‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 19 sur 643 · Dio, XLIX , p. 472 ; Lin , 686. Hor. I , ode 22 ; îv · texte numérisé non relu

Dio, XLIX , p. 472 ; Lin , 686. Hor. I , ode 22 ; îv

16 HISTOIRE DWN'GLKTKRRE.

gait entre la Gaule et la Bretagne, mesure qui rapporta une plus forte somme au trésor impérial, et que les habitants supportèrent gans murmure1. [A. D. 21.] Cependant eet essai financier a été métamorphosé, par la flatterie d'un courtisan, en conquête de l'île entière 8.

Tibère prétendit que l'empire était déjà trop étendu, et chercha dans la politique d'Auguste la justification dé sa propre indolence5. [A. D. 40.] fin opposition à sa conduite, son neveu et successeur Caligula donna au monde le spectacle d'une farce bien digne du prince puéril qui l'avait imaginée. Cunobeline, le plus puissant des successeurs de Cassibelan, avait banni son fils Adminius. L'exilé vint trouver l'empereur, et, comme si la Bretagne eût été son patrimoine, fit la reddition de l'Ile entre les mains de Caligula. Cette glorieuse nouvelle fut immédiatement transmise au sénat, et l'armée levée pour la guerre contre les Germains reçut l'ordre de s'assembler sur la côte de Gesoriacum *. Dès que l'empereur arriva, il rangea les légions sur le rivage, avança dans la mer sur la galère impériale, revint précipitamment, et donna le signal du combat. Les soldats, étonnés et en suspens, demandaient où était l'ennemi. Mais Caligula leur apprit qu'ils avaient fait en ce jour la conquête de l'Océan, et leur commanda d'en ramasser les dépouilles, les coquilles de la plage, comme preuve de leur victoire. Pour perpétuer la mémoire de sa folie, il jeta les fondements d'un phare immense, et retourna à Rome se décerner les honneurs du triomphe 5 .

[A. D. 43.] Mais l'absurde comédie de Caligula fut bientôt suivie des horreurs réelles de l'invasion. A l'instigation de Béric, chef breton, que des querelles domestiques avaient expulsé de son pays natal, l'empereur Claude commanda à Aulus Plautius de transporter quatre légions avec leurs auxiliaires dans la Bretagne. Ce fut avec difficulté qu'on décida les troupes à s'engager dans cette expédition ; mais, comme elles traversaient le détroit, on vit un météore qui suivait la direction de la flotte, et fut salué comme un présage certain de victoire. Les Bretons, sous les ordres de Caractacus et de Togidumnus, les deux fils de Cunobeline, adop-

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