‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 178 sur 643 · Malm. 34. West. ad. ann · texte numérisé non relu

Malm. 34. West. ad. ann

Le règne de son fils fut long et ni» 1 heureux. Quoique innocent du meurtre d'Edouard, il en recueillait le bénéfice; et, en conséquence, il paraissait sur le trône souillé du sang d'un frère plus âgé et inolfensif. Même dans sa jeunesse il ne posséda point l'affection de ses sujets; homme fait, il encourut leur haine par son apathie pour leurs souffrances , son dégoût des affaires et son amour immodéré du plaisir. Les pirates du Nord , qui depuis long-temps respectaient les côtes d'Angleterre , s'aperçurent bientôt des embarras du royaume. Les déprédations du dernier siècle se renouvelèrent avec plus de succès encore; et, comme si le ciel eut conspiré avec les hommes pour venger le sang d'Edouard, les horreurs de l'invasion furent aggravées par plusieurs années de disette, par une maladie contagieuse parmi les bestiaux, et par une dyssenterie des plus funestes à l'espèce humaine. Il serait difficile de choisir, dans l'histoire d'Angleterre, une époque où la nation fut en proie à une multiplicité de calamités pareille à celle du règne prolongé d'Ethelred i.

Le métier de pirate parmi les hommes du Nord avait reçu, dans le dernier siècle, bien des échecs considérables. La vigilance avec laquelle les côtes de Gaule et de Bretagne étaient gardées avait diminué les chances de succès : les plus riches aventuriers, voulant jouir du fruit de leur pillage, cherchaient à exciter chez leurs compatriotes le goût du travail ; et il s'était élevé des princes puissants qui, pour leur propre sécurité, travaillaient à détruire les déloyaux et féroces rois de la mer. Quelques chefs pourtant continuaient de suivre l'exemple de leurs pères; et l'un de ces pirates se hasarda , en 980 , à faire une descente près de Southampton. Sa témérité fut récompensée par un ample butin. Il renouvela sa tentative avec le môme succès sur l'île de Thanet ; et, les années suivantes, les côtes de Cornwall et de Devonshire, puis l'île de Portland , et après elle Watchet dans le Somersctshire, furent successivement visitées et pillées par les barbares. Ce n'étaient, à la vérité, que des incursions momentanées. Elles tourmentaient sans pouvoir alarmer. [A. D. 991 .] Mais en 991, un plus formidable armement, sous la conduite de Justin et de Gurthmund , réduisit Ipswich. De là les hommes du Nord s'avancèrent jusqu'à Malden à la rencontre de lealdorman Brithnod, qui avait jadis remporté une victoire éclatante au môme lieu, et qu'ils défièrent une seconde fois au combat. Suivi des siens , Brithnod se hâta de marcher contre l'ennemi ; pendant quatorze jours il déjoua toutes leurs tentatives ; mais à la lin il fut cerné par des forces

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