‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 18 sur 643 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

l'espoir que leurs exploits seraient illustrés par se* chants et transmis à l'admiration de leur postérité 1 .

La forme du gouvernement adoptée par les tribus bretonnes est à peine indiquée dans l'histoire. Dans quelques-unos, l'autorité suprême paraît avoir été divisée entre plusieurs chefs ; dans la plupart, elle était confiée à un seul individu ; mais, dans toutes, le peuple conservait une influence considérable. Quant au mode de succession, il est des cas où le prince partage ses États entre ses enfants, et d'autres où le prince régnant laisse sa couronne à sa veuve, qui exerce les devoirs les plus paisibles de la royauté, et, les armes à la main, conduit ses sujets au champ de bataille*. Mais en l'absence de toute idée arrêtée en fait de successions, il est probable que la force suppléait fréquemment au droit, et que l'Etat qui était faible tombait souvent victime de l'ambition d'un voisin plus belliqueux. On dit que les Bretons étaient querelleurs, rapaces et vindicatifs ; que chacune de leurs nations était déchirée par des factions intestines , et que les prétextes ne manquaient jamais pour justifier l'oppression quand elle pouvait être commise avec impunité. Ce fut l'animosité de leurs dissensions qui accéléra leur asservissement à la puissance romaine. « La circonstance la plus heureuse, dit Tacite, c'est que ces nations puissantes ne font pas cause commune : elles combattent seules et sans appui , et chacune à son tour est obligée de subir le joug de Rome .

Tels étaient les Bretons qui, par leur bravoure et leur persévérance, déjouèrent les tentatives du premier et du plus belliqueux des Césars. Depuis cette époque jusqu'au règne de Claude, pendant un espace de quatre-vingt-dix-sept ans, ils conservèrent leur indépendance primitive. Durant les guerres civiles, les Romains étaient trop occupés chez eux pour songer à des conquêtes étrangères. Auguste annonça trois fois son intention d'annexer la Bretagne à l'empire ; mais le danger fut détourné une fois par une humble ambassade des indigènes, et les autres par des soins plus importants qui survinrent*. Au lieu d'exiger le tribut imposé par César, il se contenta de lever des taxes sur le commerce qui se fai-

1. Diod.Sic.v,p. 354. Àthenœus, vi,p.246. Àmm. Marc.xv,24.Strab.iv,197.

Vos quoque, qui fortes animas, belloque peremptas,

Laudibus in longum, vates, dimittitis cevum,

Plurima sec u ri fudistis carmina bardi. (Lucaih, i, v. 447.)

2. Cœs. v, Il , 20 , 22. Dlod. Sic. v, p. 347. Mêla , m , p. 264. Tac. Agric. xvi. Dio Gass. lx, p. 779. Dio, in Sever. p. 339.

3. u Maxime imperitandi cupidine, et studio prolatandica qu» possident.»Mela, !H, 265. Tac. Agric. xn.

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