme un rcpi-oche, et le punit si sévèrement que l'on crut sa vie en danger. Mais à mesure qu'il avança en âge, elle perdit peu à peu son influence, et elle Unit par faire ses adieux à la cour, et bâtit les deux monastères d'Ambresbury et de Whorwell. Elle passa le reste de ses jours dans l'un d eux , pleurant sa conduite passée , et s'efîorçant d'expier, par la publicité de son repentir, le scandale qu'elle avait donné 3.

miracle du crucifix parlant à Winchester, ainsi que le co vtbat nocturne de Dunstan avec le diable, que les écrivains modernes ont comptés au nombre des artifices imaginés par l'archevêque. Ma raison est qu'ils furent inconnus a ses anciens biographes. Il en est question , il est vrai , dans Oshcrn et Eadmer ; mais il est évident que ces deux écrivains compilaient les mêmes matériaux, qui étaient, comme nous l'apprend Osbern , p. 83 , des documents anglo-saxons qu'on croyait des traditions d'originaux latins consumés dans le grand incendie de Canterbury, et qui , comme l'ajoute Eadmer, p. 211, furent repoussés par quelques critiques comme en opposition sur plusieurs points avec des faits historiques connus. Des matériaux de cette nature ne peuvent mériter créance que lorsqu'ils sont appuyés par un témoignage plus ancien.

1 . Une faible tentative fut faite pour élever une opposition en faveur d'Edith , fille naturelle d'Edgar et de Wuirrith. Elle rejeta elle-même cette offre. Vila S. EadyilhtF, in Acl. SS. Bened. p. 638.

2. Hick , Grnm. Prtef. Ms.Claud. A. 3. C'est en substance le même sermentqne prêtaient depuis long-temps les rois chrétiens chez les nations du Nord. Voyea Martene,!!, 188, 197,199,211.

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